Champignons et bois mort

Tramète versicolore / Un jardin dans le Marais poitevin.

Champignons et bois mort : à chacun sa part pour ces deux-là qui semblent avoir pactisé pour ne pas se marcher sur les pieds.

Hypholome en touffe / Un jardin dans le Marais poitevin.Dans un coin de la prairie voisine, deux colonies de champignons se partagent la décomposition d’une souche de peuplier. D’un côté, les touffes jaune-ocre de l’Hypholome. De l’autre, les cascades brunes, ourlées de blanc-crème, de la Tramète.

De loin, la première évoque la savoureuse Pholiote du peuplier. Mais la couleur souffre des lamelles et une Champignons et bois mort / Un jardin dans le Marais poitevin.odeur peu amène douchent vite la perspective d’omelette. Dommage. Car la récolte aurait été belle tant sont denses les paquets mamelonnés ancrés dans les anfractuosités du bois mort.

Dans une sorte de Yalta silencieux, les deux colonies semblent être convenues d’une frontière vers laquelle elles avancent inexorablement leurs troupes. Le sort de la vieille souche est scellé. Le moment venu, il reviendra aux insectes xylophages puis in fine à la Xylaire de terminer le travail.

Champignons et bois mort : l'hypholome en touffe / Un jardin dans le Marais poitevin.

Photos JF Irastorza

 

La Véronique de Perse

Fin janvier. Une des rares sources de pollen au coeur de l’hiver pour les butineurs les plus téméraires. Ici le Syrphe des corolles.

Une minuscule fleur sauvage tout en délicatesse. La Véronique de Perse profite de l’intersaison pour tenter sa chance…

Quand tout semble s’éteindre au jardin, on peut toujours compter sur une ou deux plantes sauvages pour apporter de-ci de-là un peu de fantaisie. Et accueillir les premiers butineurs le moment venu. Actuellement, c’est la Véronique de Perse qui s’y colle. Secouée par la gelée blanche de fin-novembre, la voilà timidement refleurie.

Rien de très spectaculaire en vérité mais de délicates petites fleurs bleu pâle, légèrement violacé, striées de bleu plus foncé. C’est à peine si on perçoit ici, dans la belle régularité de la corolle, la forme ovale plus pointue du pétale inférieur, caractéristique de la plupart des véroniques. Ce discret raffinement semble n’avoir d’autre but que de mettre en scène le bleu soutenu des deux étamines.

La Véronique de Perse apprécie la terre bien souple, fraîchement remuée. Au printemps, si on la laissait faire, elle aurait tôt fait de recouvrir chaque planche d’une épaisse nappe verte piquetée de bleu. En cette saison, elle profite de l’entre-deux du jardin. Mais la fenêtre est courte entre récoltes et nouvelles plantations. Elle a déjà cédé la place à l’ail, aux fèves et aux petits pois…

La nuit ou sous les nuages, la Véronique referme ses petites corolles pour s’offrir aux butineurs surtout l’après-midi sous le soleil.

Premiers butineurs

Mars 2020. Les corolles largement ouvertes pour accueillir syrphes et abeilles sauvages. Ici l’Anthophore à pattes plumeuses

… et le Grand bombyle.

Petit Andrène sp. tout ébouriffé au sortir de la corolle bleue.

Des corolles à la mesure du petit Éristale bronzé aux yeux mouchetés.

Mi février. La Mouche automnale tient son nom de sa propension à se rapprocher des maisons et des granges en automne. Mais elle n’attend pas la fin de l’hiver pour en sortir !

Mi février. Même l’abeille domestique fréquente la Véronique de perse au coeur de l’hiver !

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Avec l’herbier numérique dessus site flore-en-ligne.fr
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com

Photos JF Irastorza 

 

Chardons : petite corvée pour l’hiver

Chardons / Un jardin dans le Marais poitevin.

Si chardons et cirses séduisent les butineurs en été, trop c’est trop au jardin. Reste à prendre son courage – et la gouge à asperges – à deux mains !

Une gouge à asperge pour extirper la racine des chardons / Un jardin dans le Marais poitevin.Le vent aidant, les graines venues des haies, des fourrés et des prairies alentour n’épargnent évidemment pas le potager. Notamment celles des chardons. Gare à l’envahissement !

Inutile de compter sur la tondeuse. Elle maintient certes les chardons au sol mais ils ont la vie dure. Et en s’étalant, ils étouffent herbe et trèfle. La tentation est alors grande de prendre la binette. Quelques coups de tranchant bien placés et voilà les jeunes pousses qui volent !

Ce n’est hélas que partie remise. Tant que la racine est en terre, chardons et cirses repoussent. Et quelle racine ! Verticale, très profonde, elle est aussi malheureusement drageonnante. Le plus efficace est d’en extirper le maximum à l’aide d’une gouge à asperges. Bien mieux qu’en été, avec une terre détrempée en cette saison, l’opération est un jeu d’enfant. Tant mieux. Car il faudra sans doute recommencer. Encore et encore. Jusqu’à épuisement des drageons.

On pourra en garder un ou deux pieds, en périphérie du jardin, pour les conduire à fleurs dont raffolent les butineurs. En prenant soin, le moment venu, de ne pas laisser les graines partir au vent.

Une gouge à asperge pour extirper la racine des chardons / Un jardin dans le Marais poitevin.

Rien de tel que la gouge à asperge pour extirper les racines pivotantes des chardons. 

Cirses et chardons sont très appréciés des butineurs. Quelques-uns ont libre cours en périphérie du jardin. Mais gare à ne pas laisser les inflorescences venir à graines… Le vent en apportera suffisament !

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Orchidées de Poitou-Charentes et Vendée, Jean-Claude Guérin, Jean-Michel Mathé, André Merlet, Maryvonne Lorgeré, 1995, Éd. Méloé.
  • Avec l’herbier numérique du site flore-en-ligne.fr
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com

Photos JF Irastorza