L’Andrène nigrospina

Andrène nigrospina femelle.

Dans la série des abeilles noires, l’Andrène nigrospina se distingue par des brosses de collecte blanches aux pattes arrière.

Andrène nigrospina femelle.

Taille maxi : 15 mm. Visible en mai-juin.

Une abeille sauvage noire. Les exemples ne manquent pas au jardin. La Charpentière bien-sûr, noire uniformément. L’Andrène agile dont quelques touffes blanches animent face, thorax et abdomen. L’Andrène cendré qui doit son nom à deux larges bandes grises thoraciques… Avec l’Andrène nigrospina, le distinguo saute aux yeux.

Outre une discrète pilosité grise sur le thorax et la tête, la blancheur des brosses de collecte de la femelle fait la différence. L’occasion de bien visualiser d’une part le manchon de soie très dense des pattes arrière et, d’autre part, la touffe de poils à la base de celles-ci. Pareillement équipée, Madame peut largement « charger la mule » lorsque la récolte bat son plein.
L’Andrène nigrospina n’a pas de nom français, sinon l’Andrène charbonneuse, appellation adoptée en Belgique. L’espèce est terricole. Avec une seule génération annuelle, elle est notamment visible comme ici sur le panicaut en fin de printemps.
Andrène nigrospina femelle.

En savoir plus

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • Abeilles sauvages, Boyer, 2015, Ulmer.
  • Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Vereecken, 2018, Glénat.
  • Les abeilles solitaires avec le site aramel.free.fr
  • Andrena nigrospina avec le site Les cahiers nature de Jessica.
  • Andrena nigrospina avez le site galerie-insecte.org

  Photos JF Irastorza 

 

L’Écaille martre

Écaille martre / Un jardin dans le Marais poitevin.

Sous la canicule, l’Écaille martre s’est réfugiée dans la relative fraicheur d’une haie. Immobile. En attendant la nuit.

Écaille martre / Un jardin dans le Marais poitevin.Elle s’est posée au petit matin du bon côté de la haie. Celui qui, tout le jour, lui évitera les ardeurs du soleil caniculaire. Comme la plupart des papillons dits de nuit, l’Écaille martre (Arctia caja) a replié ses ailes en un « triangle de camouflage ». Le sien est chocolat, parcouru de larges veines blanc crème.

Dérangée, elle ouvre brusquement les ailes, découvrant le rouge vif orangé de ses postérieures, parsemé d’ocelles noirs aux reflets bleutés. Un réflexe censé surprendre et décourager l’intrus.

Finalement, elle se réfugie dans un parfait immobilisme. Sa meilleure défense sans doute dans le secret contrejour de la haie. La tête rétractée dans une abondante fourrure brune, c’est à peine si l’on en distingue le collier rouge.

On l’appelle parfois l’écaille hérisson. Une allusion aux épis de longues soies de sa chenille. Celle-ci apprécie notamment les feuilles du Saule marsault, de l’ortie et de la Reine des prés. Elle n’a que l’embarras du choix dans le marais.

Chenille de l'Écaille martre / Un jardin dans le Marais poitevin.

La cousine chinée

Écaille chinée sur Eupatoire chavirée.

Si l’Écaille martre est strictement nocturne, sa cousine l’Écaille chinée  vole également le jour, surtout dans les senteurs estivale de l’Eupatoire à feuille de chanvre.

En savoir plus :

Photos JF Irastorza 

 

Le Clytre des saules

Clytre des saules en ponte.

Le comble du parasitisme… Le Clytre des saules « maquille » ses oeufs pour les faire transporter jusqu’à la fourmilière par les fourmis elles-mêmes !

Taille maxi : 11 mm. Visible de mai à août.

Madame Clytre des saules (Clytra laeviuscula) est surprise ici en pleine ponte. Entre ses pattes arrière. Elle retient ainsi ses oeufs car, avant de les disséminer, il lui faut les préparer. Elle va donc minutieusement les enduire de ses excréments puis les lâcher sur le passage d’une colonie de fourmis.

Celles-ci vont alors les estimer bons matériaux de construction et les transporter jusqu’à la fourmilière. Sitôt l’éclosion, les larves parasites s’échapperont des parois où elles avaient été incluses pour commencer leur festin. Non sans s’enduire très vite de terre et de leurs propres excréments pour se constituer une gangue protectrice propre à se garder des mandibules des fourmis !

Un thorax noir et luisant d’où la tête dépasse à peine. Des élytres allongés, rouge orangé, marqués de deux points noirs à l’avant et de deux taches plus larges et plus diffuses à l’arrière. Pour sa part, le Clytre des saules se nourrit du feuillage d’arbres divers, saule, Peuplier, Chêne, Orme, Noisetier… Mais aussi de pollen. Notamment de Marguerite.

Clytre des saules : le feuillage des arbres mais aussi le pollen des marguerites.

Sur une feuille de la Sauge toute-bonne.

À l’escalade d’une tige de Cardère sauvage.

Un cousin

À ne pas confondre avec le Crytocéphale à deux taches (Chryptocephalus biponctatus) dont les élytres, rouge orangé, sont à la fois striés et ponctués. Les  taches noires diffèrent de celles du Clytre : moins diffuses à l’arrière, simples tirets à l’avant. Les antennes sont plus longues, avant les quatre premiers articles tirant vers la jaune.

En savoir plus :

  • Coléoptères d’Europe, Vincent Albouy et Denis Richard, Delachaux/Niestlé
  • Le Clytre des saules avec le site quelestcetanimal.com

 Photos JF Irastorza