Monsieur Poliste gaulois

Poliste gaulois mâle.

Les Polistes gaulois mâles viennent de faire leur apparition. Leur seule mission : féconder les futures reines. Elles passeront l’hiver. Pas eux.

Poliste gaulois mâle.

Taille maxi : 18 mm (reine). Visible d’avril à octobre.

Comme chez les autres guêpes sociales, les Polistes gaulois mâles (Polistes dominula) n’émergent qu’en fin d’été. Auparavant, les reines produisent uniquement des ouvrières. Autrement dit des individus asexués. Le meilleur moyen d’avoir une colonie industrieuse. Sans bisbille inutile. Sans autre préoccupation que d’entretenir le nid et chasser pour nourrir les larves. Encore et encore.

Et puis, à l’approche de l’automne, la colonie est devenue assez vigoureuse pour sa véritable mission : choyer l’ultime couvée. Et quelle ! Les futures reines. Et les mâles appelés à les féconder. 

On commence actuellement à les voir au jardin. Quoiqu’un peu plus grosses, les jeunes femelles ressemblent beaucoup aux ouvrières. Ces messieurs s’en distinguent notamment par leur face triangulaire jaune, leurs yeux verts et l’extrémité recourbée de leurs antennes.

Ils ne vivront pas bien longtemps. Fauchés comme les ouvrières par les premières gelées. Seules les futures reines passeront l’hiver. À l’abri d’un arbre creux, d’un terrier ou d’un cabanon. Elles réapparaîtront en mars-avril. Avec une obsession. Trouver quelqu’endroit discret pour fonder leur propre colonie.

Poliste gaulois mâle.

Face jaune, yeux virant au vert, extrémité des antennes crochue : les Polistes gaulois mâles apparaissent fin août début septembre et ne survivent pas aux premières gelées.

Poliste / Un jardin dans le Marais poitevin.

Clypéus jaune sur face à dominante noire, antennes orange en forme de massue non tire-bouchonnée… En fin d’hiver, début de printemps, il n’y a pas de question à se poser : seules les jeunes femelles fécondées ont passé la mauvaise saison. Nous sommes ici mi-mars et, tout juste sortie de sa léthargie, la future reine prend des forces sur le Laurier tin.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux et Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Poliste gaulois avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza

 

Le Chrysotoxe festif

Le Chrysotoxe festif.

Avec ses solides antennes vissées droit devant sur une face jaune, le Chrysotoxe festif ne départ pas des standards du genre.

Chrysotoxe festif

Quoi de plus facilement accessible que le nectar et le pollen du Gaura ? Les syrphes en tous genres ne s’en privent pas actuellement. Notamment le Chrysotoxe festif (Chrysotoxum festivum) dont on a pu croiser ici deux cousins plus communs voilà peu. C. prudent et C. intermédiaire.

Malgré son nom, celui-ci n’a pas dû être à la fête dernièrement. Le flanc gauche avant porte en effet les stigmates de l’agression d’un parasite ou d’un prédateur. La plaque dorsale a pu tant bien que mal se ressouder mais la première lunule jaune reste explosée façon puzzle.

L’espèce se reconnaît notamment à ces paires de bandes jaunes, plutôt étroites, incurvées vers l’arrière. À noter enfin des pattes jaune orangé et des ailes fumées, rouille orangé, marquées d’une tache sombre presque carrée.

Fidèle aux traditions familiales, ou plutôt du genre, le régime du Chrysotoxe festif est floricole quand ses larves ont besoin de protéines. Les femelles pondent dès lors au collet des plantes potagères là où ces satanées fourmis élèvent des pucerons racinaires.

Chrysotoxe festif.

En savoir plus : 

Photos JF Irastorza

 

Le Syrphe pyrastre

Voilà du renfort pour les chasseurs de pucerons au jardin : le solide Syrphe pyrastre, moins précoce mais des larves tout aussi voraces !

Le Syrphe pyrastre alias le Syrphe du poirier.

Taille maxi : 15 mm. Visible de février à novembre.

Cela fait déjà des semaines, sinon des mois, depuis la fin de l’hiver, que les syrphes et leurs larves font la chasse aux pucerons. Il en manquait un. Et non des moindres. Le Syrphe pyrastre (Scaeva pyrastri), alias le Syrphe du poirier, est un des plus costauds. Jusqu’à 15 mm. Plutôt du genre estival, il émerge généralement en juin avec les premières chaleurs. Il est servi cette année !

On l’appelle parfois Syrphe à croissants. Allusion aux lunules blanches qui scandent son abdomen noir brillant. Les deuxièmes et troisièmes paires sont obliques et ne touchent pas le bord des tergites. Le thorax sombre s’anime d’une pilosité roussâtre sur les côtés. Et, finement velus, les yeux bordeaux tranchent sur une face blanche.

Plusieurs générations se succèderont d’ici l’automne. Avec, à chaque fois, de nouveaux bataillons de chasseresses de pucerons. Puis, dès les premiers frimas, les dernières larves chercheront un abri. Au creux d’une écorce ou sous la litière de feuilles mortes. Là, elles deviendront pupes et attendront la fin du prochain printemps pour émerger. 

Le Syrphe pyrastre alias le Syrphe du poirier.

À l’approche de la Sauge argentée.

Syrphe du poirier sur Cirse des champs.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, 2024, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Syrphe pyrastre avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza