Le Syrphe des fourmilières

Syrphe des fourmilières.

On associe souvent pucerons à rosier, tomate et fève ! C’est oublier ceux qui, sous terre, puisent la sève des racines. Voilà la cible du Syrphe des fourmilières.

Syrphe des fourmilières.

Taille maxi : 12 mm. Visible de juin à août.

Un noir bien franc rayé de jaune vif. On songe à un membre de la famille des Chrysotoxes, champions dans l’imitation de la guêpe. Mais le Syrphe des fourmilières (Xanthogramma pedissequum) s’en distingue notamment par des pattes entièrement jaunes. Sauf les postérieures, brunâtres à partir de l’extrémité des fémurs. 

Par ailleurs, les bandes abdominales jaunes sont étroites et disjointes, hormis les antérieures qui, épaissies à la base, sont plutôt triangulaires. À noter enfin des ailes fumées, tachées de noir, avec des reflets métalliques.

Comme la plupart de ses cousins, voilà un auxiliaire très utile au jardin. Il installe en effet ses larves là où elles sont assurées de trouver leur met favori. Des pucerons ! Pas n’importe lesquels en l’occurence. La ponte a ainsi lieu sur une fourmilière – celle de la Fourmi jaune par exemple – spécialisée dans l’élevage souterrain de pucerons piqueurs-suceurs de racines.

Plusieurs générations se succèdent au jardin où le Syrphe des fourmilières est visible du printemps jusqu’en automne.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, 2024, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.

 Photos JF Irastorza 

 

 

La Libellule déprimée

Libellule déprimée, femelle, à l'affût en bordure d'une haie.

Massive, lumineuse, la Libellule déprimée est venue en couple au jardin. Avec la petite mare en point de mire.

Longueur maxi : 48 mm. Visible d’avril à mi-septembre.

Un abdomen large et plat. Brun bordé de jaune d’or chez la femelle. Bleu ciel chez le mâle. En ce début mai, la Libellule déprimée (Libellula depressa) fait ses premiers tours de piste au jardin. Elle prend ses repères. Branches, piquets de clôture ou de tomates… Tout est bon pour l’observation et l’affût !

Outre l’abdomen plat (d’où le qualificatif de « déprimée »), femelle et mâle  présentent les mêmes taches brunes nervurées de jaune à la naissance des ailles. Triangulaires pour les postérieures. Oblongues pour les antérieures. Mais pas de zone sombre supplémentaire à l’apex comme chez la Libellule fauve.

Le mâle présente un autre signe distinctif : des petites taches ovales – blanchâtres, jaunes et brun clair – en bordure de l’abdomen. Sans ménagement, il veille jalousement sur son territoire. Surtout aux abords de la petite mare du jardin où il accompagne ses belles jusqu’à la ponte. Voraces, leurs larves s’y développeront deux ans. Et voilà pourquoi il n’y a pas de moustiques au jardin ! 

Libellule déprimée, mâle, à l'affût en bordure d'une haie.

L’abdomen recouvert d’une pruine bleu ciel : le mâle présente en outre des marques ovales sur les côtés, jaunes, blanchâtres et brun clair.

À l’affût sur un des petits piquets de bambou qui marquent les semis au potager.

Ne pas confondre avec…

La Libellule fauve dont la pointe des ailes, outre les ptérostigmas, présentent de larges taches sombres à l’apex. Ici un mâle vieillissant. La pruine bleue s’estompe sur un abdomen plus effilé où domine désormais le brun.

En savoir plus  : 

  • Guide des libellules de France et d’Europe, 2021, Dijkstra, Schröter et Lewington, Delachaux & Niestlé.
  • Libellules du Poitou-Charentes, 2009, Poitou-Charentes Nature (Ed).
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Libellule déprimée avec le site nature22.com

Photos JF Irastorza 

 

La Cétoine à tarière

Cétoine à tarière sur inflorescence de scabieuse.

Les adultes noirs et gris de la Cétoine à tarière sont floricoles. La femelle perce l’écorce des arbres pourrissants pour y pondre.

Cétoine à tarière sur inflorescence de scabieuse.

Taille maxi : 10 mm. Visible d’avril à juillet.

Plus petite encore que le Drap mortuaire, la Cétoine à tarière, alias la cétoine punaise (Valgus hemisterus) présente une livrée tout aussi tristounette. La dominante est noire, à peine rehaussée par les stries profondes des élytres et quelques taches informes grisâtres.

Un peu comme chez la Trichie des rosiers, les courts élytres ne couvrent pas l’ensemble de l’abdomen. Les deux derniers segments en débordent, pourvus d’une toison grise, fine et serrée. Il s’agit ici d’un mâle. La femelle s’en distingue en effet en arborant une puissante tarière à la pointe abdominale.

Organe de ponte, ladite tarière injecte les oeufs dans les bois plus ou moins pourris. C’est là que vont se développer les larves. Un petit coléoptère bien utile donc qui contribue notamment à la décomposition des vieilles souches d’arbres morts. On pardonnera dès lors aux adultes de brouter les fleurs au lieu de les butiner. D’autant que les dégâts sont minimes. Sauf rare invasion. Il suffit alors de les collecter.

Cétoine à tarière sur inflorescence de scabieuse.

Au pied d’une haie. La petite Cétoine à tarière en visite sur une fleur rose vif du Géranium découpé.

Sur les grandes inflorescences de la rhubarbe.

En savoir plus : 

  • Coléoptères d’Europe, 2017, Vincent Albouy et Denis Richard, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Cétoine à tarière, alias la cétoine punaise, avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza