La Nomade rousse

Nomade rousse.

Une abeille coucou printanière. La Nomade rousse : abdomen rayé de jaune, thorax et tête rougeâtres, le reste à dominante rouille.

Elle a un look de petite guêpe. Mais c’est bien une abeille sauvage. À peine 12 mm. Avec un abdomen rayé de jaune vif. Sauf la première bande, à l’unisson d’une étrange dominante rouille. Des pattes aux antennes. Et jusqu’aux yeux ! La Nomade rousse (Nomada flava) est presque glabre, sauf thorax et tête qui présentent une fine pilosité rougeâtre.

Elle vient d’émerger au jardin. En même temps que les Andrènes. En particulier les Andrènes cinéraires. Normal. Puisqu’elle se reproduit à leurs dépens. La Nomade rousse est en effet une « abeille coucou ». Autrement dit, elle installe sa progéniture dans le nid d’un hôte involontaire.

À cette fin, elle cible et surveille quelques entrées de terriers. Un sixième sens semble l’avertir des pontes récentes. Elle profite alors de l’absence de la maîtresse des lieux pour entrer dans le nid et y pondre à son tour. Ses larves dévoreront le couvain puis les réserves de nectar et de pollen… Cela n’empêche pas la Nomade rousse de butiner. Mais pour son seul propre compte !

Sur capitule de pissenlit.

La cible favorite de la Nomade rousse 

Deux cousines 

Nomade commune sur Ficaire fausse renoncule.

La Nomade commune  parasite de l’Andrène noir bronze.

La Nomade fardée (N. fucata), parasite de l’Andrène à pattes jaunes .

En savoir plus :

Photos JF Irastorza 

 

Le Coelioxys inermis

Coelioxys inermis sur fleur de cosmos.

Une mégachile sans brosse abdominale : à quoi bon ! La Coelioxys inermis ne collecte pas de pollen. Elle confie ses larves à ses industrieuses cousines…

Coelioxys inermis sur fleur de cosmos.

Taille maxi : 10 mm. Visible de mai à septembre.

Voilà donc une petite abeille sauvage qui rappelle l’Epeolus fallax rencontré récemment sur la même bordure de cosmos. À plus d’un titre.

Même taille (environ un centimètre), même dominante noire marquée de blanc. Mais ici pas d’alignement de tâches claires sur l’abdomen. La Coelioxys inermis présente plutôt une série de barres blanches latérales qui vont s’amenuisant vers une pointe abdominale noire et nettement conique.

Le thorax est uniformément noir, là où l’Epeolus fallax présente quatre fins triangles blancs à l’avant du corselet. Enfin, les yeux sont sombres et non bruns ocelés.

Mais comme son voisin de butinage, la Coelioxys inermis est une « abeille coucou ». La femelle pond ainsi ses oeufs dans le nid d’une « travailleuse » dont les provisions nourriront ses larves. Pour ce faire, elle cible celui, soigneusement tapissé, d’une de ses cousines mégachiles. Avant que l’hôtesse involontaire ne le referme d’un ultime morceau de feuille découpé sur un rosier par exemple. Quitte à squatter, autant que sa progéniture profite d’un appartement sûr et confortable !

Coelioxys inermis sur fleur de cosmos.

Quitte à abandonner sa progéniture, autant le faire auprès d’une mégachile. Ça reste en famille !

Mâle au repos, armé de six épines à la pointe de l’abdomen.

Une proche cousine, Ceolioxys argentea, à la fine toison blanche, y compris sur les pattes. Et même sur les yeux. Le dessin très particulier des « bandes » abdominales est caractéristique. Il s’agit ici d’une femelle à l’abdomen pointu. Également parasite des mégachiles.

Ne pas confondre avec…

Epeolus fallax sur fleur de cosmos.

L’Epeolus fallax, parasite de la Collète du lierre, dont l’abdomen, orné de taches blanches, est moins effilé.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • Les mégachiles avec le site aramel.free.fr
  • Coelioxys inermis avec la galerie du Monde des insectes.

Photos JF Irastorza 

 

La Mégachile du rosier

Mégachile du rosier sur fleur de bourrache.

Minutieuse Mégachile du rosier ! À l’image des feuilles soigneusement découpées pour tapisser le nid de ses larves.

Mégachile du rosier sur inflorescence de crépis.

Taille maxi : 11 mm. Visible de juin à août.

Pas de brosse collectrice de pollen aux pattes arrière des mégachiles.  Mais sur l’abdomen ! C’est d’ailleurs ce qui frappe tout d’abord chez la Mégachile du rosier (M. centuncularis) : un ventre rebondi, jaune vif, à force de poussière d’or accrochée aux longs poils, raides et orangés, de sa brosse collectrice.

Les précieuses provisions sont réparties dans les cellules des futures larves qui s’en nourriront. Au creux d’un bambou par exemple où la nurserie est soigneusement aménagée. Avec des feuilles, notamment de rosier. D’où son nom.

Elle y découpe de petits confettis dont elle tapisse les parois du nid. Sans véritable dommage pour le rosier. Sinon esthétique peut-être en cas de prélèvement massif. Cela dit, mieux vaut quelques mégachiles qu’une attaque de rouille, d’oïdium, de mildiou ou de taches noires !

La Mégachile du rosier, ici sur inflorescence de Crépis,  l’abdomen relevé dans une posture caractéristique lorsqu’elle butine le nectar.

Au bord de la Sèvre sur les petites corolles fripées de la salicaire.

Début octobre. Tant qu’il y a du soleil ! Ici sur le massif d’asters.

Pluie, vent, ciel gris : un temps à… patienter, ici sur une feuille de coqueret du Pérou.

Vous avez dit « du rosier » ?

Si les rosiers n’ont pas grand chose à craindre de la petite mégachile, il en va autrement de la Tenthrède du même nom qui en incise les jeunes pousses pour y installer sa progéniture : des « psuedo chenilles » particulièrement goulues !

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • Megachile centuncularis avec la galerie du site insecte.org
  • Les mégachiles avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza