Le Cuivré commun

Cuivré commun.

C’est évidemment l’orange rougeoyant qui retient l’attention chez le petit Cuivré commun, alias l’Argus bronzé, grand amateur de soleil.

Cuivré commun.

Envergure maxi : 27 mm. Visible d’avril à octobre.

Il illumine le jardin jusqu’aux premières gelées. Trois générations de Cuivré commun  (Lycaena phlaeas) se succèdent en effet tout l’été et une partie de l’automne. Les petites chenilles de la dernière se camoufleront aux temps mauvais. Elles reprendront des forces au printemps sur les jeunes pousses d’oseille sauvage.

On l’appelle aussi parfois l’Argus bronzé. Un cousin de l’Azuré commun donc. Aussi petit mais pas une once de bleu contrairement à la plupart des membres de la grande famille. Sinon quelques discrètes mouchetures, à peine perceptibles, souvent inexistantes, sur une livrée où dominent le brun et l’orangé mêlé de rouge. Bref le cuivre. Ce n’est plus du bronzage mais un coup de soleil !

Avec une discrète petite excroissance, il n’a certes pas de quoi rivaliser avec l’Azuré porte-queue. Mais c’est juste assez pour mettre en valeur la bordure orangée pointée de noir des ailes postérieures. Le revers est un peu plus neutre. Sauf à contre jour. Le fond brun clair est alors éclipsé par de lumineuses transparences rouge orangé. Quand on aime le soleil, autant jouer avec !

Au fil des saisons

Cuivré commun.

Mi juin 2019. Contre-jour avec la complicité du soleil levant.

Fin août 2019. Dans une peupleraie proche du jardin, sur une inflorescence de Menthe des champs.

Mi octobre 2020. Tant qu’il y a un peu de soleil, jusqu’aux premières gelées… On perçoit bien ici les discrètes  « mouchetures » bleues des ailes postérieures.

Mi juin 2021. Les ronces des haies sont particulièrement généreuses en cette fin de printemps !

Fin juin 2021. La Crépide capillaire pour varier les plaisirs sucrés du printemps…

Mi septembre 2021. Sur la Menthe des champs.

Fin avril 2022. Sur les pâquerettes du jardin. Les mouchetures bleues se devinent à peine en marge des plages brunes des postérieures.

Début août 2022. Sur la Pulicaire dysentérique à peine éclose.

Début août 2022. La Pulicaire est décidément irrésistible !

Début septembre 2022. L’Héliotrope d’Europe apprécie les fortes chaleurs. Elle a été servie cette année !

Fin septembre 2022. Harmonie de circonstance pour saluer l’arrivée de l’automne.

Début octobre 2022. Pas de mouchetures bleues mais des petites taches sombres sur la large plage brune des postérieures.

Début octobre 2022. Tout poudré de pollen blanc sur le Cirse des champs.

Mi-octobre 2022. De moins en moins de nectar au jardin. Heureusement, il y a les cosmos !

En savoir plus :

Photos JF Irastorza

 

L’Arlequinette jaune

Arlequinette jaune sur fleur de bourrache / Un jardin dans le Marais poitevin.

Ne cherchez pas un costume bariolé !  L’Arlequinette cherche plutôt à se faire oublier dans un sobre contraste noir et jaune pâle.

Arlequinette jaune sur pétiole d'une fleur de bourrache / Un jardin dans le marais poitevin.Sa tenue de camouflage a malgré tout belle allure. Et ses grands yeux bleus pointés de noir attirent irrésistiblement le regard. L’Arlequinette jaune – Acontia (emmilia) trabeatis – s’est réfugiée parmi les fleurs de bourrache. Sans doute pour attendre la nuit. Même s’il lui arrive de voler le jour.

Bourdons et abeilles ne la dérangent pas. Le photographe davantage. Elle passe ainsi de fleurs en feuilles pour chercher un couvert. Et finit par s’envoler en quête d’un gîte plus tranquille.

Loin du costume multicolore d’Arlequin, la livrée de l’Arlequinette alterne plus sobrement noir et jaune pâle, dans un jeu de taches et de larges lignes sinueuses. Jusque sur sa tête minuscule sommée de deux longues antennes. Et sur les pointes de ses vigoureuses pattes.

Comme celles du Ptérophore blanc, ses chenilles ne s’intéressent pas aux légumes du potager. Elles sont plutôt inféodées à la mauve et surtout au liseron. Décidément, ce fichu liseron ne manque pas d’intérêt pour les bestioles du jardin.

Arlequinette jaune sur fleur de bourrache / Un jardin dans le marais poitevin.

En savoir plus :

Photos JF Irastorza

 

Le Ptérophore blanc

Ptérophore blanc (Pterophorus pentadactylus) / Un jardin dans le Marais poitevin.

Suspendu à une herbe ou à l’arrière d’une feuille, le Ptérophore blanc garde étendues ses curieuses ailes plumeuses. Comme un perpétuel orant.

Ptérophore blanc (Pterophorus pentadactylus) / Un jardin dans le Marais poitevin.

Envergure maxi : 32 mm. Visible de mai à septembre.

Evidemment, ce ne sont pas de véritables plumes. Le Ptérophore blanc (Pterophorus pentadactylus) est bien un papillon ! Mais les lobes de ses ailes d’un blanc pur – deux à l’avant, trois à l’arrière – sont joliment « frangés ». Cela dit, pas si simple de se camoufler avec un tel équipement.

Ptérophore blanc (Pterophorus pentadactylus) / Un jardin dans le Marais poitevin.Comme beaucoup de petits papillons de nuit, celui-ci s’accroche à l’arrière d’une feuille ou sur la tige d’une graminée pour se faire oublier le jour. Toujours les « bras » en croix. Ou plus exactement en « T », tant sa tête est peu proéminente. L’abdomen pendant et les interminables pattes arrière ballantes. Des pattes frêles pourvues d’« épines » qui contribuent à l’étrangeté de la silhouette. 

Même posé sur ses six pattes (c’est rarement la cas), le Ptérophore blanc garde ses ailes  plumeuses étendues. Comme un perpétuel orant. Peut-être pour nous implorer de ne pas éradiquer la principale nourriture de ses chenilles. Le liseron. Il est vrai que le volubile envahisseur a rarement libre cours au jardin. Du moins peut-il vagabonder sans contrainte dans les haies et sur les clôtures.

Ptérophore blanc (Pterophorus pentadactylus) / Un jardin dans le Marais poitevin.

En savoir plus :

  • Hétérocères diurnes, Rainer Ulrich, 2020, Delachaux & Niestlé.
  • Les Ptérophorides et le Ptérophore blanc avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza