La Noctuelle en deuil

Noctuelle en deuil sur inflorescence de Cirse des marais.

Pluies interminables, vent et, déjà, premières gelées… Qui mieux que la Noctuelle en deuil pour sonner le glas des beaux jours ?

Noctuelle en deuil sur inflorescence de Cirse des marais.Quelques taches blanches éclatantes certes. Et une frange grise. Mais c’est le noir et de multiples nuances de brun qui dominent. Avec une telle livrée, la Noctuelle en deuil (Tyta luctuosa), il est vrai, n’est pas bien gaie. Au point qu’un de ses noms vernaculaires enfonce le clou : la Funèbre ! 

On pourrait presque la confondre avec l’Hespérie des potentilles. Du moins en face dorsale. Mais les antennes sont ici effilées quand celles des hespéries présentent une pointe renflée et légèrement crochue. Nocturne, comme la plupart des noctuelles, il n’est cependant pas rare de voir la Funèbre butiner au soleil. Elle sirote ici le nectar d’une des dernières inflorescences de Cirse des marais. Mais il lui faut se faire une raison : c’est bientôt la fin.

En attendant le prochain printemps, la relève patientera tout l’hiver sous terre. Rien à craindre cependant de ces chenilles de noctuelles là au potager ! Elles se développent plutôt aux dépens de nombreuses plantes sauvages. Comme celles du Ptérophore blanc, elles apprécient tout particulièrement le liseron. Mais aussi la Mauve et le Plantain.

Noctuelle en deuil sur inflorescence de Cirse des marais.

Fin mai 2022. En pause sur une feuille de liseron, une des plantes hôtes favorites de ses chenilles.

Fin mai 2023. Sur une inflorescence de Centaurée.

Mi août 2023. La livrée de la Funèbre est un peu tristounette mais, sous le soleil, la Gaillarde fait ce qu’elle peut pour la réchauffer !

Un autre insecte dont la lugubre livrée inspire un nom vernaculaire qui ne l’est pas moins : le Drap mortuaire, cousin de la Cétoine dorée.

En savoir plus : 

  • Hétérocères diurnes, Rainer Ulrich, 2020, Delachaux & Niestlé.

Photos JF Irastorza

 

La Piéride du chou

Le plus grand des papillons blancs du jardin. La Piéride du chou est de bonne compagnie. Ses chenilles un peu moins !

Envergure maxi : 65 mm. Visible de mars à novembre.

Curieusement, la Piéride du chou (Pieris brassicae) n’avait pas encore trouvé place dans cette chronique et sa galerie d’une cinquantaine de papillons ! C’est pourtant, et de très loin, l’espèce la plus nombreuse au jardin. Du début du printemps jusqu’au bout de l’automne. Parfois même au delà.

De belle envergure, elle se distingue d’abord par une large marque noire, en forme de faucille, à la pointe des antérieures. Quel que soit le sexe.

Une histoire de points

La femelle est facilement repérable à sa ponctuation – deux points et une petite virgule noires – en face dorsale des antérieures. Le mâle en est dépourvu. Mais l’un et l’autre présentent deux points noirs au revers bordé de jaune des antérieures, et, en face dorsale, un « demi-point » noir en bordure avant des postérieures. Vous avez suivi ?

Omniprésente ou presque, elle est de bonne compagnie. Pour autant, elle ne se laisse pas approcher facilement. Même lorsqu’elle butine. Encore moins dans ses patrouilles au potager. Difficile dès lors de voir la femelle pondre. C’est toujours au revers d’une feuille de choux. Des petites plaques d’oeufs jaunes qu’il est aisé de collecter pour éviter l’invasion des chenilles. Une minutieuse inspection hebdomadaire suffit généralement. Mais gare au relâchement dans la vigilance !

Des yeux verdâtres et des antennes pointées de blancs : les deux sexes présentent un revers jaune pâle légèrement poudré de noir aux postérieures. Blanches, les antérieures  sont rehaussées de deux points noirs (un seul visible ici) et d’un apex jaune pâle.

Accouplement en opposition sur une feuille de Rose trémière.

Jaune vif, les petites « plaques » d’œufs ont au moins le mérite d’être aisément repérables au revers des feuilles de chou.

La Piéride du chou passe l’hiver à l’état de chrysalide. Il n’est cependant pas rare de voir encore les chenilles à l’oeuvre aux alentours de Noël !

En savoir plus  :

  • Moussus, Lorin et Cooper, 2022, Guide pratique des papillons de jours, Delachaux et Niestlé.
  • La Piéride du chou avec le site insectes-net.fr

Photos JF Irastorza 

 

La Brocatelle dorée

Brocatelle dorée.

La Brocatelle dorée, dans la végétation basse, comme un tissu de soie rehaussé de motifs d’or et d’argent.

Brocatelle dorée.

Envergure maxi : 30 mm. Visible de mai à septembre.

Son nom évoque les précieux tissus brochés de la Renaissance. La Brocatelle dorée (Camptogramma bilineata) présente en effet une livrée donnant une impression de relief dans un camaïeu de motifs ocres. Parfois nuancé de rosé, l’ensemble est parcouru de plusieurs lignes blanches sinueuses, soulignées de noir. Jusque sur l’abdomen.

Voilà un membre de la grande famille des Phalènes. Ses chenilles vertes appartiennent ainsi au club si caractéristique des « géomètres ». Cela dit, elles n’arpentent pas le potager. Plutôt les prairies et fourrés alentour où elles se nourrissent volontiers de plantains, liserons et rumex, notamment l’oseille sauvage.

La silhouette triangulaire, les fines antennes rabattues vers l’arrière au repos, c’est un papillon de nuit. Cependant, comme l’Alternée, il n’est pas rare de la rencontrer voletant au jardin dans la matinée. Dérangée, elle va se réfugier sur une feuille voisine. Et le plus souvent dessous. Ni vue ni connue.

Brocatelle dorée.

Ce sont les chenilles qui passent l’hier, calfeutrées dans la litière, au pied des liserons et  rumex, notamment l’Oreille sauvage, leurs plantes ho^tes.

En savoir plus : 

  • Hétérocères diurnes, Rainier Ulrich, 2020, Delachaux & Niestlé.

Photos JF Irastorza