Le Criquet des roseaux

Criquet des roseaux sur feuilles de carex.

Le Criquet des roseaux et son « trait de khôl » sous le couvert des hautes « rouches » des bords de fossés et des prairies humides.

Criquet des roseaux sur cirse des marais.Comme un trait de khôl à l’arrière des yeux… La ligne noire se prolonge et s’amenuise jusqu’à la moitié des ailes. À dominante vert clair, le Criquet des roseaux (Mecostethus parapleurus) vient de faire son apparition sur les prairies humides du Marais poitevin. Il y grignotera les laîches, les joncs, les iris et les roseaux jusqu’à l’automne.

Ainsi familier des hautes « rouches » comme on dit ici, il y rencontre le Criquet ensanglanté, également inféodé aux prairies humides. Comme lui, il saute et vole très bien. Ses ailes sont aussi longues que l’abdomen, brun clair sur le dessus, vertes au dessous de la lignes noire.

Sitôt l’accouplement, la femelle introduit ses oeufs en terre. Ils y restent tout l’hiver. Après la longue maturation printanière des larves, les adultes émergent en juillet. À peine perceptibles dans le foisonnement de verdure. Tout juste trahis par leurs lignes noires emblématiques.

Criquet des roseaux sur cirses des marais.

Le mimétisme est parfait sur cette touffe buisonnante de Cirse des champs.

En savoir plus :

  • Sauterelles, grillons et criquets d’Europe occidentale, Bellmann, Rutschmall, Roesti et Hochkirch, 2020, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photos des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le Criquet des roseaux avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza

 

La Stélide ponctuée

Stélide ponctuée sur origan en fleurs.

Dans la série des abeilles coucous, Mme Stélide ponctuée cible le nid de l’Anthidie à manchettes pour installer sa progéniture.

Stélide ponctuée sur origan en fleurs.

Taile maxi : 7 mm. Visible de juin à septembre.

Rien d’étonnant à la voir tourner et virer dans la planche des aromatiques. Et pas seulement pour le nectar de l’origan ! La petite Stélide ponctuée (Stelis ponctulatissima) est en effet inséparable de l’Anthidie à manchettes, familière de la Mélisse en fleurs toute proche.

Hélas, le compagnonnage n’est pas désintéressé. Pour Madame Stélide, il s’agit ainsi de ne pas perdre de vue sa cible… Et de la suivre jusqu’à son nid le moment venu. Il lui suffira alors d’attendre un peu : le temps pour l’anthidie d’entreposer sa récolte et de repartir très vite. La place étant libre, l’intruse pourra y pondre subrepticement. Ses larves bientôt ne manqueront de rien.

Dominante noire et ailes fumées : la Stélide ponctuée est discrète. Avec pour seules fantaisies, la fine ponctuation qui lui vaut son nom, une légère pilosité grise et les étroites rayures blanches de l’abdomen. Normal. Quand on est une abeille coucou, mieux vaut passer inaperçue.

Stélide ponctuée sur origan en fleurs.

La cible

Anthidie à manchettes, femelle, sur mélisse en fleurs.

Mme Anthidie à manchettes : la cible privilégiée de la Stélide ponctuée. Elle aménage son nid à l’aide de fibres végétales qu’elle « carde » à l’aide de ses mandibules.

En savoir plus : 

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • Stelis punctulatissima avec la galerie du Monde des insectes

Photos JF Irastorza 

 

La Noctuelle sulfurée

Noctuelle sulfurée sur épi floral de guimauve officinale.

La Noctuelle sulfurée, alias l’arlequinette jaune,  est bienvenue : ses chenilles sont friandes de liseron !

Noctuelle sulfurée sur épi floral de guimauve officinale.

Envergure maxi : 24 mm. Visible de mai à septembre.

Un petit papillon de nuit. Pour autant,  la Noctuelle sulfurée (Acontia trabealis), alias l’arlequinette jaune, aime se prélasser au soleil du matin. Dans une prairie voisine, elle prend ici position au plus haut d’un bouquet floral de Guimauve médicinale. Le temps d’une courte sieste.

Ailes antérieures repliées en bâtière, recouvrant postérieures grises et abdomen rayé : sa livrée léopardée ne manque pas de charme. Avec de larges bandes sinueuses et des taches noires sur fond légèrement soufré. Voilà une noctuelle que l’on peut admirer à loisir sans crainte aucune pour le potager !

Ses chenilles n’ont rien à voir en effet avec les trop fameux et voraces « vers gris » de sa cousine la Fiancée. Du moins n’apprécient-elles guère les légumes. Bien plus que les salades et autres jeunes plants pris au collet, elles préfèrent le liseron des haies et des prairies. Grand bien leur fasse !

Noctuelle sulfurée sur épi floral de guimauve officinale.

Noctuelle sulfurée sur fleur de bourrache.

Une autre arlequinette sur une fleur de bourrache. On peut ainsi voir que, si la physionomie générale est la même, le dessin des lignes et des taches noires varient d’un individu à l’autre. De même que la couleur jaune pâle ou blanc crème du fond.

En savoir plus :

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.

Photos JF Irastorza