Le Sitaris des murailles

Sitaris des murailles.

Le parasitisme est parfois toute une aventure. Témoin la vie rocambolesque du Sitaris des murailles. Surtout de ses larves !

Sitaris des murailles

Taille maxi : 13 mm. Visible en août-septembre.

Fin août, début septembre, Madame Sitaris des murailles (Sitaris muralis) s’apprête à pondre. Dès qu’elle aura trouvé un nid à parasiter. Celui d’une abeille sauvage, une anthophore, dans la terre d’un talus ou entre les pierres d’une vieille bâtisse.

La cible privilégiée du Sitaris : l’Anthophore plumeuse nidifie au flanc d’un talus ou dans les joints terreux d’un vieux mur. Ici une femelle collecte du pollen sur ses pattes arrière. Pour ses larves ou celles d’un Sitaris ?

Le nid d’une anthophore ? Mais les réserves y sont épuisées en cette saison ! Les futures abeilles terminent en effet leur maturation et n’émergeront qu’à la fin de l’hiver prochain. Qu’importe ! Les larves du Sitaris sont programmées pour attendre. Avant une étonnante aventure printanière…

Madame déposera donc ses milliers d’oeufs dans le vestibule. Sitôt écloses, les minuscules larves entreront en léthargie pour se réveiller en février-mars à l’émergence des anthophores. Il leur faudra alors s’accrocher à la fourrure des premiers sortis. Les mâles. Puis à passer quelques jours plus tard sur le dos d’une femelle à l’occasion d’un accouplement.

Bingo ! Le « taxi » étant fécondé, il n’aura de cesse que de fonder un couvain. Et de l’alimenter. Il y conduira bien involontairement ses « passagères ». Et là, pour les larves affamées, qui n’ont encore rien manger depuis leur naissance quelques mois plus tôt, il n’y aura qu’à se servir. D’abord dévorer les oeufs. Ensuite se gaver de miel. Jusqu’à la naissance, quelques métamorphoses plus tard, de nouveaux petits coléoptères noirs aux épaulettes orangées…

Sitaris des murailles

Les élytres noirs, à la base orangée, effilés, dévoilent largement des ailes noires et fripées.

Anthophore plumeuse, mâle, longues soies plumeuses sur les pattes médianes / Un jardin dans le Marais poitevin.

Les Anthophores à pattes plumeuses mâles (les longues soies des pattes médianes sont ici bien visibles) ne sont qu’un « véhicule » transitoire vers les femelles qui, une fois fécondées, vont à coup sûr aménager et alimenter un nid. Il n’y a dès lors qu’à s’y laisser conduire !

En savoir plus :

  • Coléoptères d’Europe, 2017, Vincent Albouy et Denis Richard, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La « saga du Sitaris », une très belle page du site insectes-net.fr

 Photos JF Irastorza 

 

La Noctuelle « C-noir »

Le C-noir sur une feuille de capucine.

Dans la famille Noctuelle, voici le C-noir. Ses chenilles ne s’attaquent pas aux racines mais au feuillage. Sans préférence particulière.

C-noir sur feuille de capucine.

Envergure maxi : 42 mm. Visible de mai à octobre.

Encore une noctuelle ! Une des plus communes en vérité. Le C-noir (Xestia c-nugrum) est d’autant mieux répandu que ses chenilles grassouillettes ne sont pas difficiles…

Les « vers gris tachetés » comme disent les Québécois se développent en effet autant sur les salades et les céleris que sur les orties, les rumex et le séneçon. Parmi bien d’autres légumes ou plantes sauvages dont ils grignotent le feuillage. Essentiellement la nuit.

Hésitant entre brun gris et brun pourpre, la livrée de ce petit papillon le rend quasi invisible dans la végétation basse et les feuille mortes où il se cache en journée. Mais, surtout nocturne, il volète parfois encore au petit matin et s’attarde ici sur une feuille de capucine.

Comme souvent chez les noctuelles, malgré une dominante un peu passe-partout, un signe distinctif facilite son identification. En l’occurrence une marque noire rectangulaire évidée d’une tâche triangulaire beige,  évoquant peu ou prou un grand C d’imprimerie noir. D’où son nom. 

C-noir cherchant refuge dans la végétation basse du jardin.

Outre le fameux « C » noir, deux autres signes distinctifs : un bandeau beige à l’avant du thorax et un tiret noir en biais presque à l’apex des ailes antérieures.

En savoir plus :

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le C-noir avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza

 

Légumes-fruits et pollinisateurs

Légumes-fruits et pollinisateurs : le concombre.

Tomates, haricots, concombres : par définition, les légumes-fruits ont besoin d’être pollinisés avant de passer à table !

Légumes-fruits et pollinisateurs : bourdon sur fleur de concombre.On ne va pas se mentir. Bien-sûr qu’on aime voir les pollinisateurs sur la bourrache, les oeillets d’Inde, les zinnias, les cosmos, la sauge des marais… Et même la ronce des haies ou les différents trèfles des allées. Sans oublier les engrais verts comme la moutarde blanche ou la phacélie ! Mais, avouons-le, rien n’est plus réjouissant que de suivre leurs allées et venues sur les planches de légumes-fruits.

Certes, couvert sinon pluvieux, souvent frisquet, le début d’été n’a guère favorisé leurs virées potagères. Cela dit, toutes et tous ont mis trompe ou langue double au moindre rayon de soleil. Surtout les bourdons, sans conteste parmi les plus constants sur les tomates, les courgettes, les aubergines, les haricots et les melons.

Avec une prime pour les concombres. Il est vrai que, cette année, comme les potimarrons, ils ne courent pas au sol mais font de l’escalade sur une structure de bambou. Sensible aux maladies, le feuillage est ainsi mieux ventilé. Et les fleurs jaunes, un peu fripées, n’en sont que plus attractives.

Légumes-fruits et pollinisateurs : abeille sur fleur de concombre.

Les abeilles aussi bien-sûr ! Avec une floraison constamment renouvelée aux côtés des concombres prêts à cueillir.

Même les mouches sont au rendez-vous. Ici les belle Ferdinande dorée.

Si les melons notamment courent au sol, les concombres font de l’escalade au premier plan sur une structure de bambou. Outre une pollinisation facilitée, voilà un bon moyen d’aérer le feuillage sensible à certaines maladies comme le mildiou, l’oïdium ou la tavelure. 

C’était au printemps dernier : bourdon des champs à l’approche d’une fleur de fève.

Petit bourdon des prés sur fleur de haricot vert.

Un incontournable de l’été : bourdon des champs à l’approche d’une fleur d’aubergine.

Photos JF Irastorza