Monsieur Halicte de la Scabieuse

Halicte de la Scabieuse sur fleur de cosmos.

Élancé dans son costume rayé, Monsieur Halicte de la Scabieuse ne manque pas d’allure. Une silhouette longiligne qu’accentuent ses hautes antennes.

Pas si petit que cela ! Monsieur Halicte de la scabieuse (Halictus scabiosae) frise tout de même le centimètre et demi. Il n’en parait pas moins fluet. Au regard notamment de l’étroitesse de son long abdomen plat. D’autant que, loin d’être hirsutes, les bandes grises de celui-ci sont délicatement feutrées.

Certes, le thorax est davantage velu. La nuque et la face également. Mais, brune, voire roussâtre, parfois grisâtre, la fourrure y est à la fois fine et harmonieusement répartie. D’où cette impression de mise soignée qu’accentuent les étroites ailes, légèrement fumées, sagement repliées sur l’abdomen au repos.

Mais se sont évidemment ses superbes antennes qui le distinguent entre tous les butineurs du jardin. Fièrement dressées lorsqu’il butine, elles affectent une élégante courbure, avec, subtile raffinement, une pointe en forme de crochet.

Lorsqu’il passe au jardin, Monsieur Halicte de la scabieuse ne manque jamais de visiter les cosmos. Peut-être est-il sensible à l’harmonie des couleurs…. Fémurs noirs, tibias et tarses jaune paille : ses pattes sont en effet au diapason des petits fleurons qu’il butine avec tant d’assiduité !

Au repos sur une feuille de dahlia. Ne comptez pas apercevoir Monsieur Halicte de la scabieuse au printemps. Seules les femelles, fécondées l’été précédent, passe en effet l’hiver. Les mâles émergent bien plus tard. En coeur de l’été. L’existence de ces messieurs se résume ainsi à la belle saison. Pour copuler et mourir.

Le profil longiligne caractéristique de Monsieur Halicte de la scabieuse, ici sur une inflorescence de bardane au bord du halage.

Sur une inflorescence de Menthe aquatique.

Deux mâles, les rayures abdominales grisâtres pour l’un, plutôt fauves pour l’autre.

En automne jusqu’aux premières gelées, ici avec la complicité de la centaurée.

Exploration des délicates coroles de Cataleptique.

Sur la floraison constamment renouvelée de Verveine de Buenos aires.

Les pattes jaunes se confondent avec les fleurons de l’Aster lancéolé.

Et voici Madame !

Madame Halicte de la scabieuse lisse ici ses antennes, sur un capitule d’Échinacée. Des antennes plus courtes, coudées  et non « crochetées ». L’abdomen, également plus court, présente des bandes doubles, ocres et jaune clair.

En savoir plus :

  • Bellmann 2019, Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Delachaux & Niestlé.
  • Boyer 2015, Abeilles sauvages, Ulmer.
  • Vereecken 2018, Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Glénat.
  • Les halictes avec le site aramel.free.fr
  • Halictus scabiosae avec la galerie du Monde des insectes

 Photos JF Irastorza 

 

Le sommeil de l’Anthidie

Le sommeil de l'Anthidie / Un jardin dans le Marais poitevin.

Insolite le sommeil de l’Anthidie ! Pour la nuit ou une simple sieste, l’abeille sauvage s’accroche à une haute tige sèche. Sans les pattes !

On a vu voilà peu l’Anthidie septemspinosum affairée sur les hautes salicaires du bord de Sèvre. Dans la famille, on est du genre hyper-actif. Mais une petite sieste n’a jamais fait de mal ! Surtout chez les mâles. Alors, il n’est pas rare de surprendre le sommeil de l’Anthidie. Même en pleine journée. Plutôt à mi ombre.

Bien-sûr, comme tout un chacun, il lui arrive de faire une pause sur la première feuille venue. Voire de s’assoupir sur une fleur. Mais là, rien de vraiment sérieux. Non, pour dormir, vraiment, sa position favorite est plus étonnante.

Elle choisit d’extrémité d’une haute tige sèche. Comme beaucoup d’insectes sans doute. Certes… Mais sans les pattes ! Comment tient-elle ? Ce sont ses puissantes mandibules qui s’accrochent à la tige. Et lui permettent alors de se détendre. À l’horizontale. Les antennes relâchées. Les pattes ramenées en arrière. Ou tout simplement pendantes. Benaise, comme on dit en Poitou !

Fin juin 2020. Trop de nuages, de fraîcheur et de vent. Accrochée par ses seules mandibules, l’Anthidie sp. endormie attend le retour du soleil…

Mi juillet 2021. Chut, grasse matinée sous un ciel couvert. Toutes pattes repliées,simplement accroché à quelques fleurons d’artichaut, par la seule force de ses mandibules.

En savoir plus : 

  • Bellmann 2019, Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Delachaux & Niestlé.
  • Boyer 2015, Abeilles sauvages, Ulmer.
  • Vereecken 2018, Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Glénat.
  • Les Anthidiies avec le site aramel.free.fr

 Photos JF Irastorza 

 

 

L’Anthidie et la Salicaire

Anthidie sur l'épi floral de la Salicaire / Un jardin dans le Marais poitevin.

Pas question de partager le nectar de la salicaire. L’Anthidie septemspinosum manque singulièrement de tolérance. Et le mâle de délicatesse.

Anthidie sur l'épi floral de la Salicaire / Un jardin dans le Marais poitevin.Elle a beau être abeille solitaire, l’Anthidie n’en a pas moins l’esprit tribal. Voire xénophobe. Elle a ici jeté son dévolu sur le grand chandelier d’une Salicaire proche du jardin. Et gare à tout butineur « étranger », même plus ou moins cousin, qui ose s’en approcher !

Il faut montrer pattes noires pour espérer profiter de la manne des petites fleurs pourpres. Mais pas seulement. Encore faut-il avoir les ailes fumées, deux petits points jaunes à l’arrière de la tête et, bien entendu, dix petites bandes jaune vif dessinant un grand V sur le fond noir de l’abdomen.

Ah, encore une précision : les deux bandes antérieures doivent impérativement former comme une « virgule » légèrement décalée et descendre plus bas sur les côtés que les suivantes. Bref, en l’occurrence, il faut être une Anthidie septemspinosum ! Excusez du peu.

En tout cas, le mâle ne s’y trompe pas. Nettement plus gros que ses congénères femelles, il déloge tout intrus sans ménagement. Mais aussi les autres mâles. Chasse gardée. Et de temps en temps, sans crier gare, le macho saute sur une butineuse. Un accouplement aussi furtif que brutal. Comment dit-on « Balance ton porc » chez les Anthidies ?

Anthidie septemspinosum, accouplement / Un jardin dans le Marais poitevin.

L’Anthidie septemspinosum, mâle, nettement plus gros que sa congénère femelle, dans un accouplement aussi furtif que brutal.

L’Anthidie n’hésite pas à bousculer les butineurs concurrents pour les chasser. Même les plus gros. Ici un moro sphinx.

Le sommeil de l’Anthidie : accrochée par la seule force des mandibules. On perçoit bien ici à la pointe de l’abdomen deux des « épines » dont usent les mâles pour défendre leur territoire.

En savoir plus : 

  • Bellmann 2019, Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Delachaux & Niestlé.
  • Boyer 2015, Abeilles sauvages, Ulmer.
  • Vereecken 2018, Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Glénat.
  • Les Anthidiies avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza