La Noctuelle fiancée

La Noctuelle fiancée

La Noctuelle fiancée. Un des papillons les plus redoutés au potager. Pour ses chenilles. Les fameux vers gris. Grands amateurs de plants de salades.

Chenille de la Noctuelle fiancée, le trop fameux Vers gris / Un jardin dans le Marais poitevin.

Longueur maxi de la chenille : 50 mm. Envergure maxi de l’adulte : 55 mm. Période d’observation : juin à octobre.

Par facilité, on parle souvent de « la » noctuelle pour évoquer un des principaux ravageurs du potager. La chenille particulièrement vorace d’un papillon de nuit. En fait, la famille « des » noctuelles est particulièrement nombreuse ! Et leurs larves, dont les terricoles « vers gris », sont souvent difficiles à distinguer les unes des autres.

Voici, parmi les quelque 700 espèces de l’hexagone, l’une des plus familières du jardin. La Noctuelle fiancée (Noctua pronuba). D’où lui vient le surnom de fiancée ? Peut-être de ses ailes postérieures jaunes bordées de noir que la « belle » dévoile, à la manière d’un jupon, lorsqu’elle est en mouvement… 

Un jaune très voyant en vol. Mais, en cas de danger, il lui suffit de se poser pour « disparaître ». Ailes repliées, la tenue de camouflage est alors parfaite. Avec de multiples nuances de brun et un décor terne souvent peu lisible : une sorte de « haricot » sombre au centre de chaque aile et une petite tache noire à l’apex. Même dans la verdure des allées, ne dirait-on pas une petite feuille morte ?

La Noctuelle fiancée, ailes repliées.

Noctuelle fiancée de profil.

Gare au vers gris !

Un plan de salade tout « flagada » au petit matin ? Pas besoin de gratter bien loin pour en trouver la cause… Une larve de noctuelle, membre de la confrérie des « vers gris », tous grands amateurs de jeunes plants pris en collet. Déterré, il se met en boule et fait le mort. Mais très vite, il essaie de s’enfouir, direction ici le plan de salade suivant. Mieux vaut ne pas le laisser faire. En quelques jours, il ferait son affaire de tout le rang de batavias !

Sus aux noctuelles !

Bombyle ottentot sur fleurs de lierre.

Si vous avez la chance d’apercevoir le Bombyle hottentot, faites-lui bon accueil au jardin ! La femelle pond dans la terre meuble du potager. À charge pour les larves d’y traquer les chenilles de noctuelles pour les parasiter !

En savoir plus :

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La famille des noctuelles et la Noctua pronuba avec le site aramel.free.fr

 Photos JF Irastorza

 

Le Pennipatte bleuâtre

Les pattes hérissées de soies pour mieux « cueillir » les insectes en vol, le Pennipatte bleuâtre est en chasse…

Les généreuses touffes des hémérocalles et des lupins arbustifs rassemblent nombre de moucherons et autres petits insectes. Voilà un excellent terrain de chasse pour le Pennipatte bleuâtre, alias l’Agrion à larges pattes (Platycnemis pennipes). Mâles (bleu clair) et femelles (brun pâle) commencent à y prendre position ces jours-ci.

Les deux sexes arborent la spécificité de l’espèce : des tibias blanchâtres aplatis, soulignés d’un liseré noir, hérissés de longues soies noires. D’où le qualificatif latin de « pennipes » (dont s’inspire le nom de Pennipatte) par allusion à des pattes « en forme de plume ».

L’histoire ne dit pas si l’attribut est objet de séduction. C’est avant tout une arme redoutable. Lorsqu’il est à l’affût, l’agrion se jette en effet sur les petits insectes volant à proximité. Comme autant de puissants râteaux, ses tibias se referment alors sur les proies qui, prisonnières, sont ramenées au poste d’observation pour dégustation.

D’un sexe l’autre

Pennipatte bleuâtre sur rudbeckia.

D’abord blanchâtres, les mâles immatures virent assez vite au bleu, plutôt pâle. La ligne dorsale noire, ici encore très fine, va progressivement s’épaissir.

Agrion à larges pattes, femelle

La couleur dominante de Madame varie d’un individu l’autre. Tout en restant pâle. Elle arbore en outre deux lignes noires finement disjointes en face dorsale de l’abdomen.

Accouplement sur une feuille d’ortie. Les « larges pattes » sont les mêmes pour Monsieur et Madame, l’un et l’autre excellents chasseurs en vol.

En savoir plus : 

Photos JF Irastorza

 

Le Bourdon des friches

Bourdon des friches sur digitale.

Il y a des butineurs et des fleurs qui semblent faits l’un pour l’autre. Comme le Bourdon des friches et la Digitale…

Bourdon des friches sur digitale.

Taille maxi : 25 mm. Visible d’avril à août.

On songe bien-sûr au familier Bourdon des jardins (Bombus hortorum), amateur lui aussi des corolles caverneuses de la digitale. Mais si la livrée est comparable, la mise est ici davantage soignée. Voilà donc le Bourdon des friches (Bombus ruderatus) qui prend le contre-pied des a priori avec une fourrure dense, courte, bien moins broussailleuse que celle de son cousin des jardins !

D’une taille respectable, la solide silhouette frise les 20 mm. On y distingue un décor bien net sur fond noir. D’abord le fameux « cul blanc » en trois lignes grisonnantes, largement échancré vers l’avant. Puis les bandes dorées emblématiques : ceinture, collier et, entre les deux, une bande thoracique plus massive, jaune paille, qui affecte parfois la forme d’un coeur…

Comme celui des jardins, le Bourdon des friches a une très longue langue qui lui permet d’accéder aux tubes nectarifères les plus profonds. Cela dit, avec la digitale, il lui faut malgré tout se faufiler le plus loin possible. Et ressortir en marche arrière !

Bourdon des friches sur digitale.

Le cousin « du jardin »

Plus échevelé que le Bourdon des friches, son cousin dit des jardins (Bombus hortorum) se distingue notamment par une large ceinture jaune qui semble déborde sur l’arrière du thorax.

En savoir plus : 

  • Albouy, 2005, Le Bourdon, Belin /Opie Poitou-Charentes.
  • Bellmann, 2019, Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Delachaux & Niestlé.
  • Les bourdons avec le site aramel.free.fr
  • Bombus hortorum avec la galerie du site insecte.org
  • Bombus ruderatus avec la galerie du site insecte.org

Photos JF Irastorza