L’Escallonia par effraction

Bouton d'Escallonia perforé par un bourdon / Un jardin dans le Marais poitevin.

Quand la tentation est trop forte, qu’importe si la fleur de l’Escallonia n’est pas encore ouverte. Le bourdon force le passage vers le nectar !

Bouton d'Escallonia perforé par un bourdon / Un jardin dans le Marais poitevin.Les petites trompettes roses de l’Escallonia semblent taillées sur mesure pour la longue langue des bourdons. Ils ne s’en privent pas. Elles n’ont qu’un seul défaut pour ces impatients : les grappes florales de l’arbuste échelonnent leur épanouissement. Une fleur après l’autre.

Tant mieux à dire vrai car le spectacle s’éternise d’autant. Les boutons blancs puis roses s’allongent lentement, avant d’ouvrir et de recourber les lobes de leur corolle. Un superbe contraste avec le vert intense du feuillage finement denté de l’Escallonia. Mais que de frustration pour le bourdon de passage !

N’y tenant plus, et sachant d’expérience sans doute que les boutons les plus avancés produisent déjà du nectar, il n’hésite pas à y pénétrer par effraction. En quelques coups précis de mandibules, il a tôt fait de perforer le tube et d’y plonger sa trompe. Avec gourmandise.

Cela dit, il se lasse vite. Trompettes pour trompettes, le voilà parti vers le Penstémon, le Volubilis et les courgettes qui ont le bon goût de ne pas trop abuser du supplice de Tantale.

En savoir plus sur l’Escallonia avec le site plandejardin-jardinbiologique.com

Bourdon sur une fleur d'Escallonia / Un jardin dans le Marais poitevin.

 

La Mélisse officinale

Piéride du chou sur fleur de Mélisse officinale / Un jardin dans le Marais poitevin.

Avec la canicule, la Mélisse officinale a un peu perdu de son vert tendre. Mais la voilà en fleurs. Les infusions n’en sont que plus parfumées.

Bourdon des prés sur fleur de Mélisse officinale / Un jardin dans le Marais poitevin.La Mélisse officinale ( (Mellissa officinalis) fait l’unanimité au jardin. Papillons, abeilles, bourdons et guêpes s’y côtoient en bonne intelligence. Davantage encore que le romarin au sortir de l’hiver.

Constamment renouvelées d’un jour l’autre, les petites fleurs pointent d’abord leur bouton jaune pâle au creux d’un long calice vert et velu. Les corolles blanches s’ouvrent en fin de matinée. Toute proportion gardée, elles ressemblent un peu à celles, bleu-violacé, de la Brunelle commune. Tout aussi simples et attractives. Avec une production de nectar ici à son maximum sous le soleil du milieu d’après-midi.

C’est alors le bon moment pour la Abeille sur fleur de Mélisse officinale / Un jardin dans le Marais poitevin.cueillette. Pour des infusions apaisantes et rafraîchissantes mêlant à la fois sommités florales et feuilles gaufrées au vert tendre. Et pourquoi pas en cuisine où leur parfum citronné relève tant poissons que pâtisseries ?

Bien-sûr, il est possible de les faire sécher pour en faire provision. Mais il faut se faire une raison. Rien ne vaut la Mélisse fraiche. Et c’est maintenant. À cueillir au fur et à mesure des besoins.

Quelques recettes parfumées à la Mélisse avec le site cuisinevg.fr

Isodonte mexicaine sur fleurs de Mélisse officinale / Un jardin dans le Marais poitevin.

 

Le Lepture porte-coeur

Lepture porte-coeur sur bouton de marguerite / Un jardin dans le Marais poitevin.

Les entomologistes ont parfois un côté fleur bleue. Ils auraient pu opter pour Cupidon tant la flèche noire saute au yeux. Mais va pour Lepture porte-coeur !

Taille maxi : 20 mm. Visible de juin à août.

Il a bien la silhouette d’un Lepture ! Élégant, haut sur pattes, le corps effilé, les longues antennes annelées… Ses élytres sont rouge et noir. Un rouge sang bien soutenu. Et une tache noire dont le dessin lui vaut le nom de Lepture porte-coeur (Strictoleptura cordigera).

La pointe dudit coeur est épaisse. Elle se prolonge jusqu’à l’extrémité des élytres. Également noire. Une livrée très graphique qui ne passe pas inaperçue sur les grandes marguerites blanches du jardin.

Comme la plupart des membres de la famille, c’est un inoffensif amateur de pollen. Coutumier des grandes ombellifères du halage et des prairies alentour, il est également à son affaire au potager. Il y broute paisiblement de marguerites en cosmos, de soucis en zinnias. Quant à ses larves, les branches mortes des haies et des fourrés leur vont très bien. Elles se développent en effet exclusivement sur les fibres de bois en décomposition.

Lecture porte-coeur sur fleur de marguerite / Un jardin dans le Marais poitevin.

En savoir plus : 

  • Coléoptères d’Europe, 2017, Vincent Albouy et Denis Richard, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Lepture porte-coeur avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza