Fuchsia et bourdons

Fuchsia visité par un bourdon des champs.

Comment les étranges et superbes fleurs du fuchsia fonctionnent-elles ? Il suffit de suivre le manège des bourdons pour comprendre…

Fuchsia visité par un bourdon des champs.Il faut la longue langue du Bourdon des champs pour atteindre le nectar du fuchsia. Son talent d’acrobate aussi ! Car si le bel arbuste est généreux, le trésor sucré de ses innombrables fleurs retombantes se mérite.

Fort heureusement, d’une corolle l’autre, le faisceau de huit très longues étamines tombantes est le bienvenu. Une aide précieuse pour s’accrocher, à la renverse, sous le tube violacé donnant accès au Saint des saints. Quatre pétales enroulées en vérité qui peuvent s’écarter si besoin pour faciliter le passage. Tout cela sous la protection du calice rouge vif dont les quatre sépales lancéolés, légèrement relevés, gardent les fleurs voisines à distance.

Ce faisant, chaque acrobatie des bourdons secoue suffisamment les étamines pour que les anthères, disposées en deux étages, dispersent la poussière blanche du pollen. La petite massue du long style central n’attend que cela pour être pollinisée !

Récolter les graines du fuchsia et réaliser un semis avec le site plandejardin.jardinbiologique.com

Fuchsia visité par un bourdon des champs.

On perçoit bien ici, dépassant le faisceau d’étamines, le long style rouge à l’extrémité en forme de petite massue. Juste au dessus, les anthères libèrent un peu de pollen blanc à chaque passage des bourdons.

Fuchsia visité par un bourdon des champs.

 

L’Eumène unguiculé

L’Eumène unguiculé (Delta unguiculatum) sur capitule de Menthe sauvage.

Des chaleurs méditerranéennes au Marais poitevin, l’imposant mais tranquille Eumène unguiculé suit le mouvement du réchauffement climatique…

L’Eumène unguiculé (Delta unguiculatum) sur capitule de Menthe sauvage.

Taille maxi : 25 mm. Visible de juin à août.

Pas de panique. L’Eumène unguiculé (Delta unguiculatum) est aussi pacifique qu’impressionnant. Il se laisse volontiers photographier, trop occupé ici à butiner la Menthe aquatique. 

Une guêpe potière en taille XXL ! Son abdomen effilé présente un premier renflement, avant de l’épanouir en forme de poire à l’extrémité envahie de jaune. De larges taches rouge marquent l’étranglement. Un rouge plutôt bordeaux qui vient également animer le thorax finement velu et l’attache des ailes fumées.

L’Eumène unguiculé construit des « pots » de terre mêlée de salive pour héberger sa progéniture. Il y enfourne des chenilles vivantes mais anesthésiées pour assurer la subsistance des futures larves. Avec une préférence pour les noctuelles. Bonne nouvelle !

Réputée méditerranéenne, l’imposante guêpe ne cesse de progresser vers le nord. Réchauffement climatique aidant, la voilà dans le Marais poitevin.

L’Eumène unguiculé (Delta unguiculatum) sur capitule de Menthe sauvage.

Des taches rouges de part et d’autre de l’étranglement abdominal. Des lignes et des taches également bordeaux sur le thorax comme à l’attache des ailes fumées.

Sur un capitule de marguerite. Butineuse pour elle-même, l’Eumène unguiculé chasse les chenilles pour approvisionner ses larves.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux et Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Les guêpes potières avec le site aramel.free.fr
  • L’Eumene unguiculé avec les Carnets nature de Jessica

Photos JF Irastorza 

 

L’Eucère dentée

Eucère dentée sur origan en fleurs.

De grands yeux émeraude, fourrure dense au thorax, feutrée sur l’abdomen et de longues antennes pour Monsieur Eucère dentée !

Taille maxi : 14 mm. Visible de juillet à septembre.

Dans la famille, les mâles arborent de très longues antennes. C’était le cas, au printemps dernier, avec l’Eucère longicorne observée sur un pommier en fleurs du jardin. Voici un nouvel exemple, tout aussi spectaculaire malgré le moindre gabarit de cette Eucère sp. (sans doute Eucère dentée, Tetraloniella dentata).

Début août. Comme souvent chez les abeilles sauvages, ces dames (courtes antennes) émergent avec une dizaine de jours de décalage. Que la fête commence !

À l’unisson des antennes et des ailes fumées, la dominante est plutôt rousse. Même si l’épaisse fourrure du thorax et de la tête, ainsi que les soies des pattes, sont ici poudrées de pollen doré. La pointe de l’abdomen également. Les larges rayures blanc crème sur fond noir n’en restent pas moins très visibles. Et comment ne pas évoquer enfin ces superbes yeux émeraude ?

Abeilles solitaires, les eucères creusent et aménagent leurs galeries de nidification dans le sol. Leurs moeurs sont assez mal connues.

Début août. Quand Monsieur (longues antennes) et Madame (courtes antennes) se font la cour, ici sur une inflorescence de scabieuse.

Mâle affairé sur une inflorescence de dahlia.

À l’assaut des petits fleurons de rudbeckia.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • Abeilles sauvages, Boyer, 2015, Ulmer.
  • Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Vereecken, 2018, Glénat.
  • Les eucères avec le site aramel.free.fr
  • L’Eucère dentée avec la galerie du site insectes.org

 Photos JF Irastorza