L’élégance gracile du Coprin plissé

Le Coprin plissé / Un jardin dans le Marais Poitevin.

Un charmant lilliputien. Le Coprin plissé émerge tout juste de l’herbe rase. Une élégance gracile. Pour quelques heures seulement.

Le Coprin plissé : un charmant lilliputien au jardin.Ah, si les allées du jardin pouvaient accueillir autant de Cèpes de Bordeaux… Les Coprins plissés y sont légion en cette fin octobre. Du moins le matin. En fin d’après-midi, ils ont déjà disparu.

Comme tous les coprins, leur chair est fragile et rapidement déliquescente. C’est le moins que l’on puisse dire ici : sur des pieds frêles, presque translucides, les chapeaux en forme de tutus soigneusement plissés virent du blanc au noir en quelques heures. Puis se liquéfient avant même la tombée de la nuit.

Minuscules, sans saveur ni odeur, ils sont réputés, sinon comestibles, du moins non toxiques. Mais qui aurait l’idée saugrenue d’en faire la cueillette ? Même si les vraies poêlées de champignons se font encore attendre !

Autant laisser le Coprin plissé jouer discrètement les délicats agents d’accueil, chaque jour renouvelés, dans la rosée du matin. 

Coprins plissés : une élégante gracile et très éphémère / Un jardin dans le Marais poitevin.

Photos Fernand ©

 

Champignons : faute de grives…

Champignons : Rosés des prés, Psalliotes des jachères et Marasmes d'Oréade... / Un jardin dans le Marais poitevin.

Pour la première cueillette de la saison, mieux vaut ne pas être trop difficile. Quelques Coprins chevelus certes, des Rosés des prés aussi, mais pas encore de quoi bouder les Psalliotes des jachères…

Champignons : superbes Coprins chevelus pour amorcer la première cueillette de la saison.On n’y croyait plus et c’est finalement une assez bonne surprise. Comme si, dans les starting-blocks depuis des semaines, les champignons du marais n’attendaient que le retour de la pluie pour pointer le bout de leur nez.

Ce n’est pas encore la foison. Mais enfin, la première (petite) récolte est bien là. Avec quelques superbes Coprins chevelus au bord du halage pour amorcer la cueillette. 

Mais les Souchettes sont encore timides et isolées au pied des peupliers. En Champignons : en attendant les belles touffes fauves et parfumées des Souchettes.attendant les belles touffes fauves et odorantes accrochées aux vieilles souches, un petit tour s’impose à « LA » prairie. Celle qui, chaque année, fidèlement, donne le coup d’envoi de la saison des champignons. Elle n’a pas fait faux bon. Rosés des prés, Psalliotes des jachères et Marasmes d’Oréade sont bien au rendez-vous…

Pour les Cèpes de Bordeaux et les Girolles, il faudra patienter un peu. Si tout va bien. Et pas dans le marais. Mais les forêts de Mervent, de l’Hermitain et de Chizé ne sont pas si loin.

Champignons : Rosés des prés et Psalliotes des jachères sont bien au rendez-vous.

Photos Fernand ©

La Linaire bâtarde

Fleur de Linaire bâtarde.

Discrète entre les discrètes, la Linaire bâtarde s’insinue facilement au potager. Ses charmantes petites fleurs méritent un peu d’attention.

Fleur de Linaire bâtarde.Et si on parlait de plantes et de fleurs sauvages plutôt que de « mauvaises herbes » ? Celle-ci tente discrètement sa chance au bord d’une allée. Tiges et feuilles velues, la Linaire bâtarde commence à ramper au plus près d’une planche de salades, profitant un peu de l’arrosage. 

Avec son port gracile, elle passe presque inaperçue, à peine trahie par les éclats jaunes de ses fleurs minuscules. D’un joli brun violacé, la lèvre supérieure de la corolle se redresse pour ouvrir la voie du nectar aux pollinisateurs.

La lèvre inférieure, jaune pâle, est parfois teintée de brun. Elle prend la forme d’un gouttière à trois lobes qui facilite aussi le chemin vers le calice. Le poids de l’insecte fera le reste pour « ouvrir le clapet ».

Épi floral de la Linaire commune.

Plus spectaculaire, avec ses épis jaune pâle et jaune orangé, hauts dressés, la Linaire commune n’a aucun mal à séduire la pollinisateurs. Ici un petit Bourdon des champs.

En savoir plus

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • La Linaire bâtarde avecle site flore-en-ligne.fr

Photos JF Irastorza