La Linaire commune

La Linaire commune, une belle sauvage et invasive, dans les prairies comme au bord des chemins. Parmi les dernières floraisons de la saison.

Linaire commune / Un jardin dans le Marais poitevin.On se souvient de la petite Linaire batarde. Elle rampait encore début octobre en bordure de la planche des scaroles au potager. Voici sa cousine, la Linaire commune, en toute liberté dans une prairie voisine.

La première était discrète, avec ses minuscules fleurs jaune pâle et pourpre foncé au raz du sol. La seconde n’a pas ce genre de pudeur. Linaire commune : de superbes fleurs regroupées en épis / Un jardin dans le Marais poitevin.Elle se voit de loin. Avec de hauts épis floraux émergeant fièrement du terne fouillis de son feuillage.

Un jaune souffre, largement teinté d’orange sur la lèvre inférieure : les fleurs de la Linaire commune sont d’autant plus superbes qu’elles comptent parmi les toutes dernières de la saison.

Rien d’étonnant à ce qu’elles soient parfois proposées, dans des versions plus ou moins « domestiquées », pour illuminer les massifs fleuris. Attention toutefois. La belle est vite invasive. Ici pas de problème. Le massif fleuri, c’est la prairie voisine.

Le petit Bourdon des champs compte parmi les principaux adeptes de la Linaire commune.

Cette cousine s’invite volontiers au jardin. La Linaire bâtarde rampe autant qu’elle peut sur les planches cultivées. De charmantes et minuscules fleurs aux lèvres jaunes et violacées.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Avec le site flore en ligne abiris.snv.jussieu.fr
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com

Photos JF Irastorza

 

Le double jeu de la Clématite sauvage

Clématite sauvage / Un jardin dans le Marais poitevin.

On lui donnerait le Bon Dieu sans confession avec les charmantes peluches blanches de ses fruits. Mais gare ! La Clématite sauvage est d’une brûlante toxicité.

Les "cheveux de la Vierge" de la Clématite sauvage / Un jardin dans le Marais poitevin.Elle a le bon goût d’attendre le flétrissement des belles guirlandes du houblon avant de libérer les siennes ! La Clématite sauvage a beau être « l’Herbe aux gueux », elle ne manque pas d’un certain raffinement dans la déco automnale des haies du halage. Et plus encore des buttes calcaires alentour. 

Sa floraison est passée depuis belle lurette. Ce sont ses fruits exubérants qui explosent ici en boules duveteuses : les « Cheveux de la vierge » ! Le vent d’hiver se chargera d’en porter loin les petites graines aigrettées comme il dispersera celles de l’Epilobe.

Herbe aux gueux et en même temps Cheveux de la vierge ?  C’est que la grande volubile cache bien son double jeu. Sous des dehors aériens et diaphanes, elle recèle une sève particulièrement irritante. Les mendiants s’en frictionnaient jadis la peau, dit-on, pour mieux apitoyer le chaland. Quoiqu’il en soit, le bétail a appris depuis longtemps à ne pas y toucher. On se défend comme on peut.

Les fruits exubérants de la Clématite sauvage s'apprêtent à exploser en boules duveteuses / Un jardin dans le Marais poitevin.

Graines à longue aigrette de l'Épilobe velu.

Les fruits secs de l’Épilobe libèrent des centaines de graines échevelées qui seront elles aussi dispersées par le vent.

Photos Fernand ©

 

La soupe d’ortie d’Halloween

Comme autant de vampires qui attendent la nuit d'Halloween pour se réveiller / Un jardin dans le Marais poitevin.

Une soupe d’ortie pour Halloween ? Avec du potiron bien-sûr. Un duo original et savoureux. Avec un peu de crème fraiche. En toute simplicité.

Uniquement la pointe terminale pour la soupe d'ortie.

Uniquement la pointe terminale pour la soupe d’ortie.

Dans le coin du jardin, les grandes feuilles mortes des potirons et potimarrons pendent à la structure de bambou. Elles évoquent autant de vampires qui attendent la nuit d’Halloween pour se réveiller. Tradition oblige, un des potirons deviendra lanterne dans quelques jours. Et la chair récupérée accompagnera la dernière soupe d’ortie de l’année….

Jamais la nuit d'Halloween n'aura été aussi douce... / Un jardin dans le marais poitevin.Pourquoi ne pas oser en effet cet original duo ? Attention, il s’agit bien des orties fauchées en fin d’été et qui, l’humidité revenue, tentent actuellement une nouvelle pousse. On prendra soin de cueillir uniquement la pointe terminale. En supprimant ce qu’il reste des bouts de tige. On fait ainsi fondre les seules petites feuilles tendres dans du beurre.

Une belle tranche de potiron, une pomme de terre, la fondue d’ortie, une cuiller de crème fraiche, sel, poivre, piment d’Espelette, coriandre fraîche ciselée… Jamais la nuit d’Halloween n’aura été aussi douce.

Potiron et ortie : le savoureux duo d'halloween / un jardin dans le Marais poitevin.

Et si vous profitiez de cette récolte automnale pour faire l’expérience du purin d’ortie ? Une cueillette et une recette évidemment moins minutieuses que pour la soupe ! Mais tout aussi simple. Du purin d’ortie pour quoi faire au jardin ? 

Photos Fernand ©