Le Diachrome allemand

Diachrome allemand sur feuillage de Cerfeuil des bois.

Après les graines fraîches des ombellifères et des graminées, le Diachrome allemand patrouille au sol à la recherche des graines superficielles.

Taille maxi : 10 mm. Visible d’avril à juillet.

Dans la famille Carabe, on est plutôt carnivore. Et donc chasseur. Une traque généralement nocturne. Larves en tous genres, chenilles, limaces et escargots. Le Diachrome allemand (Diachomus germanus) fait donc exception. Mais, pour être végétarien, il n’en est pas moins bon auxiliaire au jardin !

Son truc à lui, ce n’est pas la sève, les racines, les feuilles ou les fleurs. Mais les graines. De préférence avant maturité. C’est pourquoi, en ce début de printemps, on le rencontre  sur les premières ombellifères des bords de chemin où les graines encore vertes commencent à être légion. Sinon, le Diachrome allemand fréquente évidemment les graminées des prairies.

Excellent marcheur, il patrouille aussi au sol, y compris au jardin, et fouille la terre en quête de graines superficielles dispersées par le vent ou les oiseaux. Par là, il limite la prolifération des plantes adventices, venues d’on ne sait où et dont la spontanéité peut faire concurrence aux cultures potagères.

Diachrome allemand sur feuillage de Cerfeuil des bois.

Tête et pattes orangées, thorax noir aux reflets bleutés, élytres striés orangés avec tache noire apicale. Le Diachrome allemand est, avec 8-10 mm, l’un des plus petits membres de la famille Carabe.

En savoir plus :

  • Albouy et Richard, 2017, Coléoptères d’Europe, Delachaux & Niestlé.
  • La famille des Carabes avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza

 

Le Calameute pygmée

Calameute pygmée sur fleur de bouton d'or.

Potentiellement ravageur des cultures céréalières, le Calameute pygmée apprécie aussi carex et laîches des prairies humides du marais.

Calameute pygmée sur fleur de bouton d'or.

Taille maxi : 11 mm. Visible d’avril à août.

Il semble avoir une prédilection pour les fleurs jaunes. Alors, évidemment, en ce début mai, au jardin comme dans les prairies alentour, ce sont les boutons d’or qui ont sa préférence. La fine silhouette allongée du Calameute pygmée (Calameuta pygmaea) s’y détache avec délicatesse.

Vu du dessus, la dominante est d’un noir bien franc et luisant. Ailes, thorax, pattes, tête et longues antennes épaissies en forme de massue à l’extrémité. Et pourtant, c’est son long et lumineux abdomen orange qui le caractérise le mieux. D’autant qu’il dépasse franchement des ailes et, surtout, que le Calameute n’hésite pas à le relever pour plonger vers la source de nectar ! 

Apparaît alors le fourreau de l’ovipositeur pointé de noir, une sorte de « scie » avec laquelle les femelles perforent les tiges de graminées ou de céréales pour y déposer leurs oeufs. À l’origine, c’est là une espèce typiquement méditerranéenne. Mais, depuis quelques années, elle remonte vers le nord. Et la voilà dans le Marais poitevin où elle semble s’adapter à la végétation sauvage des prairies humides.

Calameute pygmée sur fleur de bouton d'or.

Les Céphides sont des hyménoptères sans « taille de guêpe »,  proches parents des Tenthrèdes. Ici, position caractéristique du Calameute pygmée « plongeant » pour mieux atteindre le nectar du bouton d’or.

Un cousin, peut-être Calameuta pallipes, à l’abdomen noir cerclé de fins anneaux jaune clair. Ici encore une femelle dont l’ovipositeur dépasse de la pointe abdominale.

En savoir plus : 

  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • La famille des Céphides, dont le Calemeute pygmée, avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza

L’artichaut et le syrphe

L'artichaut et le syrphe : vol de reconnaissance.

L’artichaut et le syrphe : vol de reconnaissance.

Les pucerons noirs adorent la sève des artichauts. Hélas ! Heureusement, le Syrphe ceinturé n’est jamais loin au jardin…

L'artichaut et le syrphe : exploration.

L’artichaut et le syrphe : exploration.

Croisons les doigts ! Pas encore de pucerons noirs sur la planche des artichauts. Ni sur les petites têtes qui commencent à émerger. Ni à l’aisselle des feuilles. Mais gare, les cabus sont loin d’être à maturité. D’ailleurs, Madame Syrphe ceinturé (Episyrphus balteatus) sent bien que, selon toute probabilité, une invasion guette…

L'artichaut et le syrphe : ponte.

L’artichaut et le syrphe : la ponte.

Championne du vol stationnaire, la voici en approche au dessus d’une tête guère plus grosse qu’une balle de tennis. Elle observe. Y-a-t-il une petite troupe noire déjà en place ? Voire une ou deux fourmis annonciatrices d’une colonie naissante ? Elle se pose, l’abdomen entièrement déployé, prête à pondre. Mais non. Ce sera un peu plus haut.

Il lui suffit alors de s’arc-bouter, bien plantée sur ses pattes, pour glisser ses oeufs à l’arrière de quelques « feuilles » de l’artichaut. Ainsi, à l’abri des prédateurs, du moins jusqu’à ce qu’elles se mettent en mouvement, les petites larves seront à pied d’oeuvre le moment venu. Ces satanés pucerons seront bien accueillis !

Sources :

L'artichaut et le syrphe : ponte.

Chaque femelle peut pondre plusieurs centaines d’oeufs. Et chaque larve – véritable petite sangsue blanchâtre – peut « siphonner » jusqu’à 1200 pucerons avant la pupaison. De ce point de vue, le Syrphe ceinturé est un champion, avec jusqu’à sept générations par an. De mars à novembre. Des armées successives de larves tout au long de l’année au jardin !

En savoir plus :

Photos JF Irastorza