L’Andrène des crucifères

Andrène des crucifères.

Une solide abeille sauvage en noir et blanc. L’Andrène des crucifères se distingue aussi par les reflets violacés de ses ailes.

Andrène des crucifères.Parmi les andrènes familiers du jardin, c’est loin d’être le plus précoce. Ainsi, ses cousins à pattes jaunes ou au cul-rouille se sont accouplés voilà quelques semaines déjà et leurs femelles approvisionnent actuellement leurs nids. Et alors ? On n’est que mi avril ! L’Andrène des crucifères, alias l’Andrène agile (Andrena agilissima) vient donc d’émerger.

C’est un des plus costauds de la famille. Son gabarit massif – environ 1,5 cm – rivalise avec l’abeille domestique ! Une dominante noire légèrement bleutée sur l’abdomen, une fourrure thoracique grise clairsemée, quelques échos touffus sur le front, les joues et les côtés de la pointe abdominale. Il fait irrésistiblement songer à un autre de ses cousins. L’Andrène cendré. Mais, entre autres distinguos, loin d’être hyalines, les ailes sont ici fortement fumées avec des reflets métalliques violacés.

Dépourvu de brosses blanches collectives de pollen aux pattes arrière, c’est là un mâle. Attablé sur la planche de moutarde blanche, il fait honneur à son nom populaire. Mais, en ce début de printemps, on peut également le rencontrer sur l’aubébine des haies comme sur les derniers fruitiers en fleurs.

Andrène des crucifères.

À ne pas confondre avec l’Andrène cendré, également de belle taille, dont les ailes sont hyalines.

En savoir plus :

 

La guêpe coucou

Chryside enflammée sur Cornouiller sanguin en fleurs.

On a déjà vu des abeilles ou des mouches coucous au jardin : voici la Chryside enflammée, une « guêpe coucou » aux cibles très éclectiques.

Une superbe petite guêpe. Car il s’agit bien d’une guêpe ! Très loin du noir et jaune habituel. Dans la famille Chryside, on arbore plutôt le vert et le rouge. Parfois le bleu, l’or ou le cuivré. Toujours avec des reflets métalliques caractéristiques et une fine ponctuation. Ici ce pourrait être la Chryside enflammée (Chrysis ignita). Le distingo est affaire de spécialistes mais, va pour l’Enflammée, puisqu’il s’agit de la plus commune.

Le vert métallique, mâtiné de bleu, envahit toute la partie avant, thorax et tête, mais aussi les pattes et la face ventrale de l’abdomen. Sur sa face dorsale, celui-ci compte seulement trois larges tergites. Les deux premiers d’un éclatant rouge mordoré, le troisième taché de noir.

Comme toutes les autres Chrysides, c’est une « guêpe coucou ». Si certains membres de la famille sont spécialisés, elle semble plus éclectique. Avec le même mode opératoire. La femelle pond dans le nid d’une guêpe ou d’une abeille maçonne. Ses larves s’y développent aux dépens des occupantes. En s’efforçant de les garder vivantes le plus longtemps possible. Et, pendant ce temps là, l’Enflammée butine…

Chryside enflammée sur ombelles de Cerfeuil des bois.

Sur les premières ombelles de Cerfeuil sauvage…

… et les premières fleurs blanches de l’aubépine.

En savoir plus : 

  • Heiko Bellmann, 2019, Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Delachaux et Niestlé.
  • La famille des Chrysides avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza 

 

Parade nuptiale de l’Aurore

Parade nuptiale de l'Aurore.

Au bord d’une haie, voici venu le temps de la parade nuptiale pour l’Aurore. Un des premiers papillons du printemps.

Parade nuptiale de l'Aurore.

Envergure maxi : 43 mm. Visible de mars à juillet.

Combien de fois a-t-il arpenté le bord des haies du jardin, et des prairies alentours, avant, enfin, de trouver l’âme soeur ? C’est à peine si Monsieur Aurore prenait le temps de siroter un peu de nectar sur la Cardamine des prés ou l’Alliaire officinale. Furetant, chassant les autres mâles de « son » territoire, errant dans une interminable quête…

Et, d’un coup, bingo ! Blanche tachée de noir aux antérieures, marbrée de gris aux postérieures. La belle va-t-elle se laisser séduire ? Ni fuite, ni agressivité. Sur une feuille de Cornouiller sanguin, l’abdomen retroussé frémit même comme une invitation. La parade nuptiale peut commencer.

Pas de précipitation ! Voleter tout autour, de plus en plus près, avec des mouvements sans équivoque de l’abdomen. Même longueur d’ondes côté phéromones. Contact. Et, brusquement, les deux complices s’envolent, toujours accolés, pour aller conter fleurette ailleurs. Loin de l’objectif du photographe. Un peu de pudeur que diable !

Parade nuptiale de l'Aurore.

Les taches orangées sont l’apanage des mâles. Madame est difficile à distinguer des autres « papillons blancs » du jardin. Sinon par sa petite taille, les marbrures grises des postérieures …

… et, surtout, le superbe réseau vert du revers, qu’elle partage avec Monsieur.

La chenille de l’Aurore : dessous vert foncé, dessus bleu vert très pâle piqueté de noir, ligne blanche latérale.

En savoir plus :

  • Guide pratique des papillons de jour, 2022, Moussus, Lorin et Cooper, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La famille des piérides avec le site aramel.free.fr
  • L’Aurore avec le site Galerie-insecte.org

Photos JF Irastorza