Le Syrphe des corolles

Syrphe des corolles / Un jardin dans le Marais poitevin.

Le Syrphe des corolles est censé émerger avec le printemps. En fait, il ne s’arrête jamais vraiment. Même en hiver, il lui suffit d’un peu de soleil et de nectar.

Syrphe des corolles / Un jardin dans le Marais poitevin.

Taille maxi : 15 mm. Visible de mars novembre.

Sans attendre le printemps, les jeunes pousses de rosier vont bon train. Le moment est donc venu pour Madame Syrphe des corolles (Eupeodes corollae). Méthodiquement, elle inspecte tiges et feuilles. Par instinct, elle sait pouvoir trouver là de quoi nourrir ses futures larves, « siphonneuses » de pucerons.Installation d'une colonie de pucerons sur jeune pousse de rosier / Un jardin dans le Marais poitevin.

Bingo ! Une petite colonie verte commence à prendre ses marques à quelques feuilles de là. C’est encore loin d’être une invasion. Mais tout va tellement vite avec les pucerons… Ainsi, le temps pour la petite mouche d’installer ses propres rejetons, le festin sera à point.

C’est bien-sûr le démarrage de la végétation et, avec elle, l’arrivée des pucerons qui commandent la ponte du Syrphe des corolles. Pour le reste, l’hiver est loin d’être totalement léthargique ! Pourvu qu’il y ait un peu de soleil et quelques fleurs sauvages à butiner.

Syrphe des corolles / Un jardin dans le Marais poitevin.

Deux petites antennes noires percent sur une face jaune pâle. Les yeux ne se touchent pas. Il s’agit bien d’une femelle. Six à sept générations peuvent se succéder chaque année, des premiers beaux jours jusqu’en novembre.

Fin février. Cuirasse de bronze au thorax et trois paires de « virgules » jaunes sur l’abdomen. Un pied de haie ensoleillé et le nectar de la Ficaire fausse-renoncule : il n’en faut guère plus pour donner la bougeotte au Syrphe des corolles.

Fin janvier. Au coeur de l’hiver, on peut toujours compter sur la Véronique de Perse pour récompenser la témérité des butineurs les moins frileux.

2 janvier 2023 ! Si, si, au lendemain du Jour de l’an… En fait, le Syrphe des coroles ne s’arrête jamais vraiment. Il lui suffit d’un peu de soleil et de nectar !

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, 2024, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Syrphe des corolles avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza 

 

La toilette de l’Eristale opiniâtre

Éristale tenace à la toilette / Un jardin dans le Marais poitevin.

L’Éristale opiniâtre aime les bains de soleil. Et la propreté. Alors, il profite souvent des pauses pour prendre soin de lui. Méticuleusement.

Éristale tenace à la toilette / Un jardin dans le Marais poitevin.Si vous aviez trois paires de pattes, lesquelles utiliseriez-vous pour la toilette ? Proche parente des syrphes, l’Éristale opiniâtre (Eristalis pertinax) ne se pose pas de question. Il fait les choses dans l’ordre. Tout simplement.

D’abord l’abdomen puis les ailes avec les pattes arrière. Des ailes parfaitement translucides, solidement Éristale tenace à la toilette / Un jardin dans le Marais poitevin.nervurées, dont une belle ligne ondoyante propre aux Éristales.
Il prend le temps de les lisser, encore et encore, solidement campé au bord de la feuille.

Viennent ensuite le thorax et la tête, avec les pattes médianes. Tout y passe. La face, les mandibules… Mais le plus sensible, sinon le plus Éristale tenace à la toilette / Un jardin dans le Marais poitevin.précieux, est pour les pattes avant que l’Éristale opiniâtre se nettoie longuement au préalable. Comme on se frotte les mains.

Il penche alors franchement la tête, d’un côté, de l’autre, pour se lustrer délicatement les énormes yeux. Ils sont ici disjoints : c’est une femelle.

Enfin, suprême délicatesse, la trompe… Et quelle ! Progressivement déployée et brossée, elle est longue, démesurément longue. Voilà donc notre Éristale lustré comme un sou neuf. Paré pour un nouveau tour de jardin.

En savoir plus sur la famille Eristale avec le site aramel.free.fr

Brossage de la trompe / Un jardin dans le Marais poitevin.

Deux cousins : l’Éristale des fleurs

… et l’Eristale tenace, en visite ici sur un des pommiers en fleurs du jardin.

 

La Mouche à merde

Mouche stercoraire, mâle, sur prunelier en fleurs.

Un nom populaire lourd à porter ! La Scatophage du fumier, alias la Mouche à merde, sait aussi varier les podiums pour se mettre en valeur.

https://www.insectes-net.fr/scatophaga/scatophaga2.htmElle n’est pas la seule à tourner autour de la chose. Notamment pour y pondre. Mais, allez savoir pourquoi, c’est elle qui a tiré le gros lot avec cette appellation peu ragoutante. Pour être trivial, le nom populaire de la Scatophage du fumier (Scatophaga stercoraria) a d’ailleurs le mérite d’être sans détour. La Mouche à merde ! 

Un sobriquet trompeur toutefois. Car bouses et crottins ne figurent pas vraiment à son menu. Elle est en effet plutôt carnivore. Ce sont donc les insectes qui grouillent dans ladite matière qui l’intéressent. Idem pour ses larves.

Mais la Mouche à merde sait aussi soigner son image ! Elle ne dédaigne pas les fleurs. Pour y croquer d’éventuels petits visiteurs. Et pour butiner. Tant mieux pour le photographe. Avouons que le thorax vert de la femelle, la superbe toison rousse du mâle, les gros yeux brun-rouge, le bandeau frontal rouge en forme de « M » et les ailes roussâtres ont bien meilleure allure sur fond de pâquerette ou de floraison du prunelier !

Moins spectaculaire que la toison rousse du mâle, le pourpoint vert de la femelle ne manque pas d’élégance.

D’autres mouches aux larves scatophages

Rhingie champêtre sur fleur de sauge bleue.

La Rhingie champêtre et son drôle de « nez » : le qualificatif « champêtre » fait allusion aux bouses de vaches où la rhingie installe sa progéniture.

Mouche mésembrine au repos sur feuille morte de peuplier.

La Mouche mésembrine aussi a besoin de pâturage, et plus précisément de bouses, pour pondre.

Mouche automnale sur fleurs de Menthe aquatique.

Commune en zone d’élevage, la Mouche automnale y accompagne le bétail. Et pour cause !

En savoir plus :