Le Charançon couronné

Charançon couronné / Un jardin dans le Marais poitevin.

Long rostre noir, antennes coudées, élytres ponctués : le Charançon couronné se distingue surtout par un fin liseré d’or à l’arrière du thorax.

Charançon couronné / Un jardin dans le Marais poitevin.

Taille maxi : 15 mm. Visible de mai à septembre.

Il est très bien outillé. Le long rostre qui prolonge sa tête est impressionnant. C’est la marque de fabrique de la très grande famille des charançons !  Celui-ci, malgré sa taille relativement imposante, n’est pas forcément lui-même ravageur au jardin. Le Charançon couronné (Liparus coronatus) affectionne en effet surtout les grandes ombellifères. Par contre, ses larves se développent au détriment des racines. Y compris des légumes !

Il a plutôt fière allure, avec de fines lignes pointillées sur les élytres, de robustes pattes et de solides antennes coudées en forme de massue, un corselet ourlé et ponctué d’or… Mais, allez, s’il doit compter fleurette, puis installer sa progéniture, autant que ce soit ailleurs qu’au potager !

Il se laisse ainsi saisir sans grande difficulté. Direction le bord du halage. Il y trouvera facilement bonne compagnie. Et ses larves n’y manqueront de rien.

Des taches jaune d’or sur la face ventrale, comme un écho à la couronne et aux « mouches » du corselet.

En savoir plus : 

  • Coléoptères d’Europe, 2017, Vincent Albouy et Denis Richard, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Charançon couronné avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza

 

La guêpe des syrphes

Ectemnius continuus sur ombelle d’Oenanthe de Lachenal.

Une si adorable petite guêpe ! Las…L’Ectemnius continuus ponctuatus nourrit ses larves à base de syrphes, les principaux auxiliaires du jardin.

1Ectemnius continuus sur ombelle d’Oenanthe de Lachenal.

Taille maxi : 14 mm. Visible de mai à septembre.

Encore un hôte du jardin sans nom vernaculaire. Va donc pour son appellation latine. Ectemnius continuus punctatus. Excusez du peu. Comme toutes les petites guêpes du genre Ectemnius, elle creuse son nid dans le bois mort. Pour y installer sa progéniture qu’elle approvisionne avec quantité de petits syrphes. 

Elle se distingue notamment par ses tarses noirs et ses tibias nettement jaunes. Par ailleurs, sur fond noir, le jaune intervient parcimonieusement. Au premier article basal des antennes, par petites touches sur le pourtour du thorax et sur l’abdomen naturellement. Encore que les bandes y soient discontinues, le troisième segment en étant même dépourvu. Enfin, comme le souligne son qualificatif latin, le thorax velu est finement ponctué.

Ici sur une ombelle d’Oenanthe de Lachenal (Oenanthe lachenalii) qu’elle butine assidument, voilà une charmante petite guêpe… qui n’est pas forcément bienvenue au jardin. Au regard de sa consommation de syrphes – une dizaine par larve, soit une centaine par nid – on a envie de lui dire de passer son chemin !   

Ectemnius continuus sur ombelle d’Oenanthe de Lachenal.

Le jaune intervient par petites touches, notamment sur le premier article basal des antennes.

Ectemnius continuus sur ombelle d’Oenanthe de Lachenal.

Les ombelles de l’Oenanthe de Lachenal succèdent actuellement à celles du Cerfeuil des bois au bord des chemins. Elles sont plus particulièrement présentes sur les prairies humides du marais.

Sur une ombelle d’Angélique sauvage.

En savoir plus : 

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux et Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Les guêpes du genre Ectemnius avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza

 

La Sauge de Jérusalem

Bourdon des champs sur Sauge de Jérusalem.

Rassurez-vous ! Le Bourdon des champs a aperçu l’araignée crabe à l’affût : il fera l’impasse sur la fleur suivante…

Une des sauges les plus précoces. La Sauge de Jérusalem libère ses premières couronnes fleuries entre Pâques et l’Ascension !

Si vous voulez faire plaisir aux bourdons, particulièrement aux Bourdons des champs, offrez-leur une Sauge de Jérusalem (Phlomis russeliana) ! Comme toujours avec les sauges, le nectar y abonde. Mais il se mérite ! Un jeu d’enfant cependant pour les bourdons qui ont tôt fait d’en découvrir le sésame.

Ce n’est pourtant pas si simple en l’occurence. Car, s’épanouissant en couronnes successives, les fleurs reposent sur la « boule » compacte des couronnes suivantes encore en boutons. De sorte que chaque lèvre inférieure, jaune d’or, a une mobilité toute relative. D’ordinaire, en y atterrissant, les butineurs ont déjà à moitié ouvert la porte vers le tube nectarifère. Là, rien ne se passe encore. Il faut alors soulever franchement l’étroit « casque » jaune crème pour accéder au Saint des saints !

Ce faisant, le bourdon fait mécaniquement tomber les quatre étamines et le style unique qui s’y abritent. Balayage obligatoire sur le chemin du nectar ! Ainsi, au fil des passages, la fourrure saupoudrée diffuse le pollen d’une fleur l’autre… En attendant, gare ! Une araignée crabe est postée sur la fleur suivante. Un petit mâle du Thomise variable. Pour lui aussi la Sauge de Jérusalem est une bénédiction.

Sous le « casque »

Bourdon des champs sur Sauge de Jérusalem.

En soulevant le « casque », le bourdon libère étamines et style qui pendent désormais derrière lui. En ressortant, sa fourrure va frotter les anthères et se poudrer de pollen. À gauche, la petite araignée crabe semble dépitée : sa « proie » a passé son chemin devant la fleur où elle était postée…

Encore faut-il avoir la langue assez longue pour atteindre et explorer le tube nectarifère, tout au fond sous le « casque » : c’est le cas pour le bourdon des champs et, ici, le bourdon des jardins.

Quant à l’Abeille charpentière, elle contourne la difficulté en passant à l’arrière de chaque fleur, quitte à ouvrir un passage à coups de mandibules.

Balayage obligatoire des étamines et du style sur le chemin du nectar. La fourrure du Bourdon des champs véhicule ainsi le pollen d’une fleur l’autre.

Thomise variable, mâle, sur feuille de Sauge de Jérusalem.

Le petit mâle de la Thomise variable n’a pas réussi son coup. Ce n’est que partie remise. La patience n’est-elle pas la qualité première des araignées crabes ?

Photos JF Irastorza