L’Empis marqueté

Empis marqueté sur inflorescence d'érable champêtre.

Amateur de pollen et carnassier : malgré son physique plutôt ingrat, l’Empis marqueté compte parmi les insectes auxiliaires du jardin.

Taille maxi : 11 mm. Visible d’avril à aout.

Une assez grosse mouche, haut perchée sur des pattes hérissées de longues soies noires. Le tableau est certes peu engageant. On aurait tort cependant de faire la moue. L’Empis marqueté (Empis tessellata) mérite mieux que cela.

Difficile de le confondre avec une autre mouche. D’abord avec ses ailes aux attaches et aux bordures roussâtres. Un thorax gris bleuté ensuite, fortement marqué de bandes longitudinales noires. Une petite tête ronde enfin, bien dégagée, dominée par des yeux globuleux bordeaux et des antennes plumeuses. 

C’est surtout son mode de vie qui le rend intéressant au jardin. Avec un régime alimentaire mixte. Grand amateur de nectar, ici sur les inflorescences de l’Érable champêtre, c’est un excellent butineur. Mais il est aussi carnassier et participe ainsi à la régulation des espèces printanières. Il est notamment friand de moustiques ! Le mâle particulièrement qui, pour mieux séduire ses belles, est constamment en chasse. Quelle meilleure offrande en effet qu’un insecte fraichement capturé ? Si Madame le dévore, la rencontre est bien engagée…

Empis marqueté sur inflorescence d'érable champêtre.

Un long abdomen cylindrique, assez fin, surtout comme ici chez le mâle. Celui de la femelle est un peu plus replet.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, 2024, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le Guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Guide la la vie sauvage du jardin, Michael Chiney, 2002, Delachaux & Niestlé.
  • L’Empis marqueté avec les Carnets nature de Jessica

Photos JF Irastorza 

 

Le Caloptéryx éclatant

Caloptéryx éclatant, femelle / Un jardin dans le Marais poitevin.Une demoiselle de grande taille. Et pas de tenue de camouflage pour le Caloptéryx éclatant. Un sacré chasseur !

Galoptéryx éclatant, femelle / Un jardin dans le Marais poitevin.

Longueur maxi : 48 mm. Visible d’avril à septembre.

De mai à fin septembre, impossible de manquer le Caloptéryx éclatant (C. splendeur) venu chasser au jardin. Le nom lui va comme un gant. Avec de superbes couleurs métalliques. Bleu soutenu pour Monsieur. Vert bronze pour Madame.

Caloptéryx éclatant, mâle, les quatre ailes largement déployées / Un jardin dans le Marais poitevin.Au repos, leurs quatre ailes très finement nervurées sont le plus  souvent repliés de part et d’autre du long abdomen. Largement marquées de bleu foncé chez le mâle, elles restent translucides et verdâtres chez la femelle.

Redoutables prédatrices, ces « demoiselles métalliques » chassent en vol. Elles sont peu discrètes certes mais aussi vives que légères. Et rien ne doit leur échapper avec de tels yeux proéminents. De véritables petites billes pour une vue quasi à 360°.

La Sèvre est toute proche. Tant mieux donc si elles traversent régulièrement le halage et la haie pour venir au jardin. Leurs solides mandibules participent à l’équilibre du potager !

Jusqu’à 40 mm de longueur. Le Caloptéryx éclatant est d’une nature voyante. Ici sur un tapis de Ficaire fausse-renoncule.

Caloptéryx éclatant, mâle, ailes repliées / Un jardin dans le Marais poitevin.

Le Caloptéryx éclatant mâle surveille jalousement son territoire. Bleu métallique, il présente des ailes partiellement tachées de bleu sombre. Celles-ci restent hyalines à l’apex et à la base.

Vert métallique et bronze : Madame Caloptéryx éclatant au repos, mais les grands yeux toujours aux aguets, sur un épi de graminée.

Madame (oviscapte bien visible sous la pointe de l’abdomen) à l’affût sur une feuille de pommier. Pas de tache sur les ailes enfumées aux fines nervures vertes.

En savoir plus  :

  • Dijkstra, Schröter et Lewington, 2021, Guide des libellules de France et d’Europe, Delachaux & Niestlé.
  • Libellules du Poitou-Charentes, 2009, Poitou-Charentes Nature éd.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Caloptéryx éclatant avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza 

 

L’Épistrophe eligans

Épistrophe élégant sur feuille de cassis-fleur.

Une très jolie petite mouche. Cousin des syrphes, l’Épistrophe eligans scintille sous les premiers rayons de soleil du printemps.

Épistrophe élégant sur fleur de mirabellier.On pourrait croire à une Éristale miniature. En raison notamment d’un abdomen noir marqué, sur le deuxième segment, de larges taches jaune orangé plus ou moins triangulaires. La comparaison s’arrête là. De moindre envergure (1 cm tout au plus), l’Épistrophe eligans (évoque plutôt l’allure précieuse et brillante d’un petit bijou.  

La demi-lune dorée du stecullum donne le ton, rehaussant le bronze joliment patiné du thorax. Ailes et pattes sont à l’unisson alors qu’un anneau d’or cercle le troisième segment de l’abdomen.

Membre de la grande famille des syrphes, l’Épistrophe eligans en a hérité une belle aisance dans la pratique du vol stationnaire. Et ses larves sont les très bienvenues au jardin. Loin de se complaire dans les eaux fangeuses comme celles des Éristales, elles font une grande consommation de pucerons !

Sources : 

À ne pas confondre avec l’Éristale des fleurs, plus grande (1,5 cm) et dont le thorax noir a des allures de « tête de mort ». À noter également, sur les ailes, la fameuse nervure en « V » caractéristique des éristales là où l’Épistrophe élégant présente une ligne droite.