Le Bourdon des champs

Bourdon des champs/ Un jardin dans le Marais poitevin.

Premières sorties sucrées pour la future reine. Sa majesté Bourdon des champs ouvre le bal des butineurs sur le romarin du jardin.

Bourdon des champs / Un jardin dans le Marais poitevin.Nous sommes encore en hiver. Et alors ? Depuis quelques jours déjà, cet imposant Bourdon des champs (Bombus pascuorum) répond à l’appel du romarin au moindre rayon de soleil.

Les pattes cramponnées à la corolle, il plonge avec précision sa langue entre les lèvres blanc-rosé de chaque fleur. L’affaire de quelques secondes. À la suivante ! Encore et encore… Il y en a des milliers. Suintantes de nectar sucré. La saison commence bien.

Silhouette robuste et pourpoint éclatant : il s’agit ici d’une reine. Fécondée l’automne dernier, calfeutrée depuis deux à trois mois, elle s’apprête à fonder « sa » colonie. Mais avant toute chose, il lui faut se requinquer ! Le romarin, les pissenlits, les chatons des saules notamment vont y pourvoir.

Thorax roux, abdomen gris-fauve, sa progéniture émergera dans quelques semaines. Elle n’aura alors pas forcément la même prestance. Surtout les premières ouvrières. Parfois un peu riquiqui, il est vrai, mais déjà si bosseuses ! Et puis, au fil des renouvellements, le jardin pourra compter sur ces fidèles et solides auxiliaires, infatigables, par tous les temps ou presque. Jusqu’aux premières gelées de l’automne.

Sources : 

Au fil des saisons

Les pissenlits ont toute leur place dans les allées du jardin. Surtout en fin d’hiver pour accompagner et gâter un peu les jeunes reines !

Le cassis-fleurs, parmi les premiers arbustes fleuris du jardin : incontournable dès la mi-mars pour les fondatrices de nouvelles colonies.

Mi avril. Les premières ouvrières du Bourdon des champs se distinguent par leur très petite taille. La colonie naissante devenant peu à peu moins précaire, les ouvrières suivantes seront progressivement plus costaudes.

Mi avril. Et voici les premières fleurs potagères, fèves, petits pois, et bientôt tomates…

… puis aubergine, courgettes, poivrons, piments et autres concombres et potimarrons !

Mais vivent aussi les fleurs sauvages ! Ici la Linaire commune en bordure du halage…

… et là les généreux épis de la Brunelle. Il suffit que la tondeuse soit assez haute et ne passe pas trop souvent pour que la sauvageonne fleurisse quasi en permanence dans les allées du jardin.

Dans une prairie humide voisine du jardin, l’exploration des « clochettes » de la Consoude officinale.

Sans oublier bien-sûr les planches et les bordures fleuries, avec une préférence pour les sauges.

Le Bourdons des champs est-il sensible au graphisme des fleurs de Cléome ? Du moins est-il friand de leur nectar !

Les fleurs d’oeillet d’Inde sur la planche des tomates.

Et qui d’autre que les bourdons pour atteindre le profond éperon nectarifère de la capucine ?

Quand sécheresse et canicule tarissent les sources de nectar, on peut toujours compter sur les inflorescences de Sedum spectabile.

Avec les fleurs de fuchsia, le butinage devient acrobatique !

Enfin, si les colonies périclitent en octobre, les mâles récemment émergés, comme les futures reines, prennent des forces ici sur la phacélie. Ces messieurs mourront quelques temps après l’accouplement. Et les jeunes femelles se prépareront à hiverner.

Début mars 2022. Pissenlit toujours ! Incontournable comité d’accueil printanier pour recevoir les jeunes reines des bourdons au jardin.