Prise de tête automnale

Aeschne bleue, accouplement.

Il n’y a pas que le printemps ou l’été pour les acrobaties amoureuses ! Témoin l’Aeschne bleue ici aux abords de la Toussaint…

C’est, avec le Sympétrum rayé notamment, une des libellules les plus tardives du marais. Bien sûr, le gros de la troupe de l’Aeschne bleue (Aeshna cyanea) est estival, mais quelques individus font ainsi de la résistance jusqu’à la mi-novembre…  Et, jusqu’au bout, ils n’ont de cesse que de trouver l’âme soeur. Plutôt deux fois qu’une !

L’accouplement débute en vol. Puis, si le tandem est compatible, les amours se poursuivent, longuement, à l’accroche ici d’une branche de charme. 

Sacrée gymnastique. Le mâle saisit fermement la femelle par la nuque à l’aide de ses solides pinces anales. Consentante, Madame replie alors son abdomen jusqu’à toucher le deuxième segment de Monsieur. Bingo ! Car c’est au prix de cette inconfortable contorsion que les deux acrobates peuvent mettre en contact leurs pièces copulatrices… La femelle ira pondre, seule, dans un fossé envasé où ses larves se développeront pendant un à deux ans.

Aeschne bleue, accouplement.

Par définition, les deux sexes sont ici rassemblés et facilement identifiables : trois couleurs pour la femelle (vert-pomme, marron, noir) et quatre pour le mâle (les mêmes plus le bleu-ciel).

En savoir plus  : 

  • Guide des libellules de France et d’Europe, 2021, Dijkstra, Schröter et Lewington, Delachaux & Niestlé.
  • Libellules du Poitou-Charentes, 2009, collectif, Poitou-Charentes Nature (Ed).
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.

Photos JF Irastorza 

 

L’Épeire porte-croix

Epeire porte-croix et sa proie.

Si l’Épeire porte-croix capture ici une abeille, son régime très varié en fait un bon auxiliaire au jardin où elle participe à la régulation des insectes ravageurs.

Epeire porte-croix.

Taille maxi : 22 mm. Visible de juin à septembre.

Et dire que la vaste toile était parfaite ! L’Épeire diadème (Araneus diadematus), alias l’Épeire porte-croix, l’avait soigneusement tendue au petit matin entre deux pommiers du jardin. En quelques secondes, la voilà dépenaillée, secouée par les soubresauts d’une abeille soudainement prise au piège. 

À vrai dire, l’agitation désespérée ne dure que quelques secondes. Jusqu’alors bien cachée, la grosse araignée surgit de nulle part et se rue sur sa proie. Celle-ci est vite « emmaillotée ». Plus aucun mouvement n’est possible dans cette camisole de soie blanche.

Avec l’automne, l’Epeire diadème est parvenue à pleine maturité. Brun orangé, marquée ici et là de rouille, notamment sur les pattes, elle présente une large croix blanche sur le dos. Il s’agit là d’une femelle à l’abdomen bien rebondi. La ponte aura sans doute bientôt lieu. À l’abri d’un cocon jaunâtre, dans quelqu’anfractuosité d’une écorce où les oeufs passeront l’hiver. La nouvelle génération apparaitra dès les premiers beaux jours.

Epeire porte-croix et sa proie.

La toile a beaucoup souffert de la capture. Qu’importe ! L’Épeire porte-croix en reconstruira une nouvelle demain au petit matin. À moins que le moment soit venu pour elle de pondre…  Une fois le cocon refermé sur les oeufs, elle se laissera mourir.

En savoir plus : 

  • Araignées de France et d’Europe, Michael J. Robert, 2020, Delachaux & Niestlé.
  • L’Épeire porte-croix avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza

 

La Xylote indolente

Xylote indolente sur feuillage d'une haie.

Gourmande de miellat, la Xylote indolente fait le ménage au jardin où elle coupe ainsi court à l’élevage de pucerons par les fourmis.

Xylote indolente.

Taille maxi : 15 mm. Visible d’avril à novembre.

Contrairement aux autres syrphes du jardin, on ne voit guère la Xylote indolente (Xylota segnis) naviguer de corolles en capitules. Elle furète plutôt sur le feuillage des haies et des buissons. Voire des légumes. Pas si indolente que cela d’ailleurs ! Mais que cherche-t-elle ainsi inlassablement ?

À proprement parler, elle ne chasse pas. Elle n’est en effet pas carnivore. Non. Elle est plutôt en quête de gourmandises à lécher sur les feuilles. Du pollen dispersé par le vent et surtout divers miellats produits par des insectes parasites, pucerons, aleurodes ou cicadelles. 

En faisant consciencieusement le ménage, elle coupe court à la prolifération d’autres amateurs de ces excrétions sucrées. Les champignons tels que la fumagine par exemple. Sans oublier les fourmis. Pas miellat, pas d’élevages de pucerons. Tant mieux !

Avec son thorax bronze et ses ailes légèrement fumées, la Xylote indolente est facile à reconnaître. Surtout grâce à ses longues pattes arrière. Avec de solides fémurs noirs tachés de blanc dessus, hérissés d’épines dessous. Et des tibias jaunes et noirs fortement arqués.

Xylote indolente sur feuille de Bident feuillé.

Les larves de la Xylote indolente se développent dans le bois pourrissant des arbres morts.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, 2024, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le Guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Guide la la vie sauvage du jardin, Michael Chiney, 2002, Delachaux & Niestlé.
  • La Xylote indolente avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza