La Morelle parée pour les bec fins

Morelle douce-amère / Un jardin dans le Marais poitevin.

Toxiques avant complète maturité, les baies de la Morelle douce-amère vont enfin pouvoir régaler les oiseaux. Merci la première gelée.

Morelle douce-amère / Un jardin dans le Marais poitevin.Quand elle ne rencontre pas d’arbre à escalader, la Morelle douce-amère rampe et tapisse les bords de fossés. Appréciant les sols riches et humides, elle est évidemment très à l’aise dans le Marais poitevin. Ici à deux pas du jardin, les premières gelées ont eu raison de ses dernières petites fleurs violettes et jaunes. Elles ont aussi hâté la gourmandise des oiseaux.

Car, si les superbes baies de la Morelle douce-amère sont tentantes, les passereaux et les poules d’eau du marais ont appris la patience. Pas question d’y toucher avant le début de l’hiver. Elles doivent être devenues bien rouges, très mûres, pour ne pas dire blettes, afin de ne plus être toxiques. Du moins pour les oiseaux. Le coup de gel a accéléré le mouvement. Le festin va pouvoir commencer. Et du même coup la dissémination des graines.

Morelle douce-amère / Un jardin dans le Marais poitevin.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Orchidées de Poitou-Charentes et Vendée, Jean-Claude Guérin, Jean-Michel Mathé, André Merlet, Maryvonne Lorgeré, 1995, Éd. Méloé.
  • Avec l’herbier numérique du site flore-en-ligne.fr
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com

Photos JF Irastorza 

 

La Guimauve officinale

La petite Amégille à joue blanche apprécie nectar et pollen de la Guimauve officinale (Althaea officinalis). Les humains préfèrent les Chamallows : grillée ou non au feu de bois, la confiserie est confectionnée à partir de la racine de la sauvageonne.

Mauve, Guimauve officinale… On les confond parfois. Bien différentes, elles ont toute leur place au jardin !

Mauve sylvestre / Un jardin dans le Marais poitevin.Les deux cousines sont bien présentes dans le Marais poitevin. L’une sur les prairies humides. L’autre plutôt au bord des chemins. Avec un même port vigoureux, elles se distinguent d’abord par leur feuillage. Egalement velouté mais vert tendre pour la Guimauve officinale, plus soutenu voire foncé pour la Mauve sylvestre.

La Guimauve officinale, parmi les plantes-hôtes de l’Arlequinette jaune.

C’est évidemment leur fleur qui fait la différence au premier regard. Mauve bien-sûr. Mais tout en délicatesse ici. Comme en écho aux vertus apaisantes de la friandise tirée jadis de ses racines. Plus franchement là, avec des nervures violacées très marquées.

On les confond souvent dans le langage courant du marais.  Il est vrai qu’elles étaient jadis de tous les jardins !

Mauve sylvestre / Un jardin dans le Marais poitevin.

Dans de bonnes conditions, la Mauve sylvestre forme des touffes de près d’un mètre, abondamment fleuries de juin à septembre. Parfois au-delà.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com
  • La Guimauve officinale avec l’herbier numérique flore-en-ligne.fr
  • La Mauve sylvestre avec l’herbier numérique flore-en-ligne.fr

Photos JF Irastorza 

 

La Bardane vous souhaite bon appétit !

Une poêlée de Bardane, cela vous dit ? Rien de plus facile. On en trouve partout. Une jolie fleur pourpre doublée d’un savoureux légume.

Bardane : on récoltera surtout les jeunes feuilles et les jeunes hampes florales / Un jardin dans le Marais poitevin.Dans la série des plantes potagères oubliées, la Bardane tient une place à part. Sans doute parce qu’elle n’a pas vraiment disparu. Il est vrai que ses nombreuses graines, facilement disséminées, en font un hôte familier des bords de chemins. Notamment du halage de la Sèvre.

Et puis tout se mange ou presque dans la Bardane. Hormis bien-sûr les fameux « Velcros » de ses fruits ! Pour le reste, sauf à se promener avec une fourche-bêche pour en extraire les racines, le plus simple est de récolter les jeunes feuilles et des jeunes hampes florales.

Les feuilles auront toute leur place, aux côtés de l’épinard et de l’oseille, dans un savoureux farci. Mais l’heureuse surprise viendra surtout des tiges. Pelées avec un économe, coupées en tronçons, bien fermes et juteuses, elles feront une délicate poêlée. En compagnie par exemple de quelques champignons de saison. Une belle texture. Et un léger goût d’artichaut.  

Source :

La Bardane est aussi une excellente mellifère. Chaque capitule rassemble plusieurs dizaines de fleurs en un petit bouquet serré. Chacune d’entre elles se résume à une étroite corolle tubulaire, violacée et finement dentée. En émergent les étamines d’un pourpre très foncé. Soudées, elles forment elles-mêmes un tube enserrant un style long blanc unique, bifide lorsque l’ensemble est pleinement épanoui.