La Mouche soldat noir

La Mouche soldat noire.

Un solide corps allongé. Pas d’inquiétude. Au contraire. Au jardin, on doit à la Mouche soldat noir la bonne « digestion » du compost.

Longueur maxi : 20 mm. Visible de mars à octobre.

Autre temps, autres moeurs. Quand la Mouche soldat noir (Hermetia illucens) a reçu son nom vernaculaire, la féminisation des métiers et des fonctions n’était pas à l’ordre du jour… On la qualifierait plutôt aujourd’hui de « soldate noire ». Nonobstant son caractère parfaitement inoffensif !

Ses longues antennes peuvent prêter à confusion. Pourtant, ni guêpe ni abeille, c’est bien une mouche. À dominante noire mais les tarses jaune pâle, avec une pilosité grise sur les flancs, le thorax et la face. Les yeux sont par ailleurs joliment marbrés de vert et de bleu. Et les ailes luisantes, rousses, laissent entrevoir la pointe rougeâtre du long abdomen.

Le nom lui vient peut-être de ses larves. Des bataillons d’asticots qui prennent d’assaut les matières organiques en voie de décomposition. En cela, la Mouche soldat noir est la bienvenue au jardin où sa progéniture participe activement à la maturation des tas de compost. Encore qu’elles aient aussi la réputation d’acidifier le milieu. Personne n’est parfait.

La Mouche soldat noire.

Près de deux centimètres : malgré sa taille et son nom, voilà une mouche en rien agressive. Elle ne pique pas et préfère s’éclipser lorsqu’elle est dérangée.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, 2024, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le Guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Guide la la vie sauvage du jardin, Michael Chiney, 2002, Delachaux & Niestlé.
  • L’Hermetia illucens avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza 

 

Le Syrphe ceinturé

Syrphe ceinturé en vol stationnaire.

Un inlassable butineur et des larves siphonneuses de pucerons : autant de bonnes raisons d’apprécier la présence du Syrphe ceinturé au jardin !

Syrphe ceinturé sur rosier grimpant.Son allure de petite guêpe le met (un peu) à l’abri de la convoitise des prédateurs. On aurait cependant tort de redouter le Syrphe ceinturé (Episyrphus balteatus). Non seulement il ne pique pas mais c’est sans doute l’un des plus efficaces auxiliaires du jardin !

Comme tous les syrphes, c’est Syrphe ceinturé sur inflorescence de Pimprenelle.d’abord un infatigable butineur. On le repère assez facilement à son vol stationnaire au dessus des fleurs qu’il semble choisir avec soin. Les yeux bordeaux, la face blanche, il est surtout remarquable par son abdomen étroit ceinturé de noir et de jaune orangé.

Mais ce n’est pas tout. Comme le Syrphe des corolles par exemple, sa présence au jardin est tout bénéfice pour lutter contre les pucerons. D’autant plus que la femelle est peu regardante. Elle pond ainsi à proximité des colonies, aussi bien sur les rosiers que les haricots verts ou les tomates ! Qu’importe la couleur des pucerons… Une seule larve, estime-t-on, peut en dévorer un bon millier. Ou plutôt les « siphonner » puisqu’elles en aspirent les liquides internes. Sans craindre les fourmis. Qui dit mieux ?

Syrphe ceinturé sur inflorescence de Crépis.

Début juin. Du pollen en veux-tu en voilà, devant la forêt d’étamines d’une fleur de ronce.

Mi mai. Dégustation de pollen sur fleur de fraisier.

Fin mai. Madame Syrphe ceinturé en ponte sur une tête d’artichaut. Dans quelques jours, une armée de larves sera à pied d’oeuvre. Les pucerons noirs n’ont qu’à bien se tenir !

Où la Sauge farineuse cache-t-elle ses petits sacs de pollen ? Le Syrphe ceinturé les a vite trouvés. Au creux de l’étroite lèvre supérieure de la corolle.

Début octobre. À l’approche de la Phacélie et de ses anthères violacés.

Début mai. À l’approche des étamines de l’Ancolie.

Fin mai. Dégustation de pollen sur les étamines du coquelicot.

Début juin. Sur les premiers épis fleuris de la Salicaire.

En savoir plus :

Photos JF Irastorza

L’Éristale opiniâtre

L’Éristale opiniâtre n’est pas seulement précieux pour ses qualités de butineur. Ses larves participent aussi à l’assainissement des eaux stagnantes.

Taille maxi : 13 mm. Visible de mars à novembre.

Dans une dominante brun foncé, rehaussée de deux taches triangulaires orangées à l’avant de l’abdomen, l’Éristale opiniâtre (Eristalis pertinax) se donne des allures d’abeille.

Les reflets roussâtres du thorax velu se diffusent sur le fin duvet de l’abdomen conique et sur les ailes légèrement fumées. Seuls les tarses des pattes avant et médianes se distinguent par leur couleur jaune orangé. Voilà d’ailleurs un des détails les plus caractéristiques pour le distinguer de son très proche cousin, l’Éristale tenace.

Délicat lorsqu’il butine, l’Éristale opiniâtre l’est un peu moins pour l’installation de ses larves. Comme toutes les Éristales, il pond en effet dans les eaux stagnantes les plus « chargées ». Et même dans le purin. Il contribue du même coup à leur épuration. Les fameux « vers à queue de rat » (ladite queue leur permet de respirer à la manière d’un tuba) s’y nourrissent en effet des matières organiques en décomposition. Aussi utile que peu ragoutant ! 

Les marques triangulaire jaune orangé dessinent un sablier sur le deuxième segment abdominal.

Un cousin tenace

L’Éristale tenace, : face claire et  tarses avant et médians sombres, en automne sur une inflorescence de lierre.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, 2024, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • L’Éristale opiniâtre avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza