Le grand damier

Le Grand damier, alias la Mélitée des centaurées, sur menthe aquatique. Parade nuptiale.

La Mélitée des centaurées, alias le grand damier : deux générations se succèdent du début mai à la fin août.

Le Grand damier, alias la Mélitée des centaurées, sur menthe aquatique. Parade nuptiale.

Envergure maxi : 42 mm. Visible d’avril à août.

Après le ciel quasi automnal de la fin juillet, la génération estivale de la Mélitée des centaurées (Melitaea phoebe), alias le grand-damier, savoure enfin le soleil. Et, pour que la fête soit complète, voici les premières fleurs de Menthe aquatique sur les prairies humides du marais.

Dans un quadrillage noir assez serré, le dessus des ailes alterne ainsi les « cases » orangées, jaunes ou fauves. Les formes en sont diverses, du rectangle au carré, en passant par pastilles et lunules à la marge.

Le revers des postérieures est très différent avec une alternance de bandes ondoyantes fauve clair et orangées, soulignées de noir, dont une ligne courbe caractéristique de grosses lunules jaunes pointées de rouge orangé.

Est-ce le retour du soleil ou le parfum de la menthe aquatique ? Ces deux-là se font la cour. On remarquera au passage que, chez les papillons, en témoignent les trompes plongées dans les petites corolles, la parade nuptiale n’exclut pas le butinage !

Le Grand damier, alias la Mélitée des centaurées, sur menthe aquatique. Parade nuptiale.

Première printanière

Le Grand damier, tapi dans les parties enherbées du jardin.

Avril. Plus qu’un damier, la Mélitée des centaurées évoque un vitrail coloré.

Le Grand damier : un peu de réconfort auprès du Gléchome lierre terrestre.

Fin avril. Les yeux gris bleu, les antennes en pointillés noirs et blancs à l’extrémité en forme de massue. Le revers des antérieures rappelle peu ou prou le damier jaune et orangé du dessus. Différent, celui des postérieures est notamment marqué, sur fond fauve clair, par une bande sinueuse orangée et par une suite complète de lunules jaune pâle pointées de rouge orangé.

Fin avril. La génération printanière de la Mélitée des centaurées vole d’avril à juin. La génération estivale de juillet à septembre. Et c’est sous forme de chenille qu’il passe l’hiver, emmitouflé dans un cocon de soie.

Début mai. Brève halte sur la sarriette en fin de floraison.

Mi mai. Le grand damier sur la Centaurée jacée, une de ses fleurs fétiches.

Génération estivale

Mi septembre. Après trois mois de canicules à répétition, heureusement, les pluies de septembre ont (un peu) revigoré les prairies fleuries.

Fin juillet. Bonne nouvelle pour les papillons : la menthe aquatiques de prairies humides commence à fleurir !

Début août. Parade nuptiale.

En savoir plus :

  • Guide pratique des papillons de jour, 2022, Moussus, Lorin et Cooper, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le grand damier avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza

 

La guêpe et l’araignée

Discoelius zonalis et Thomise Napoléon.

Quand la guêpe Discoelius zonalis rencontre le Thomise Napoléon, ce n’est pas forcément Austerlitz pour l’araignée crabe !

Discoelius zonalis et Thomise Napoléon.

Taille maxi : 15 mm. Visite de mai à septembre.

Une guêpe assez rare. Au point que personne n’a songé à lui trouver un nom vernaculaire. Reste donc son appellation scientifique. Le Discoelius zonalis présente la silhouette caractéristique des guêpes euménines, avec un thorax massif et un abdomen en poire dont le pétiole est lui-même renflé. 

Seulement trois bandes jaunes sur une dominante noire : une à l’arrière du pétiole, les deux autres – dont une très fine – sur la partie la plus évasée de l’abdomen. Ailes fumées, tête et thorax granuleux, discrète pilosité grise : le Discoelius zonalis semble imperturbale.

Même le Thomise Napoléon, ici sur un capitule de Cirse des champs, ne parvient pas à l’impressionner. Encore moins à le terrasser. À plusieurs reprises pourtant, l’araignée-crabe revient à la charge. Y compris en menant l’attaque sur le côté pour essayer d’atteindre l’arrière de la tête. Mais quel bon génie protège-t-il donc le solide butineur ? De guerre lasse, Napoléon finit pas s’y résoudre et quitter piteusement le champ de bataille.

Discoelius zonalis et Thomise Napoléon.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux et Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Discoelius zonalis avec la galerie du site insecte.org
  • Le Thomise Napoléon avec le site questcetanimal.com

Photos JF Irastorza 

 

La Pélopée maçonne

Pélopée maçonne sur fleurs de bignone.

Une grande et fine guêpe noire et jaune. Active chasseuse, la Pélopée maçonne participe à la régulation des populations d’araignées.

Pélopée maçonne en chasse sur bignone.

Taille maxi : 25 mm. Visible de juin à septembre.

Exposée plein sud, la Bignone de la maison semble peu ou prou apprécier la canicule. Son feuillage reste bien vert et son abondante floraison fait peu à peu place aux lourdes grappes de ses gousses chargées de graines. Voilà un grouillant terrain de jeu pour de nombreux insectes, particulièrement abeilles sauvages et guêpes en tous genres.

Les premières butinent assidument les ultimes trompettes orangées. Les secondes patrouillent avec frénésie, en quête de proies propres à garnir le garde-manger de leur progéniture. Ainsi l’élégante Pélopée maçonne (Sceliphron caementarium), bien reconnaissable entre toutes.

Son abdomen notamment est caractéristique : un long et fin pétiole pour un bulbe harmonieusement fuselé. La dominante est noire, scandée de discrètes taches jaunes : naissance des antennes, attache des ailes fumées, avant et arrière du thorax, pointe avant du bulbe. Sans oublier les pattes !

La pélopée chasse des araignées, petites et grosses, qu’elle enfourne – vivantes mais anesthésiées – dans les cellules de son nid. Celui-ci est façonné avec de la boue dans un endroit abrité. Les larves s’en repaîtront et passeront l’hiver au nid sous forme de pupes. Pour une émergence en fin de printemps.

Pélopée maçonne en chasse sur bignone.

Piqûre anesthésiante 

Dans une prairie voisine,  la Pélopée maçonne vient de capturer une Araignée-crabe embusquée sur une inflorescence d’Eupatoire à feuilles de chanvre. Telle est prise qui croyait prendre ! Dans un brusque mouvement retourné de l’abdomen, à 180°, la guêpe pique et anesthésie sa proie…

La Pélopée maçonne maintient solidement sa proie entre ses pattes avant pour s’envoler vers son nid. Elle y enfournera l’araignée pour garnir le garde-manger de sa progéniture. Avant de repartir en chasse…

Fragment d’un nid de Pélopée : ses cellules individuelles maçonnées l’une après l’autre et accolées avec de la boue.

En savoir plus : 

Photos JF Irastorza