La Mélitte de la lysimaque

Mélitte de la lysimaque.

En bordure de la Sèvre et des fossés du marais, la jaune Lysimaque procure à la petite Mélitte une huile vitale pour sa progéniture.

Mélitte de la Lysimaque.

Taille maxi : 9 mm. Visible de juin à septembre.

Inféodées aux zones humides, l’une et l’autre sont inséparables. Ainsi, la petite Mélitte de la Lysimaque (Macropis europaea) creuse son nid sur les berges de la Sèvre niortaise. À proximité immédiate des panicules jaune vif qu’elle est d’ailleurs seule à fréquenter…

Il est vrai que la Lysimaque commune (Lysimaquia vulgaris) ne produit pas de nectar. Mais une huile très spécifique dont la Mélitte ne saurait se passer. À la fois pour nourrir ses larves et pour enduire les cellules de son nid d’un revêtement hydrofuge.

Cette petite abeille sauvage mesure moins d’un centimètre. D’un joli noir luisant, très peu velue, elle présente un abdomen finement rayé de blanc. On la distingue aisément. Même en vol. Ses pattes arrière lui donne en effet une silhouette incomparable. Avec tibias et tarses revêtus d’un épais manchon de pollen mélangé à ladite huile.

Évidemment, son propre besoin d’énergie appelle un peu de nectar de temps en temps. Elle n’a alors que l’embarras du choix. Entre épilobe et salicaire, eupatoire et pulicaire, tout proches sur la berge.

Mélitte de la lysimaque.

Jadis récoltée pour ses vertus médicinales, la Lysimaque commune soignait notamment plaies et contusions. D’où son nom populaire de chasse-bosse.

Mélitte de la Lysimaque.

Position caractéristique de la femelle Mélittte. Tête et pattes avant enfoncées dans la corolle de la lysimaque. Pattes arrière écartées, recouvertes d’un manchon de pollen et d’huile. Les mâles trop pressants sont ainsi prévenus : l’heure n’est plus à la bagatelle mais à l’approvisionnement des futures larves.

En savoir plus  :

Photos JF Irastorza 

 

La Salicaire commune

Anthidie à l'approche de la Salicaire commune..

De hauts épis flamboyants : au bord des fossés, la vigoureuse Salicaire commune régale les butineurs. Et bientôt les oiseaux !

Robert-le-diable sur Salicaire commune.

La Salicaire commune (Lythrum salicaria) ne manque pas de noms vernaculaires. Dont l’Herbe aux coliques. Voilà qui dit assez un de ses principaux usages dans l’herboristerie populaire. On récoltait alors feuilles, tiges et sommités fleuries. En vue notamment de décoctions aujourd’hui tombées en désuétude. 

Azuré des Anthyllides sur Salicaire commune.

Les grands flambeaux n’en sont pas moins toujours fidèles au rendez-vous. Sur les berges de la Sèvre niortaise comme au bord des fossés. De solides tiges ramifiées y forment ainsi de hautes chandelles qui s’illuminent de rose pourpre en ce début juillet.

D’une fleur l’autre, les pétales lancéolés cantonnent un petit fagot d’étamines aux anthères pourpre foncé. D’où émerge un très long style. Comme une épingle à la tête verdâtre. Aux butineurs de faire le reste !

Il en résultera des petites graines par milliers. Un vrai régal pour les oiseaux. Ils peuvent y aller sans modération ! De quoi contenir un peu la tendance invasive de la spectaculaire maraîchine. D’autant qu’il s’agit d’une vivace dont la vigoureuse souche assure l’ancrage de chaque nouveau candélabre pour quelques années.

Une floraison échelonnée de juin à septembre sur les hautes touffes rameuses.

La Mellite de la salicaire : une petite abeille sauvage inféodée aux zones humides et dont les larves se nourrissent exclusivement de pollen de salicaire.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com
  • La Salicaine commune avec le site apiculture.net

Photos JF Irastorza 

 

L’Anthidie à manchettes

Anthidie à manchettes, mâle, sur fleur de mélisse.

Le mâle de l’Anthidie à manchettes est un gros macho. Agressif envers les autres mâles. Sans ménagement envers ses conquêtes.

Anthidie à manchettes, mâle, sur feuille de mélisse.

Taille maxi : 18 mm. Visible de juin à août.

Voilà un nom vernaculaire qui s’explique au premier coup d’oeil. Chez le mâle du moins. Monsieur Anthidie à manchettes (Anthidium manicatum) se laisse assez facilement observer et présente en effet de longues franges blanches sur des pattes jaunes tachées de noir. 

Anthidie à manchettes, femelle, sur fleur de mélisse.Madame en est dépourvue. Plus petite, elle ne porte pas non plus « les épines » arborées par Monsieur à la pointe de l’abdomen. De véritables armes, très efficaces pour éloigner les mâles concurrents. 

Car ici la planche des aromatiques est chasse gardée ! Depuis la Lavande officinale jusqu’à la grosse touffe de Mélisse où les femelles butinent consciencieusement. 

Oh, bien-sûr, Monsieur sirote lui aussi parfois un peu de nectar. Comme pour reprendre des forces. Mais il passe le plus clair de son temps à patrouiller. Et lorsqu’il rencontre une femelle, la tête engouffrée dans la corolle d’une fleur, irrésistiblement, il fonce… Sans ménagement. Un accouplement aussi furtif que brutal. Et pendant que Madame, imperturbable, poursuit son butinage, lui fait une petite pause sur une feuille voisine. Avant de repartir en chasse. Gros macho ! 

Sur un épi de Lavande officinale.

Anthidie à manchettes, mâle, en patrouille.

Comme chez toutes les Anthidies, l’abdomen noir présente des marques transversales jaunes.  Chez l’Anthidie à manchettes, elles partent des bords latéraux et s’arrêtent un peu avant le milieu des tergites. Sauf chez le mâle où les deux paires de marques avant sont plus ou moins fractionnées voire très incomplètes. Comme ici avec ce mâle en patrouille. Les épines de la pointe abdominale sont bien visibles.

Mâle transi sous la pluie. La patrouille reprendra à la première éclaircie…

La tête dans la corolle

Accrochée à une corolle de mélisse, une petite femelle littéralement agressée par un gros mâle.

Même scénario sur une fleur de Sauge argentée

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • Abeilles sauvages, Boyer 2015, Ulmer.
  • Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Vereecken, 2018, Glénat.
  • Les anthidiies avec le site aramel.free.fr

 Photos JF Irastorza