L’oseille en état d’alerte

Mineuse de l'oseille : la larve dévore la "chair" de la feuille entre les deux épidermes / Un jardin dans le Marais poitevin.

Rien de catastrophique encore. Mais il est temps d’y mettre le holà. Attention, pas de feuilles « habitées » par la Mineuse de l’oseille au compost !

Surtout pas de feuilles contaminées au compost : les larves y termineraient leur transformation pour produire bientôt à leur tour de nouvelles mineuses / Un jardin dans le Marais poitevin.Pas de galeries ici comme avec la Mineuse des renoncules. Mais une cloque blanchâtre qui s’élargit inexorablement. Au point d’envahir une feuille en quelques jours. À l’intérieur, un petit vers jaunâtre. La larve d’une Mineuse de l’oseille. A vrai dire, le terme renvoie à plusieurs insectes parasites. Le plus souvent une petite mouche mais aussi un minuscule papillon. Avec un point commun : un oeuf injecté entre les deux épidermes de chaque feuille. En l’occurence, la bestiole a infecté une bonne partie de la platebande.

Il n’y a pas de recette miracle. Sinon cueillir et brûler toutes les feuilles « cloquées ». En fouillant bien au coeur des touffes pour n’en oublier aucune. Finalement, plusieurs dizaines de feuilles sont atteintes. C’est pour l’heure loin d’être une catastrophe. Il en reste suffisamment pour la cuisine !  

Mais il faudra redoubler de vigilance. Car, dans leur dernier stade, les petites larves quittent  généralement leur feuille quasi « vidée » pour s’enterrer et devenir bientôt une nouvelle petite mouche qui à son tour… Mieux vaut donc casser le cycle avant qu’il ne prenne trop d’ampleur.

Cueillir scrupuleusement toutes les feuilles atteintes pour casser le cycle de la Mineuse de l'Oseille / Une jardin dans le Marais poitevin.

Photos JF Irastorza

La Chrysomèle du peuplier

Chrysomème du peuplier : élytres rouge vif, tout le reste noir / Un jardin dans le Marais poitevin.

Une des plus « grosses » de la famille. La Chrysomèle du peuplier sévit surtout dans les peupleraies alentour.

Taille maxi : 12 mm. Visible de mai à août.

Non, ce n’est pas une coccinelle sans tache… Un peu moins bombée, plus ovale et des antennes annelées plus longues. Ce bel insecte rouge vif cache ainsi bien son jeu. À l’inverse de son quasi sosie, en effet, il est membre d’une famille à la très mauvaise réputation : les chrysomèles ! 

Pas de danger ici toutefois. Du moins pour le potager. Car, comme son nom le suggère, la Chrysomèle du peuplier ne s’attaque pas aux légumes. Mais au feuillage du peuplier ou du saule. Bec fin, elle choisit plutôt celui des rejets, plus tendre et plus accessible.

Ses divers cousines sont généralement beaucoup plus petites. Voire minuscules. Et tout aussi belles. Avec des couleurs variées souvent métalliques. A chaque tribu son menu végétarien de prédilection : l’oseille, le haricot, le maïs, le romarin… Comme souvent, ce sont les larves les plus voraces. Après leur passage, il ne reste plus grand chose, sinon la dentelle des nervures ! Peu de solutions. Vigilance, collecte avant la ponte et décoction de pyrèthre en cas d’invasion.

Chrysomèle du peuplier / Un jardin dans le Marais poitevin.

En savoir plus : 

  • Coléoptères d’Europe, 2017, Vincent Albouy et Denis Richard, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Chrysomèle du peuplier avec les Carnets nature de Jessica

Photos JF Irastorza

 

La Véronique petit-chêne

Fleur de Véronique petit-chêne : deux étamines de part et d'autre d'un style unique placé dans l'axe du pétale inférieur, plus étroit et plus pointu que les trois autres / Un jardin dans le Marais poitevin.

La Véronique petit-chêne  : une rigoureuse symétrie dans la composition de ses fleurs délicates comme dans la … pilosité de sa tige !

Véronique petit-chêne / Un jardin dans le Marais poitevin.Ses petites cousines n’avaient pas attendu le printemps pour s’aventurer au jardin. La « géante » de la tribu vient de les rejoindre. A vrai dire, la Véronique petit-chêne ne se hisse guère plus haut que la Véronique de Perse et la Véronique à feuille de lierre. Mais ses fleurs, bleu clair, parfois violacé, s’épanouissent plus généreusement. En épi.

Elles ont évidemment un air de famille. Les quatre pétales présentent ainsi des stries plus foncées qui indiquent la voie du nectar. Deux sacs de pollen se dressent de part et d’autre d’un  style unique, dans l’axe de la piste d’atterrissage. Autrement dit le pétale inférieur, plus étroit et plus pointu que les trois autres.

Petite coquetterie de la Véronique petit-chêne : des poils oui mais pas en bataille ! Elle les dispose donc en deux lignes diamétralement opposées tout au long de sa tige. Quant à ses feuilles, l’évocation du chêne relève de la même imagination que le lierre chez sa cousine !

Deux lignes de poils blancs diamétralement opposés sur la tige de la Véronique petit-chêne / Un jardin dans le Marais poitevin.

Une pilosité répartie en deux lignes opposées tout au long de la tige.

En savoir plus : 

Photos JF Irastorza