L’Aeschne affine

Aeschne affine, mâle, à l'affût.

Quels yeux ! Une large palette de bleus y rend l’Aeschne affine joliment expressive lorsqu’elle prend le temps d’une pause au jardin.

Aeschne affine, mâle, à l'affût.

Longueur maxi : 66 mm. Visible de mai à septembre.

De moindre envergure que sa cousine l’Aeschne bleue, voilà malgré tout une libellule d’un gabarit respectable avec six bons centimètres de longueur. L’Aeschne affine (Aeshna affinis) chasse à l’affût puis en vol : mouches et autres insectes, voire des petits invertébrés sur les berges de la Sèvre.

C’est surtout le mâle qui vient longuement patrouiller au jardin. Brun à l’avant, le thorax est jaune vert sur les côtés, avec des sutures finement soulignées de noir. L’abdomen est bleu et noir avec, sur le deuxième segment, un dessin étrange évoquant un masque fantomatique.

Dominant une face verdâtre au front barré de noir, les deux grands yeux sont jointifs sur le dessus. Ils présentent une superbe palette colorée, du bleu pâle au bleu foncé, presque noir. Par ailleurs, finement nervurées, les ailes transparentes brillent un peu au soleil. Leurs ptérostigmas rectangulaires sont roussâtres.

Comme souvent chez les libellules, la femelle est moins vivement colorée, dans une gamme allant au verdâtre au jaune et au brun. Elle ne semble pas vouloir honorer le jardin de sa visite. Il est vrai qu’elle est plus difficile à repérer.

Aeschne affine, mâle, à l'affût.

En savoir plus  : 

  • Guide des libellules de France et d’Europe, 2021, Dijkstra, Schröter et Lewington, Delachaux & Niestlé.
  • Libellules du Poitou-Charentes, 2009, collectif, Poitou-Charentes Nature (Ed).
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.

Photos JF Irastorza 

 

L’Agrion élégant

Agrion élégant, femelle immature.

Thorax et anneau abdominal bleu vif sur fond noir. Du moins pour le mâle. Car les femelles de l’Agrion élégant nous en font voir des toutes les couleurs…

Longueur maxi : 34 mm. Visible d’avril à  septembre. Femelle immature de forme « violacea » (thorax bleu-lilas)

Quand le regard s’aiguise un peu au jardin, les petites demoiselles commencent à se distinguer les unes des autres. C’est a priori facile pour l’Agrion élégant (Ischnura elegans) à raison de son très fin abdomen noir. Et de l’anneau bleu qui en marque l’extrémité en forme de légère massue.

Agrion élégant, femelle immature.

Femelle immature de forme « rufescens » (thorax rose-orangé)

Facile ? Voire. Car rien n’est jamais vraiment simple chez les demoiselles. En l’occurrence, il faut compter avec la couleur juvénile variable du thorax et de la naissance de l’abdomen. Plutôt verdâtre pour les jeunes mâles. Parfois bleu lilas (forme violacea), parfois rose orangé (forme rufescens), pour les jeunes femelles.

Le thorax du mâle vire rapidement au bleu vif. À l’unisson de l’anneau abdominal. Mais les femelles adultes ne sont pas aussi binaires.

Mâle immature au thorax bleu vert.

Deux formes pour les immatures, trois pour les adultes ! Certaines juvéniles bleu lilas voient ainsi leur thorax devenir entièrement bleu vif. Elles sont alors très comparables aux mâles. Rien de tel pour d’autres dont le thorax mais aussi l’anneau abdominal virent au vert !

Quant aux juvéniles rose orangé, elles deviennent plutôt jaune orangé, sauf l’anneau abdominal qui vire au brunâtre. Encore faut-il compter aussi avec tous les stades intermédiaires et avec des couleurs loin d’être toujours bien tranchées… Bref, ces dames brouillent les pistes !

Reste la silhouette, caractéristique, inchangée d’une forme l’autre. Accentuée par la finesse de l’abdomen, la petite taille de l’Agrion élégant (trois centimètres tout au plus) le rend particulièrement discret. Il n’en tient pas moins son rang, solitaire ou en petite bande, parmi les chasseurs assidus du potager.

Début juin. En pause sur une jeune pousse de rudbeckia. Femelle immature au thorax rose orangé.

Mi août. Femelle immature, forme « bleu lilas ». Rien de tel que la planche de Moutarde blanche quand on chasse les petits insectes en tous genres !

Sources : 

  • Guide des libellules de France et d’Europe, 2022, Dijkstra, Schröter et Lewington, Delachaux & Niestlé.
  • Libellules du Poitou-Charentes, 2009, Miiguel Gailledrat, Poitou-Charentes nature éd, pp114-115,
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • L’Agrion élégant avec le site nature22.com
  • Ischenura elegant : les femelles, avec le site meslibellules.fr

Photos JF Irastorza 

 

Madame Sympétrum strié

Sympétrum rayé, femelle.

Pour ses parties de chasse à l’affût, Madame Sympétrum strié a ses habitudes sur les hautes herbes de la périphérie du potager.

Sympétrum rayé, femelle.

Longueur maxi : 44 mm. Visible de mai à novembre.

Comme les nombreuses autres libellules du jardin, le Sympétrum strié (Sympetrum striolatum) y vient chasser en voisin. Il n’a que le halage et la haie à passer depuis la Sèvre niortaise.

Il s’agit ici d’une femelle dont le corps brun clair se teinte parfois de jaune, notamment sur les grandes plaques thoraciques. Nettement soulignées d’une ligne noire, les sutures de celles-ci ont donné son qualificatif à l’espèce. Un aspect « rayé » renforcé par la succession de traits longitudinaux noirs de l’abdomen.

Un soupçon de rouge apparaît à l’attache des ailes. Il rappelle la couleur rougeâtre du mâle dont la livrée est cependant bien moins éclatante et uniforme que celle du Sympétrum rouge-sang. Les deux sexes présentent des pattes épineuses noires aux tibias et fémurs marqués d’une ligne claire, plutôt jaune, bien distincte.

Pour ses affûts, le Sympétrum strié apprécie les piquets des tomates ou les outils qui « traînent » au potager. Mais pas que. Il fréquente aussi les fleurs et, mieux encore, les grandes herbes des bords de haies ou de clôture. Sans doute les proies de passage y sont-elles plus nombreuses…

Sympétrum rayé, femelle.

Femelle, ligne dorsale rouge. Bain de soleil automnal sur une feuille morte de peuplier.

Début juin. Jeune femelle à l’affût sur un épi déplumé de Brunelle commune.

Un outil qui traîne au potager ? Allons donc ! En cette saison, la binette est mieux dehors que dedans ! Accessoirement, voilà un confortable poste d’observation pour Madame Sympétrum rayé, en chasse au jardin.

À l’affût au bord du halage.

Rouge délavé nuancé d’orangé : sauf sur le thorax où de vifs contrastes animent la marqueterie emblématique de Monsieur Sympétrum strié.

En savoir plus  : 

  • Guide des libellules de France et d’Europe, 2021, Dijkstra, Schröter et Lewington, Delachaux & Niestlé.
  • Libellules du Poitou-Charentes, 2009, collectif, Poitou-Charentes Nature (Ed).
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.

Photos JF Irastorza