Monsieur Anthidie interrompue

Monsieur Anthidie interrompue sur capitule d'artichaut.

Clipéus et mandibules blanc nacré : et si la fantaisie faciale de Monsieur Anthidie interrompue était avant tout dissuasive ?

Monsieur Anthidie interrompue sur capitule d'artichaut.

Taille maxi : 14 mm. Visible en juin-juillet.

En référence au bouclier des soldats antiques, le clipéus protège la face des abeilles sauvages. Entre les deux yeux. Juste au dessus des mandibules. Chez Monsieur Anthidie interrompue (Trasucha interrupta), cette « plaque » est beaucoup plus qu’une protection. Belliqueux, il faut le voir en effet défendre son territoire en fonçant sur concurrents et intrus. Alors, quand on joue les béliers, mieux vaut avoir la tête dure !

Est-ce pour cela que, contrairement à la plupart des autres membres de la famille, y compris Madame, ladite « plaque » n’est pas jaune, à l’unisson des rayures abdominales, mais blanc nacré. Comme les mandibules d’ailleurs. Histoire d’impressionner son monde peut être…

Ainsi, depuis plusieurs années, d’une génération l’autre, les Anthidies du jardin semblent avoir conclu une sorte de pacte territorial : la Mélisse officinale pour l’Anthidie à manchettes, les artichauts en fleurs pour l’Anthidie interrompue. Quand à l’Anthidie sept-épines, elle est personae non grata. Qu’importe : il lui reste les Salicaires et l’Épiaire des marais ! 

Monsieur Anthidie interrompue sur capitule d'artichaut.

Anthidie interrompue sur capitule d'artichaut en fleurs.

Les marques abdominales des anthidies s’ordonnent habituellement par paires. L’Anthidie interrompue fait exception dans la famille avec trois bandes continues, quoiqu’échancrées, sur la moitié postérieure de l’abdomen.

En savoir plus :

  • Bellmann 2019, Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Delachaux & Niestlé.
  • Boyer 2015, Abeilles sauvages, Ulmer.
  • Vereecken 2018, Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Glénat.
  • Vincent Albouy 2005, Le Bourdon, Belin Éveil nature.
  • Les abeilles solitaires avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza 

 

La Mégachile lagopoda

Mégachile lagopoda, mâle, sur capitule de Gaillarde.

Des tarses avant aplatis, frangés de longues soies blanches : voilà les « poignets laineux » de la Mégachile lagopoda. L’apanage de mâles si peu conviviaux !

Mégachile lagopoda, mâle, sur capitule d'artichaut en fleurs.

Chaque année, quelques têtes d’artichaut sont laissées à fleurs. Très appréciées des abeilles sauvages et des papillons, elles s’épanouissent en début d’été. Patience…

On se souvient des foucades de ces Messieurs, l’été dernier, sur la planche des artichauts en fleurs. Les mâles de la Mégachile poignets-laineux (Megachile lagopoda) sont de retour au jardin. Comment ne pas les remarquer… Pas de femelle encore à l’horizon ? Les bougres n’en sont que plus irascibles.

En attendant les généreux capitules mauves, ils sont quelques prétendants à vouloir s’approprier les touffes de Gaillarde et de Scabieuse. Intolérants entre eux, ils ne supportent pas davantage les autres butineurs. Cela dit, les halictes ne manquent pas de répondant. Les bourdons non plus.

Les kékés reviennent inlassablement à la charge. Pourtant, leurs fameux « poignets laineux » n’impressionnent personne. Drôle de coquetterie en vérité que ces tarses avant, élargis, abondamment hérissés de soies blanches !

Un comble : c’est à peine si les trublions prennent le temps de butiner eux-mêmes. Chaque chose en son temps sans doute. D’abord établir et défendre un territoire. En prévision de l’émergence de ces dames.

Sources :

Megachile lagopoda, mâle, en pause sur fleur de Gaura.

Brève pause en fin d’après-midi sur les fleurs fanées du Gaura. Au-delà des longues soies blanches des tarses avant, une pilosité courte mais dense. Jusque sur la face aux grands yeux noirs. On perçoit bien également ici les tibias arrière, très épaissis et arqués.

 

L’Osmie rousse commune

Osmie rousse commune sur fleur de pommier.

Voilà quelques semaines déjà qu’inlassablement l’Osmie rousse commune passe et repasse sur les fleurs blanches des haies et des arbres fruitiers du jardin.

Elle est moins flamboyante que sa cousine l’Osmie cornue (Osmia cornuta) dont l’abdomen rouge-brique tranche sur un thorax d’un noir bien franc. Egalement plus petite (surtout le mâle qui frise tout juste le centimètre), l’Osmie rousse commune (Osmia bicornis) n’en est pas moins tout aussi hyperactive au jardin. 

Hélas, les pétales blancs des prunelliers puis des pruniers viennent de partir au vent. Heureusement, en attendant l’aubépine et le cornouiller sanguin des haies, vivent les pommiers ! 

Le gel du début avril n’en a pas eu raison. Des milliers de fleurs blanches nuancées de rose. De quoi donner le tournis à l’Osmie rousse commune. Elle ne tient pas en place.  À peine posée, aussitôt repartie. Comme si elle avait peur de manquer ! 

Sa robe toute en nuances mêle brun et fauve au thorax. Puis, rythmé de bandes de fourrures jaune-orangé sur les premiers segments, l’abdomen s’achève sur une sobre plage noire. Sans oublier la lumineuse brosse ventrale orangée, indispensable à la collecte du pollen.

Sources : 

Osmie rousse commune sur fleur de pommier.

Madame Osmie cornue sur fleur de romarin.

L’Osmie cornue (Osmia cornata) est un peu plus grande. Elle présente surtout une livrée très tranchée : tête et thorax noirs, abdomen d’un lumineux rouge brique. Les femelles des deux espèces présent, comme ici, deux petites cornes faciales. Les mâles en sont dépourvus et arborent plutôt un toupet blanchâtre au front.