Tomate et oeillet d’Inde

Tomate et oeillet d’Inde : le tandem ne fait pas de miracle. Après la canicule, les nuits humides et fraîches… Le mildiou est dans les starting-blocks.

Le tandem tomate et oeillet d’Inde a plutôt bien fonctionné jusqu’à présent. Même si les premières, comme anesthésiées par les canicules successives, ont mis un temps fou à vraiment mûrir. Il a fallu attendre courant août pour que la mécanique se dégrippe. Le décalage saisonnier promet quelques semaines de belles récoltes automnales.

Mais les nuits sont fraiches désormais. Et les brouillards matinaux fréquents dans le marais. Gare au mildiou ! Car, enfin devenue dense sur la planche des tomates, la végétation reste longtemps perlée de rosée. Les champignons n’en demandent pas tant…

Plus que jamais, la chasse aux gourmands est de rigueur. Il faut même aller au-delà avec un effeuillage voire un élagage sévère pour que l’air circule davantage sur la planche. Et le moment est venu de ressortir la bouillie bordelaise restée au placard tout l’été.

Les butineurs foisonnent toujours sur la planche des tomates. Mais ne rêvons pas trop… En cette saison, ce sera déjà bien si tous les fruits formés parviennent à maturité !

Abeilles, bourdons mais aussi papillons : ici la petite Hespérie des potentilles.

Photo JF Irastorza

 

Comment butiner la Sauge des marais ?

Bourdon des saussaies sur fleurs de Sauge bleue.

Comment butiner la Sauge des marais ? Il y a deux écoles selon la longueur de la langue du butineur. Exemples avec les bourdons.

Bourdon roux sur fleurs de Sauge bleue.Large piste d’atterrissage, stries blanches sur fond bleu pour guider les butineurs… Voilà des corolles très accueillantes. Mais le tube nectarifère est si long ! Alors, il y a deux écoles pour butiner l’aromatique Sauge des marais (Salvia uliginosa). Celle -traditionnelle – du Bourdon des champs et celle – express – du Bourdon terrestre.

Bourdon des saussaies sur fleurs de Sauge bleue.Tout dépend de la longueur de la langue. Il faut en effet en tirer une sacrée pour atteindre les suintements sucrés au fond du tube, la tête restant coincée sous l’étroit « casque » de la corolle. Pour la Sauge, c’est justement le but du jeu. Car le pollen est là sous la lèvre supérieure : de passage en passage, les butineurs le véhicule de fleur en fleur.

Pas trop de difficulté pour le Bourdon des champs qui la joue à l’ancienne ! Il s’appuie donc sur la piste d’atterrissage, enfourne alors la tête et tire la langue tant qu’il peut. Il est vrai qu’il fait parti des bourdons les mieux équipés de ce point de vue !

Tout le contraire du Bourdon terrestre. Heureusement, c’est un malin. Puisque le tube nectarifère est trop long, il n’hésite pas à le perforer, au plus près du calice, pour s’y ménager un raccourci. Évidemment, l’incision prend un peu de temps mais, au fil des visites sur une même fleur, le butinage express est garanti. D’ailleurs, quelques opportunistes, abeilles et même papillons, profitent de l’aubaine !

Et tant pis pour la Sauge. Car le raccourci fait l’impasse sur le brossage des anthères et la diffusion du pollen. Qu’importe. Il reste le valeureux Bourdon des champs pour mettre un point d’honneur à respecter la tradition !

L’incision est pratiquée au plus près du calice. Ainsi, le Bourdon terrestre peut facilement atteindre la source de nectar.

Le pollen dont le bourdon est ici poudré ne provient pas de la sauge mais des hibiscus voisins. Et pour cause ! Le butinage « par effraction » contourne le « vestibule » de la corolle où, sous la lèvre supérieure, se tiennent les anthères.

On remarque bien ici la perforation du tube. Le Bourdon des champs ne change pas pour autant ses habitudes et enfourne la tête sous le « casque » de la corolle. Tant mieux pour la pollinisation de la Sauge des marais.

Fleurs de Sauge bleue perforées par le Bourdon des saussaies.

Une perforation sur chaque tube nectarifère, au plus près du calice, sans passer par l’entrée habituelle de la corolle. On a déjà vu pareil escamotage au printemps sur les clochettes de la Consoude officinale.

Pas de problème pour la Rhingie champêtre !

Rhingie champêtre sur fleur de sauge bleue.

Reconnaissable à son drôle de « bec », la Rhingie chapetre butine la Sauge des marais sans problème. Il est vrai qu’elle a une très longue langue et qu’elle recherche surtout le pollen, au creux du « casque » de la sauge.

 

Jusqu’aux derniers rayons de soleil

Abeille sur inflorescence de Sedum spectabile.

Le Sedum spectabile amorce sa généreuse floraison rose pâle au jardin. Et, du matin au soir, les abeilles ne le quittent plus !

Abeille sur inflorescence de Sedum spectabile.Dans la lumière rasante d’une fin d’après-midi de septembre. L’effervescence ne faiblit pas sur les larges corymbes du Sedum spectabile. Les abeilles y travailleront jusqu’aux derniers rayons de soleil.

Les canicules successives et la sécheresse n’ont pas malmené le Abeille sur inflorescence de Sedum spectabile.port superbement dressé de la succulente. Elle en a vu d’autres. N’est-ce pas sa spécialité que de se contenter de peu ? C’est à peine si le vert bleuté du printemps s’est estompé sur son feuillage charnu. Voilà bien, comme l’Orpin de palmer, toute proportion gardée, une plante généreuse propre à enchanter quoi qu’il arrive jardinier et butineurs ! 

Surtout en cette fin de saison. Avec un foisonnement compact de milliers de petites fleurs étoilées. Le vert tendre puis le blanc nacré des sépales s’y mêle au rose pâle pointé de pourpre plus vif des pétales. La source de nectar semble inépuisable pour l’automne à venir. 

Conseils pour la culture du Sedum spectabile avec le site plandejardin-jardinbiologique.com

Abeille sur inflorescence de Sedum spectabile.

Orpin des jardins, Sedum d’automne ou remarquable : les variantes ne manquent pas pour qualifier ce grand Sedum très mellifère et si peu exigeant !

Photos Fernand © Septembre 2019