À chacune son job

Abeille à l'approche d'une fleur de Gaura / Un jardin dans le Marais poitevin.

Parmi les abeilles familières du Gaura, certaines collectent le nectar. D’autres le pollen. La fécondation viendra surtout de ces dernières.

Abeille puisant le nectar d'une fleur de Gaura / Un jardin dans le Marais poitevin.Quatre pétales blancs ou roses dressés en éventail. Huit longues étamines pendantes. Avec, dans l’axe, un peu perdu dans toute cette mise en scène, un style unique, quadrifide, attendant d’être fécondé. Le Gaura n’a pas choisi la facilité.

D’ailleurs, nombre d’abeilles filent directement au centre du dispositif, vers l’entrée du tube nectarifère, sans Abeille à l'approche d'une fleur de Gaura / Un jardin dans le Marais poitevin.même toucher au faisceau d’étamines. Qu’importe. À vrai dire le Gaura ne compte pas vraiment sur elles. Vivent leurs consoeurs collectrices de pollen ! En ouvrières spécialisées (à chacune son job), elles boudent le calice pour se focaliser sur les anthères. Dans un jeu de pattes aussi précis que mystérieux, elles accumulent ainsi la précieuse poussière sur leurs peignes arrière. Et, bénéfice collatéral, l’extrémité du Abeille collectant le pollen d'un fleur de Gaura / Un jardin dans le Marais poitevin.style s’en trouve tout enrobé au passage.

Bien-sûr, aussi spécialisées soient-elles, les collectrices de pollen ne dédaignent pas, de temps en temps, puiser un peu de nectar. Histoire de reprendre des forces sans doute. Avant d’aller décharger leur fardeau. Et de reprendre la collecte. 

En savoir plus sur les variétés, la culture et l’entretien des Gauras avec le site plandejardin-jardinbiologique.com

Découvrir d’autres insectes du jardin

Abeille collectant le pollen d'un fleur de Gaura / Un jardin dans le Marais poitevin.

 

L’Oedipode turquoise

L'Oedipode turquoise dans sa version fauve / un jardin dans le Marais poitevin.

L’Oedipode turquoise ne vole jamais très loin. Juste assez pour que le brusqu’éclat de ses ailes surprenne l’importun. Mais où est-il passé ?

L'Oedipode turquoise dans la version gris-bleu / Un jardin dans le Marais poitevin.

Taille maxi : 28 mm. Visible de juillet à octobre.

On est plus habitué à le voir – ou plutôt l’apercevoir – dans sa version gris-bleu. L’Oedipode turquoise ((Oedipoda caerulescens), champion du camouflage, arbore ici une tenue un peu plus vive. Fauve. Presqu’orangée. L’homochromie fonctionne malgré tout très bien lorsqu’il reste tapi sur le paillis de feuilles mortes du potager. 

Oedipode turquoise, version fauve / Un jardin dans le Marais poitevin.Évidemment, la magie se dissipe dès qu’il s’aventure sur le trèfle encore à peu près vert des allées. Cela dit, le criquet a plus d’un tour dans son sac. Si vous l’approchez d’un peu trop près, il vous fera le coup de l’éclair bleu ! Une brusque envolée dévoilant ses ailes turquoises. Vous essayez de le suivre des yeux ? Peine perdue. Il s’est déjà reposé. Fondu parmi les mottes de terre ou les feuilles mortes.

Grise ou fauve, quelle que soit la tonalité de l’Oedipode turquoise, la configuration des contrastes du camouflage reste la même. Y compris la tache sombre qui marque le décrochement caractéristique du tibia arrière.

Encore un peu de patience ! La sécheresse aidant, hélas, les allées du jardin grillent chaque jour davantage. Bientôt, le discret criquet pourra ainsi y grignoter les graminées, même en plein jour, sans crainte d’être repéré.

L'Oedipode turquoise dans sa version fauve / Un jardin dans le Marais poitevin.

Sur fond de feuilles mortes, parfaite tenue de camouflage pour l’Oedipode turquoise dans sa version fauve-orangé.

En savoir plus :

  • Sauterelles, grillons et criquets d’Europe occidentale, Bellmann, Rutschmall, Roesti et Hochkirch, 2020, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photos des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Guide la vie sauvage au jardin, Michael Chiney, 1997, Delachaux & Niestlé.
  • Le guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • L’Oedipode turquoise avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza

 

La Phasie crassipenne

Phasie crassipenne, mâle, sur fleur de marguerite / Un jardin dans le Marais poitevin.

Trop de punaises au potager ? Multipliez les massifs fleuris pour accueillir la Phasie crassipenne. Ses larves en feront leur affaire !

Phasie crassipenne, femelle, sur fleur de Menthe des champs / Un jardin dans le Marais poitevin.

Avec une pointe blanchâtre, l’abdomen de la femelle est noir, orné de deux demi-lunes orangées.

Phasie crassipenne, mâle, sur fleur de marguerite / Un jardin dans le Marais poitevin.

Taille maxi : 9 mm. Visible surtout en fin d’été.

Encore une mouche aussi jolie qu’utile au jardin. Bien en harmonie avec le coeur jaune des marguerites qu’elle fréquente assidument ! La Phasie crassipenne (Ectophasia crassipennis) présente au moins deux signes distinctifs facilement identifiables. D’abord ses ailes fumées, fortement nervurées, tachées de noir, le plus souvent relevées à 45° lorsqu’elle butine. Et surtout son abdomen, large et plat, jaune d’or, marqué d’une épaisse bande médiane noire. Du moins pour le mâle.

Dans les deux sexes, on retiendra également une tête assez étrange. Plutôt plate, avec deux grands yeux rougeâtres sur une face jaune démesurée, nettement plus large que le thorax brun maculé de jaune.

Ce sont surtout ses larves qui sont de précieuses auxiliaires. En se développant aux  dépens d’insectes ravageurs. Mais si la plupart de ses cousines Tachinaires ciblent les chenilles, la Phasie crassipenne privilégie les punaises ! Elle participe ainsi à la régulation des populations de « piqueuses-suceuses ».

Phasie crassipenne, mâle, sur fleur de marguerite / Un jardin dans le Marais poitevin.

Mâle sur fleur de marguerite.

Phasie crassipenne, femelle, sur fleur de Menthe des champs / Un jardin dans le Marais poitevin.

Femelle sur fleurs de Menthe aquatique. Elle pond directement sur les hôtes de ses futures larves. Un oeuf par punaise. Avec un faible pour le Graphosome italien. Mais pas seulement.

Un petit oeuf blanc à l’arrière de la tête de la Punaise verte : dès l’éclosion, la larve ne tardera pas à pénétrer son hôte involontaire.

Monsieur Phasie crassipenne sur l’origan en fleurs.

Mâle, sur une ombelle de Cerfeuil des bois.

En savoir plus : 

  • Hémiptères de France, 2015, Romain Garrouste, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photos des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Phasie crassipenne avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza