Le réveillon de la piéride

Chenille de la Piéride / Un jardin dans le Marais poitevin.

Fêtes de fin d’année oblige, la vigilance s’est relâchée. Las ! La chenille de la piéride en profite pour faire bombance.

Chenille de la Piéride / Un jardin dans le Marais poitevin.En hiver, le jardin n’en a pas forcément terminé avec les ravageurs. Surtout cet hiver-ci. En vadrouille au potager jusqu’à fin novembre, la Piéride n’était donc pas là en simple touriste ! Et les premières gelées n’ont pas suffi à éliminer ses oeufs.

La surveillance des planches de choux avait jusqu’alors prévenu la moindre tentative d’invasion. Mais comment imaginer un tel retour en force aux alentours de Noël ?

Il est vrai qu’une seule ponte peut engendrer plusieurs dizaines de chenilles ! D’abord regroupées sous les feuilles, les petites larves sont passées inaperçues. L’appétit venant en mangeant, l’heure de la dispersion est vite arrivée. Au point d’envahir tout un rang. Puis un deuxième. Il était temps d’intervenir. Sauf à prévenir les mésanges que le couvert est remis, pas d’autre solution qu’un scrupuleux ramassage.

Chenille de la Piéride / Un jardin dans le Marais poitevin.

Jaune vif, les petites « plaques » d’œufs ont au moins le mérite d’être aisément repérables au revers des feuilles de chou.

En toutes saisons, la Piéride du chou, parmi les butineurs les plus assidus du jardin. Ici en été sur fleur de Mélisse.

Une cousine, plus petite : la Piéride du navet et ses nervures grisées bien marquées.

Une autre cousine, plus petite encore : la Piéride de la moutarde.

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Photos JF Irastorza 

 

Les pensées de Noël

Pensées / Un jardin dans le Marais poitevin.

En attendant les violettes sauvages du jardin, quelques pensées dans les jardinières de la maison. Un peu de couleur pour terminer l’année  !

Pensées / Un jardin dans le Marais poitevin.En place depuis quelques semaines, les pensées ont eu le temps de bien raciner et de s’épanouir. Généreuses, leurs amples corolles veloutées multiplient les nuances bleutées et violacées.

Le large pétale inférieur est conçu comme une piste d’atterrissage. Et pour que le doute ne soit pas permis, des faisceaux de stries bleu-nuit convergent vers une petite tache orangée. On ne peut pointer plus explicitement la discrète entrée du saint des saints. L’éperon nectarifère situé à l’arrière. En cette saison, les pollinisateurs ne sont pas légion. Raison de plus pour leur simplifier la vie. 

Pensées / Un jardin dans le Marais poitevin.

Photos Fernand ©

 

Le retour des fers de lance

Arum sauvage / Un jardin dans le Marais poitevin.

Puisque l’Arum sauvage vient là spontanément, autant profiter du spectacle. Mais gare à l’invasion des fers de lance !

Arum sauvage / Un jardin dans le Marais poitevin.Il ne pousse plus rien en hiver ? Allons donc ! C’est la pleine saison de l’Arum sauvage. Alias le Gouet d’Italie. Les épis de ses baies rouge-orangé à peine disparus, dispersés par les oiseaux, place désormais à son superbe feuillage sagitté. Il émerge un peu partout actuellement au bord du halage, jusque dans les haies et sous les peupliers du jardin.

Veinés de blanc-crème, les amples fers de lance persisteront jusqu’en été. L’Arum sauvage abandonnera alors son feuillage pour se concentrer sur son inflorescence. Mais celle-ci, avec ses effluves nauséabonds, propres à piéger les mouches, tient davantage de la curiosité botanique que du massif fleuri… Finalement, c’est bien en hiver que les vigoureuses touffes du Gouet d’Italie sont les plus réjouissantes. Profitons-en. Elles n’ont qu’un seul défaut. C’est d’être vite invasives.

Arum sauvage / Un jardin dans le Marais poitevin.

En fin de printemps, le feuillage perd de sa superbe et finit par disparaître. Se développe alors une spathe en cornet, jaune pâle à verdâtre, à la base duquel se trouve le « piège à mouches ».

Attirées par une odeur d’excréments, les mouches pénètrent dans le réceptacle à la base la la spathe. Elles n’y trouvent rien mais ne peuvent plus sortir. Les cils qui les retiennent prisonnières ne flétriront qu’une fois la fécondation assurée. Il est vrai qu’ à force de tourner en rond et de se démener, les mouches ont tôt fait de disperser le pollen…

Fin d’été, début de l’automne : feuillage et spathe ont entièrement disparu. D’abord vertes, en hauts épis serrés, les graines passent progressivement à l’orange puis au rouge vif.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Orchidées de Poitou-Charentes et Vendée, Jean-Claude Guérin, Jean-Michel Mathé, André Merlet, Maryvonne Lorgeré, 1995, Éd. Méloé.
  • Avec l’herbier numérique du site flore-en-ligne.fr
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com

Photos JF Irastorza