L’Orchis bouc

Orchis bouc / Un jardin dans le Marais poitevin.

La large rosette semblait inerte. Elle s’est réveillée au printemps et commence aujourd’hui à fleurir. En déroulant ses drôles de serpentins !

Autant le dire d’emblée. Le qualificatif de cette étonnante orchidée sauvage ne fait pas allusion aux cornes de l’animal. L’Orchis bouc (Himantoglossum hircinim) fait plutôt référence à son odeur ! Mais que l’on se rassure. Il faut vraiment avoir le nez sur l’épi floral pour en percevoir les relents. Et encore. Un jeune bouc sans doute !

Cela dit, l’odeur est bien là et c’est, une nouvelle fois, une de ces duperies dont la famille des orchidées a la secret. Pas de nectar mais un « fumet » propre à attirer les butineurs.

La surprise vient dès l’éclosion des petits boutons floraux. Un « serpentin » brun rouge sort en premier et se déroule pour pendre en longue spirale, cantonné de deux autres fines lanières beaucoup plus courtes. Il s’agit des trois « lobes » du labelle qui, à l’entrée du « casque », se fait blanc maculé de pourpre.

Dans les parties enherbées du jardin, isolé ou en en petits groupes, l’Orchis bouc est resté tout l’hiver à l’état de rosette rase. La haute hampe se développe très lentement depuis le début du printemps. Elle frise aujourd’hui le mètre et commence à s’épanouir. Lanière après lanière.

Orchis bouc / Un jardin dans le Marais poitevin.

La rosette de l’Orchis bouc apparaît en automne. Elle semble en stand by tout l’hiver.

Début juin. La hampe commence à se développer et à libérer ses premiers « serpentins ».

Fin mai. L’Orchis bouc mérite qu’on le regarde d’un peu plus près !

Fin janvier. Petite station sous haute protection au jardin.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Orchidées de Poitou-Charentes et Vendée, J-C Guérin, J-M Mathé, André Merlet et Maryvonne Lorgeré, 1995, Éd. Méloé.
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com
  • l’orchis blouc avec le site flore-en-ligne.fr

Photos JF Irastorza 

 

Pourvu qu’elle soit seule !

Cantharide officinale (Lytta vesicatoria) / Un jardin dans le Marais poitevin.

Entre ses dégâts potentiels et le parasitisme de ses larves, la Cantharide officinale n’est pas forcément très sympathique. Mais tellement séduisante.

Cantharide officinale (Lytta vesicatoria) / Un jardin dans le Marais poitevin.Comment ne pas tomber sous le charme ? La Cantharide officinale (Lytta vesicatoria) est d’abord un magnifique coléoptère. Entièrement vert métallique, avec des nuances bleutées ici et là, mais surtout cuivre et bronze sur les élytres.

Tant qu’elle est isolée, c’est un plaisir d’en admirer les reflets changeants Cantharide officinale (Lytta vesicatoria) / Un jardin dans le Marais poitevin.sous le soleil. Mais gare aux colonies ! Car la bestiole a bel appétit et, la loi du nombre aidant, les dégâts peuvent être rapides et considérables pour le feuillage des frênes, lilas, troènes et autres sureaux notamment.

Pas d’autre solution alors que le ramassage. En ayant le coeur bien accroché. La Cantharide officinale dégage en effet une odeur « de souris » pour le moins dissuasive pour se défendre. Mais aussi dans l’excitation collective d’un « grand banquet ». C’est un peu la signature olfactive de son forfait.

Ses larves ont un tout autre régime. Les oeufs étant pondus à proximité d’un terrier d’abeilles sauvages, elles y dévorent le couvain et les réserves de pollen. Décidément, heureusement qu’elle est belle. Mais pourvu qu’elle soit seule !

Et pourquoi officinale ? Elle était jadis collectée, séchée et réduite en poudre à des fins thérapeutiques. On lui prêtait notamment des vertus aphrodisiaques. Une petite pastille verte en quelque sorte.

Cantharide officinale (Lytta vesicatoria) / Un jardin dans le Marais poitevin.

 

Les enclumes des musiciennes

Grive musicienne décortiquant un escargot / Un jardin dans le marais poitevin.

Quelques grands coups secs contre une pierre pour fracasser la coquille des escargots. Les grives musiciennes n’y vont pas avec des pincettes !

Envergure : 36 cm. Nidification en avril.

L’an passé, elles avaient surtout utilisé un gros caillou, à l’abri des regards, derrière les grandes touffes d’artichaut. Les grives musiciennes sont moins cachotières cette année. Il est vrai qu’à l’occasion du réaménagement de la petite mare, la bordure de pierres plates a (provisoirement) perdu son couvert de lierre. Voilà autant d’enclumes certes moins discrètes mais si pratiques pour décortiquer les escargots ! 

Il y avait deux nichées au début du printemps dans les haies du jardin. Tout ce petit monde s’en donne à coeur joie depuis quelque temps avec les averses quasi quotidiennes. Pas besoin d’aller fouiller les broussailles pour déloger petits gris et consorts. Ils courent partout au potager.

Bien-sûr, pour varier les plaisirs, cerises et fraises sont aussi au menu de la petite troupe de musiciennes. On leur pardonne volontiers. Avec leur oeil exercé et leur solide appétit, les plants de salades n’ont rien à craindre des escargots !

Grive musicienne décortiquant un escargot / Un jardin dans le marais poitevin.

L’an dernier, la Grive musicienne avait établi un de ses « ateliers » à l’abri des regards, derrière les touffes d’artichauts où quelques cailloux lui servaient d’enclumes.

En savoir plus : 

  • La Grive musicienne avec le site de la LPO

Photos JF Irastorza