Iris gigot : une explosion rouge-orangé

Iris gigot / Un jardin dans le Marais poitevin.

La bonne surprise vient avec l’automne. L’Iris gigot libère ses graines éclatantes. Et tant pis pour l’étrange odeur de son feuillage…

Il est solidement implanté ici et là en lisière du jardin, au pied des haies mais aussi des pommiers. Là où la tondeuse a épargné leurs touffes vertes persistantes. L’Iris gigot est surtout très présent dans les taillis plus ou moins ensauvagés des bords du halage.

Iris gigot / Un jardin dans le Marais poitevin.Sa floraison printanière est aussi discrète qu’éphémère. Pas de quoi rivaliser avec le parterre des grands iris bleus. Quoi que…

C’est maintenant, au milieu de l’automne que l’Iris gigot donne le meilleur. Ses petites fleurs trop vite fanées ont eu tout l’été pour faire place à de grosses capsules vertes aujourd’hui desséchées. En ce début novembre, elles explosent sous la pression des graines parvenues à maturité.

D’un joli rouge orangé, leur éclat est du plus bel effet. Même si vent et pluie de l’automne ont tendance à plaquer le feuillage au sol et à coucher quelques hampes trop lourdement chargées.

Reste que l’Iris gigot a mauvaise réputation. Parce que ses baies sont toxiques mais aussi en raison de l’odeur de son feuillage. Les uns le prétendent fétide. Les autres y perçoivent un relent de grillade. D’où son sobriquet. On ne peut pas plaire à tout le monde.

Iris gigot / Un jardin dans le Marais poitevin.

Iris gigot / Un jardin dans le Marais poitevin.

Des épis aussi spectaculaires que les fleurs étaient modestes au printemps dernier.

Photos : Fernand ©

 

La Berce : bouquet final !

Ombelle desséchée de la Berce / Un jardin dans le Marais poitevin.

La multitude de graines de la Berce est maintenant dispersée / Un jardin dans le Marais poitevin.Fin de cycle pour la Berce des bords du halage. Pourtant si robuste tout l’été, la grande et belle ombellifère a perdu de sa superbe. Pluie et vent malmènent aujourd’hui son fragile squelette desséché.

Seules quelques graines s’accrochent encore ici et là. Au printemps prochain, le sol riche et humide du marais assurera la succession. Tant mieux pour les adeptes de la gastronomie sauvage qui en apprécient les parfums d’agrume.

Ultime coquetterie automnale sous le soleil du matin. Les rayons de ses ombelles, démultipliés par ceux des boutons floraux, prennent des allures de feu d’artifice. Fière et belle malgré tout.

Ombelle desséchée de la Berce / Un jardin dans le Marais poitevin.

Photos Fernand ©

La Consoude officinale

Ses grandes feuilles sont velues, voire rugueuses, mais pas de piqure en vue comme avec l’ortie. Vive le purin de consoude !

Le nectar est tout au fond. Mais le Bourdon des champs est bien équipé. Sa langue est assez longue pour trouver pollen et nectar au creux des corolles les plus profondes.

Familière des prairies humides, la Consoude officinale (Symphytum officinalis)  est évidemment très présente dans le Marais poitevin. De mai à octobre, voire au-delà, elle  offre sa multitude de fleurs aux butineurs, en grappes de clochettes jaune pâle plus ou moins nuancé de taches violacées.

Jadis prisée pour ses vertus cicatrisantes, elle l’est aujourd’hui pour sa capacité à stimuler le jardin, particulièrement sous forme de purin.

Il suffit d’en récolter les larges et longues feuilles velues pour une macération à l’eau de pluie. Comme avec l’ortie ! Mais avec un meilleur rendement puisqu’on a tôt fait de récolter un kilo de feuilles pour dix litres d’eau. Après quelques jours, une très fine filtration est indispensable pour éviter la putréfaction.

Comme stimulant racinaire (dilué à 10%) ou foliaire (5%), l’usage est identique au purin d’ortie. Avec le même coût : la seule peine du glanage.

Pour le Bourdon terrestre, après un vain premier tour exploratoire, il faut se rendre à l’évidence : la langue est bien trop courte.

Qu’à cela ne tienne. Il suffit alors de cisailler la corolle à coup de mandibules, au plus près de la source de nectar.

Macération du purin d'ortie dans une grande bassine.

Pour faciliter la filtration, le plus simple est de tapisser la bassine avec un vieux drap, avant d’y déposer les feuilles et d’y verser l’eau de pluie. Le moment venu, il suffira de retirer le drap ramassé en baluchon… Les feuilles macérées iront au compost. Le drap rincé et séché pourra resservir. Et le purin ainsi filtré pourra se conserver plusieurs mois, dans un bidon remisé au frais et à l’abri de la lumière.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • La Consoude officinale avec le site sauvagesdupoitou.com

Photos JF Irastorza