Rayonnante sensualité

Abeille sauvage, Anthophore plumeuse, sur fleur de Prunus serrulata / Un jardin dans le Marais poitevin.

Malgré une alerte au gel, la floraison des fruitiers semble sauvée. Celle du Prunus serrulata lui emboite le pas. Et de très belle manière !

Mouche éristale sur fleur de Prunus serrulata / Un jardin dans le Marais poitevin.Voilà quelques années, un vent d’exotisme japonisant a dû souffler sur le jardin. Avec le Jasmin d’hiver, le Forsythia mais également le Prunus serrulata qui amorce actuellement sa floraison.

Alors que poiriers, mirabellier et cerisiers en ont presque fini avec la leur – a priori sans dommage après le coup de frayeur d’une Grand bombyle sur fleur de Prunus serrulata / Un jardin dans le Marais poitevin.sévère gelée blanche l’autre nuit – voici donc un nouveau point de ralliement pour les pollinisateurs de tous poils !

Syrphes, bourdons et abeilles en ont vite trouvé le chemin. Il est vrai que le Prunus serrulata ne fait pas les choses à moitié. Même les boutons floraux participent à la séduction. Leurs grappes rose-vif battent énergiquement le rappel. Et les premières fleurs font le reste. Leurs corolles blanc-rosé flottent sous le vent. Le moindre rayon de soleil en sublime la rayonnante sensualité.

Hélas, la pluie et les orages annoncés pour la semaine prochaine pourraient gâcher la fête. On ne va pas trop s’en plaindre. Le jardin commençait à avoir soif.

Osmie cornue sur fleur de Prunus serrulata / Un jardin dans le Marais poitevin.

 

Il est urgent d’attendre

Forsythia / Un jardin dans le Marais poitevin.

Pas vraiment un autochtone. Le Forsythia a eu son heure de gloire japonisante voilà quelques décennies. Jusqu’en bord de Sèvre.

Forsythia / Un jardin dans le Marais poitevin.Incontournable. Trop peut-être. Jadis exotique, aujourd’hui presque banal. N’empêche ! Le Forsythia a parfaitement trouvé sa place au jardin. Alors qu’importe finalement son incongruité au pied des peupliers !

Le rabattage et le nettoyage de l’an passé semblent avoir stimulé la vieille et robuste souche. L’arbuste est reparti de plus belle et donne actuellement le meilleur de lui-même.

Son éblouissante floraison jaune d’or est réputée marquer la fin de l’hiver. Encore que, cette année,  elle donnerait presque l’impression d’être en retard.

Taratata ! Pas de folie : pour semis et plantations de pleine terre, il est encore urgent d’attendre ! A deux pas, les bourgeons du lilas viennent à peine d’éclater. Davantage que le forsythia, c’est lui le véritable ambassadeur du printemps. La sagesse populaire ne veut-elle pas qu’il faille un bouquet de lilas pour saluer la plantation des premières pommes de terre ?

Sources : 

Forsythia / Un jardin dans le Marais poitevin.

Jasmin d'hiver / Un jardin dans le Marais poitevin.

Il n’a pas attendu le Forsythia pour fleurir ! Pas une feuille en cette saison pour le Jasmin d’hiver mais un fouillis de longs sarments verts au bord de la mare. Et une multitude de bourgeons violacés puis de petites trompettes jaunes…

 

Le mystère de la coccinelle orange

Grande coccinelle orange (Halysia sedecimguttata), sur galle de l'érable / Un jardin dans le Marais poitevin.

Simple refuge ou petite faim ? La coccinelle orange a dû éventrer la galle de l’érable pour y pénétrer.

Galle de l'érable, sur rameau / Un jardin dans le Marais poitevin.Dans le fourré voisin, les feuilles de l’érable champêtre jonchent le sol. Et, avec elles, les petites galles qui les ont parasitées l’été dernier. Quelque-unes sont restées accrochées à certains rameaux. De petites billes brunes, percées d’un trou par où sont sorties les larves. Mais que fait donc cette coccinelle orange au creux de l’une d’entre elles ?

Seize taches blanches, bord des élytres translucide : il s’agit d’une Halysia sedecimguttata, familière des sous-bois. Elle est réputée se repaître des champignons infectant notamment le revers des feuilles. Au point que d’aucuns la verraient bien devenir auxiliaire du jardin dans la lutte contre le mildiou. N’exagérons rien !

Est-ce justement une prolifération cryptogamique à l’intérieur de la galle qui l’a poussée à l’éventrer ? Ou bien est-ce pour y dévorer la larve ? Puisque l’Halysia est aussi volontiers carnivore. A moins que cela soit tout simplement pour se mettre à l’abri… Le mystère de la coccinelle orange reste entier.

Source :

Galle de l'érable, sur feuilles mortes au pied de l'arbre / Un jardin dans le Marais poitevin.

Deux autres galles du jardin : celle de l’églantier – comme un gros pompon accroché sur la haie – provoquée par une petite guêpe, la Cynips du rosier….

… et celle du peuplier : la déformation « tire-bouchonnée » du pétiole est l’oeuvre du Pemphigus spyrothecae, un puceron très spécialisé.