Un air de Carnaval !

Chenille du Bombyx du chêne, masque facial / Un jardin dans le Marais poitevin.

La chenille du Bombyx du chêne compte-t-elle effrayer les prédateurs avec son masque facial ? Cela ne l’empêche pas de faire l’autruche en se lovant à la moindre alerte.

Chenille du Bombyx du chêne, enroulée sur elle-même / Un jardin dans le Marais poitevin.Clin d’oeil à la chenille du Bombyx du chêne en ce jour de Mardi gras. Elle est là dans un stade intermédiaire, déjà de bonne taille mais pas encore replète comme on a pu la voir en juin dernier. Elle perdra bientôt l’éclat de ses longues soies beiges et roussâtres pour prendre une tonalité générale plus brune. C’est alors qu’elle deviendra véritablement vorace.

Mais ce qui retient évidemment l’attention ici, c’est cet étrange masque grimaçant aux allures d’Art premier. Simple illusion d’une pigmentation beige sur fond noir, noyée dans un halo de poils clairs. En vérité, les chenilles n’ont en effet ni yeux ni narines… 

Elle chemine dans l’herbe rase et, comme toutes les chenilles, ne tarde pas pas à se lover à l’approche trop pressante d’un intrus. Allez donc lui faire comprendre qu’on ne lui veut aucun mal. Sinon admirer sa face de Carnaval !

Sources :

Chenille du Bombyx du chêne / Un jardin dans le Marais poitevin.

Si la chenille du Bombyx du chêne est imposante, son parasite ne l’est pas moins : l’Échinomye corpulente. Corps noir hérissé de soies épaisses, tête jaune orangé : une des plus grosses mouches européennes.

En savoir plus :

Photos JF Irastorza

 

Il suffit de le laisser vivre sa vie

Poliste gaulois / Un jardin dans le Marais poitevin.

Actif butineur mais également carnivore : le Poliste gaulois est aussi tranquille qu’utile auxiliaire au jardin.

Plus élancé qu’une guêpe commune. Moins massif qu’un frelon. Le Poliste gaulois butine ici les fleurs de laurier tin, dans la petite cour près de la maison. On le reconnait aisément à ses longues pattes jaune-orangé et, surtout, à ses solides antennes franchement orangées en forme de massue. Fortement nervurées, le plus souvent relevées lorsqu’il butine, ses longues et fines ailes retiennent également l’attention par ses reflets roussâtres. Le Poliste gaulois n’est pas seulement butineur. Ses puissantes mandibules ne dédaignent pas chenilles et larves de rencontre… Il n’en est que plus utile au jardin. Impressionnant sans doute, il est pourtant parfaitement inoffensif. A condition de ne pas approcher trop près son nid alvéolé. Il l’installe où il peut. Pour ne pas dire n’importe où. Sous le débord de la toiture du cabanon ou accroché à une branche. A vrai dire, ses bruyantes allées-et-venues ne passent pas inaperçues. Il suffit de le laisser vivre sa vie.Plus élancé qu’une guêpe commune. Moins massif qu’un frelon. Le Poliste gaulois (Polistes dominula) butine ici les fleurs de laurier tin, dans la petite cour près de la maison. On le reconnait aisément à ses longues pattes jaune-orangé et, surtout, à ses solides antennes franchement orangées en forme de massue (pour la femelle) ou enroulées (pour le mâle).

Fortement nervurées, le plus souvent relevées lorsqu’il butine, ses longues et fines ailes retiennent également l’attention par ses reflets roussâtres.

Le Poliste gaulois n’est pas seulement butineur. Ses puissantes mandibules déchiquettent volontiers chenilles et larves de rencontre. Surtout pour alimenter le couvain. Voilà donc un utile auxiliaire au jardin. Parfaitement inoffensif. A condition de ne pas approcher trop près son nid alvéolé qu’il installe où il peut. Pour ne pas dire n’importe où. Sous le débord de la toiture du cabanon ou accroché à une branche. A vrai dire, ses allées-et-venues ne passent pas inaperçues. Il suffit de le laisser vivre sa vie.

Un ou une Poliste ?

Poliste / Un jardin dans le Marais poitevin.

Les deux genres sont en usage. Quand au sexe, femelle et mâle se distinguent facilement, notamment à leurs antennes. Massues ou tire-bouchons. Il s’agit ici d’une jeune reine, fécondée l’automne dernier.

Début juillet 2020. Au sortir d’une corolle de bignone, un des péchés mignons du Poliste.

Les mâles (antennes enroulées) émergent en fin d’été. Ils meurent avec les premières gelées. Leur mission : féconder les futures reines qui, seules, passent l’hiver pour fonder de nouvelles colonies au printemps.

Mi octobre 2021. Femelle « stylopisée » : les larves parasites (petits insectes de la famille des Stylopisae) se sont insinuées sous les plaques abdominales pour s’y incruster et s’y développer. Au point de déformer et soulever lesdites plaques. La guêpe délaisse alors sa colonie. Elle butine et chasse pour subvenir aux besoins des intrus qui siphonnent ses fluides internes.

Début septembre 2022. D’une couronne de petites fleurs l’autre, sur une tige de Lycope d’Europe.

En savoir plus : 

  •  Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le Poliste gaulois avecd le site quelestcetanimal.com

 Photos JF Irastorza 

Le mystère de la coccinelle orange

Grande coccinelle orange (Halysia sedecimguttata), sur galle de l'érable / Un jardin dans le Marais poitevin.

Simple refuge ou petite faim ? La coccinelle orange a dû éventrer la galle de l’érable pour y pénétrer.

Galle de l'érable, sur rameau / Un jardin dans le Marais poitevin.Dans le fourré voisin, les feuilles de l’érable champêtre jonchent le sol. Et, avec elles, les petites galles qui les ont parasitées l’été dernier. Quelque-unes sont restées accrochées à certains rameaux. De petites billes brunes, percées d’un trou par où sont sorties les larves. Mais que fait donc cette coccinelle orange au creux de l’une d’entre elles ?

Seize taches blanches, bord des élytres translucide : il s’agit d’une Halysia sedecimguttata, familière des sous-bois. Elle est réputée se repaître des champignons infectant notamment le revers des feuilles. Au point que d’aucuns la verraient bien devenir auxiliaire du jardin dans la lutte contre le mildiou. N’exagérons rien !

Est-ce justement une prolifération cryptogamique à l’intérieur de la galle qui l’a poussée à l’éventrer ? Ou bien est-ce pour y dévorer la larve ? Puisque l’Halysia est aussi volontiers carnivore. A moins que cela soit tout simplement pour se mettre à l’abri… Le mystère de la coccinelle orange reste entier.

Source :

Galle de l'érable, sur feuilles mortes au pied de l'arbre / Un jardin dans le Marais poitevin.

Deux autres galles du jardin : celle de l’églantier – comme un gros pompon accroché sur la haie – provoquée par une petite guêpe, la Cynips du rosier….

… et celle du peuplier : la déformation « tire-bouchonnée » du pétiole est l’oeuvre du Pemphigus spyrothecae, un puceron très spécialisé.