La Naïade aux yeux bleus

Naïade aux yeux bleus, mâle.

Elle tient son nom de la divinité grecque des fleuves et des rivières. La Sèvre niortaise en l’occurrence pour la Naïade aux yeux bleus du jardin !

Naïade aux yeux bleus, mâle.

Longueur maxi : 36 mm. Visible de mars à septembre.

Naïade aux yeux bleus, femelle.

Outre ses trois couleurs (vert, bleu, brun clair), la femelle se distingue par une ligne dorsale noire assez large, en lieu et place des marques lancéolées du mâle.

Les agrions plus ou moins bleus sont aussi nombreux que variés. Pas toujours facile de les distinguer les uns des autres lorsqu’ils passent au potager. Encore moins de les identifier avec précision. Sauf pour la petite Naïade aux yeux bleus (Erythromma lindenii) !

Ce ne sont pas lesdits yeux qui font la différence. Ils ne sont bleu vif en effet que chez le mâle quand ceux de la femelle sont plutôt jaune verdâtre. À l’unisson, à vrai dire, de la couleur dominante d’un sexe l’autre.

Le mâle se singularise encore par deux cerques bien saillants et recourbés à la pointe de l’abdomen. Ce qui vaut à l’espèce un de ses autres noms, l’Agrion à longs cercoïdes. Mais c’est surtout à l’arrière de la tête de Madame comme de Monsieur que se situe « le » signe distinctif : trois tirets assez épais. Bleus pour le mâle. Verdâtre pour la femelle bien entendu.

En cette saison, le ballet de la Naïade aux yeux bleus est incessant au jardin. Dès que le soleil est suffisamment haut. De courtes pauses sur fleurs et légumes. Elle ne tient guère en place. Toujours en chasse.

Naïade aux yeux bleus, femelle.

Ici sur fond de l’abondant feuillage des cosmos, le verdâtre domine à l’avant, y compris les yeux, chez la femelle qui présente néanmoins quelques zones bleues sur l’abdomen. Et une pointe abdominale  brun clair.

Pause sur l’épi d’une graminée. Les longs cerques recourbés du mâle sont ici bien visibles.

Dégustation d’une éphémère sur une feuille de rhubarbe.

En savoir plus :

  • Guide des libellules de France et d’Europe, 2021, Dijkstra, Schröter et Lewington, Delachaux & Niestlé.
  • Libellules du Poitou-Charentes, 2009, Poitou-Charentes Nature éd.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Naïade aux yeux bleus, avec le site quelestcetanimal.com

 Photos JF Irastorza 

 

La Decticelle cendrée

Docticelle cendrée, femelle, sur feuille de lierre.

Brun grisâtre, la Decticelle cendrée est familière des haies et des broussailles. Son territoire de chasse privilégié.

Taille maxi : 18 mm. Visible de juin à novembre.

De très longues antennes filiformes. Beaucoup plus longues que le corps lui-même. Voilà donc non pas un criquet mais bien une sauterelle. La Decticelle cendrée (Pholidoptera griseaptera) est occasionnelle au jardin. Elle fréquente surtout les haies et les fourrés voisins.

Plus claire que le mâle, la femelle est effectivement gris cendré. Elle se distingue notamment par le long appendice arqué, noirâtre, dressé entre deux cerques, à la pointe de l’abdomen. Pas de piqure à craindre ! Il s’agit simplement de l’oviscapte par lequel elle injecte ses oeufs dans les bois morts où ses larves se développeront.

Les deux sexes partagent l’originalité de leur pronotum , en forme de selle et souligné d’un fin liseré blanc. À l’arrière de celui-ci, le mâle présente deux élytres très courts, blanchâtres, davantage atrophiés encore chez la femelle. L’un et l’autre n’ont d’ailleurs quasi pas d’ailes. Leur abdomen est ainsi entièrement découvert. Mais, s’ils ne volent pas, ils sont prompts à sauter sur leurs proies. Mouches, pucerons et chenilles.

Docticelle cendrée, femelle, sur feuille de lierre.

En savoir plus :

  • Sauterelles, grillons et criquets d’Europe occidentale, Bellmann, Rutschmall, Roesti et Hochkirch, 2020, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photos des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Guide la vie sauvage au jardin, Michael Chiney, 1997, Delachaux & Niestlé.
  • Le guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • La Decticelle cendrée avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza

La Mante religieuse

Mante religieuse : un crochet acéré sur les tarses avant, en vis à vis des tibias épineux.

Dans la série des auxiliaires du jardin. Brin d’herbe parmi les brins d’herbe, la Mante religieuse est solidement armée pour saisir et immobiliser ses proies.

Mante religieuse : une tête très mobile pour scruter l'approche de proies potentielles.L’élégante Mante religieuse (Mantis religiosa) est à l’affût. Camouflée dans les broussailles en bord de haie. D’une taille impressionnante, six bons centimètres, elle est pourtant d’allure fluette. Un mâle sans doute. 

Dérangé, celui-ci toise l’intrus de ses grands yeux verts. Mais ne s’envole pas. Il passe plutôt d’une tige l’autre. Du bout des pattes. Précieusement. Tout en pivotant la tête pour ne pas perdre l’importun du regard.

Ce faisant, il dévoile son arme irrésistible. Un crochet acéré et recourbé sur chacun des tarses roussâtres avant. De quoi harponner n’importe quelle proie. Même les plus grosses. Puissamment pris en tenaille, entre tarses et tibias épineux, criquets, mouches ou araignées peuvent d’autant moins se dépêtrer que les mandibules sont aussitôt à l’oeuvre.

Allez, assez de dérangement. Laissons-le reprendre son affût. Le potager a tout à y gagner. Un auxiliaire de plus ! En attendant qu’il trouve bientôt l’âme soeur. Une belle congénère de rencontre. Plus grande que lui encore. Et qui le trouvera mignon à croquer.

En savoir plus sur la Mante religieuse avec le site conservatoire-nature.fr

Découvrir d’autres insectes auxiliaires du jardin

Début juin 2020. Mante religieuse surprise au jardin. Ni prière ni recueillement. À l’affût tout simplement.

Début septembre 2021. La Mante vient d’atterrir, tant bien que mal, sur une tige de graminée.