L’Agrion élégant

Agrion élégant, femelle immature.

Thorax et anneau abdominal bleu vif sur fond noir. Du moins pour le mâle. Car les femelles de l’Agrion élégant nous en font voir des toutes les couleurs…

Longueur maxi : 34 mm. Visible d’avril à  septembre. Femelle immature de forme « violacea » (thorax bleu-lilas)

Quand le regard s’aiguise un peu au jardin, les petites demoiselles commencent à se distinguer les unes des autres. C’est a priori facile pour l’Agrion élégant (Ischnura elegans) à raison de son très fin abdomen noir. Et de l’anneau bleu qui en marque l’extrémité en forme de légère massue.

Agrion élégant, femelle immature.

Femelle immature de forme « rufescens » (thorax rose-orangé)

Facile ? Voire. Car rien n’est jamais vraiment simple chez les demoiselles. En l’occurrence, il faut compter avec la couleur juvénile variable du thorax et de la naissance de l’abdomen. Plutôt verdâtre pour les jeunes mâles. Parfois bleu lilas (forme violacea), parfois rose orangé (forme rufescens), pour les jeunes femelles.

Le thorax du mâle vire rapidement au bleu vif. À l’unisson de l’anneau abdominal. Mais les femelles adultes ne sont pas aussi binaires.

Mâle immature au thorax bleu vert.

Deux formes pour les immatures, trois pour les adultes ! Certaines juvéniles bleu lilas voient ainsi leur thorax devenir entièrement bleu vif. Elles sont alors très comparables aux mâles. Rien de tel pour d’autres dont le thorax mais aussi l’anneau abdominal virent au vert !

Quant aux juvéniles rose orangé, elles deviennent plutôt jaune orangé, sauf l’anneau abdominal qui vire au brunâtre. Encore faut-il compter aussi avec tous les stades intermédiaires et avec des couleurs loin d’être toujours bien tranchées… Bref, ces dames brouillent les pistes !

Reste la silhouette, caractéristique, inchangée d’une forme l’autre. Accentuée par la finesse de l’abdomen, la petite taille de l’Agrion élégant (trois centimètres tout au plus) le rend particulièrement discret. Il n’en tient pas moins son rang, solitaire ou en petite bande, parmi les chasseurs assidus du potager.

Début juin. En pause sur une jeune pousse de rudbeckia. Femelle immature au thorax rose orangé.

Mi août. Femelle immature, forme « bleu lilas ». Rien de tel que la planche de Moutarde blanche quand on chasse les petits insectes en tous genres !

Sources : 

  • Guide des libellules de France et d’Europe, 2022, Dijkstra, Schröter et Lewington, Delachaux & Niestlé.
  • Libellules du Poitou-Charentes, 2009, Miiguel Gailledrat, Poitou-Charentes nature éd, pp114-115,
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • L’Agrion élégant avec le site nature22.com
  • Ischenura elegant : les femelles, avec le site meslibellules.fr

Photos JF Irastorza 

 

Le Membracide bison

Membracide bison sur une feuille de frêne.

Vif, insaisissable, il saute plus qu’il ne vole. Le Membracide bison, parmi les insectes « piqueurs suceurs » les plus étranges du jardin.

Membracide bison sur une feuille de frêne.

Taille maxi : 10 mm. Visible de mai à octobre.

On ne le voit guère au jardin. D’abord en raison de sa taille, moins d’un centimètre, mais aussi du mimétisme de son vert tendre piqueté de blanc. Avec son air aussi charmant qu’insolite, le petit Membracide bison (Strictocephala bisonia) n’a pas bonne réputation. Notamment dans les vergers et les vignes.

C’est surtout la ponte, sous l’écorce incisée des jeunes rameaux, qui est susceptible de dégâts. Du moins en cas d’invasion importante. Les larves descendent ensuite au sol où, piqueuses suceuses comme les adultes, elles se nourrissent essentiellement au dépend de la végétation herbacée, trèfle et luzerne notamment. 

Le Membracide bison est surtout remarquable par la forme pyramidale de son pronotum . Avec une longue épine teintée de jaune à l’arrière, deux ”cornes” noirâtres à l’avant et, juste en dessous, deux petits yeux noirs globuleux. D’où cette allure rappelant vaguement le bison.

D’ordinaire, en cas de début d’invasion, il peut suffire de collecter le surnombre. Mieux vaut ne pas y compter ici. À la moindre approche, le « bison » s’éclipse avec une étonnante vivacité. Champion du “saute qui peut”… Cela dit, outre les fruitiers, la femelle pond le plus souvent sur les jeunes pousses de frêne, de saule, d’aubépine ou de peuplier. Elle n’a que l’embarras du choix dans le marais alentour.

Membracide bison sur une feuille de frêne.

En savoir plus : 

  • Hémiptères de France, Romain Garrouste, 2015, Delachaux & Niestlé.
  • Mouches et moustiques d’Europe, Denis Richard et Pierre-Oilivier Maquart, 2024, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photos des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Guide la vie sauvage au jardin, Michael Chiney, 1997, Delachaux & Niestlé.
  • Le guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Le Membracide bison avec les Carnets nature de Jessica.

Photos JF Irastorza

 

Le Frelon asiatique

Frelon asiatique subtilisant une abeille prise dans une toile d'Epeire fasciée.

Le Frelon asiatique s’attaque aux abeilles et aux mouches éristales qui leur ressemblent un peu. Quitte à s’inviter sur une toile d’araignée.

Sur une inflorescence de Rince-bouteille.

Taille maxi : 30 mm (reine). Visible de mars à novembre.

Oh, bien sûr, le Frelon asiatique (Vespa velutina) est amateur de nectar. Même si, en cette saison, la pulpe sucrée des pommes ou des poires blettes tombées au sol ont sa préférence. Il y creuse de véritables cavernes à grands coups de mandibules pour finalement ne laisser que le trogon. 

C’est aussi un redoutable chasseur. Opportuniste toutefois, il ne résiste pas ici à la tentation d’une abeille prise au piège d’une Épeire fasciée. La malheureuse vient à peine d’être « emmaillotée ». Il fonce sur la toile et en évince méchamment la tenancière qui préfère s’éclipser.

Un peu plus loin, c’est une mouche éristale qui est capturée en vol. La première herbe sèche venue fait alors l’affaire pour prendre appui et jouer des mandibules. Accroché par une seule patte, dans un curieux équilibre, le Frelon asiatique a tôt fait de mettre sa proie en pièces. Non pour son propre casse-croute : abeilles et mouches concassées, transformées en boulettes protéinées, sont destinées aux larves de la colonie.

D’abord déchirer la gangue de soie blanche puis tailler la proie en pièces.

Frelon asiatique finissant de dévorer une mouche éristale capturée en vol.

Moins d’une minute pour transformer la mouche éristale en précieuse boulette protéinée pour nourrir les larves de la colonie.

Curée sur une pomme blette à laquelle se mêle le Vulcain qui n’a pas l’air impressionné !

Le cousin autochtone

Plus impressionnant encore, le Frelon européen (Vaspa cabro) est également plutôt pacifique… pourvu qu’on ne s’approche pas trop près de son nid !

En savoir plus : 

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux et Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Distinguer Frelon européen et Frelon asiatique avec la LPO
  • Le Frelon asiatique avec le site quelestcetanimal.com

 Photos JF Irastorza