La Carte de géographie

Carte de géographie, première génération / Un jardin dans le Marais poitevin.

Au revers des ailes postérieures, un réseau de fines lignes blanches évoque celui d’une carte routière. D’où son nom.

Deux générations dissemblables pour la Carte de géographie, avec toutefois le même réseaux de lignes blanches qui lui vaut son nom.

Carte de géographie, première génération, mars 2019 / Un jardin dans le Marais poitevin.

Envergure maxi : 52 mm. Visible de fin mars à septembre. Ici livrée printanière.

La dernière fois qu’elle est passée au jardin, elle était à dominante noire, discrètement marquée de blanc et d’orange. C’était l’été dernier. Deux générations se succèdent en effet chez la petite Carte de géographie. L’une printanière. L’autre estivale. Semblables dans l’allure générale et le comportement. Très différentes dans le jeu de couleurs de leur livrée.

Livrée estivale.

C’est donc la première génération qui vient de faire son apparition. Une marge et un semi de taches noires, quelques filets et points blancs, comme pour rappel, mais c’est surtout l’orange brique qui éclate sous le soleil de mars ! 

D’une génération l’autre, le revers des ailes est plus semblable. C’est lui qui vaut son nom à la Carte de géographie ! Sur fond brun, plus violacé dans la seconde génération, un ensemble de fines lignes blanches, davantage concentré sur l’aile postérieure, évoque ainsi le tracé d’un réseau routier. Et pourquoi pas celui des conches et des rigoles du Marais poitevin ?

Sur un épi de menthe odorante.

Fin mars. Première apparition printanière sur une haie du jardin.

Fin avril. Sur le Cerfeuil sauvage, premières ombelles du printemps

Mi avril. Bain de soleil au pied d’une haie.

Début juin. C’est déjà l’été : la seconde génération de la Carte de géo vient d’émerger !

Fin mai. Quand la Carte de géo succombe aux leurres de l’Orchis pyramidal.

Début avril. Sur l’aubépine en fleurs.

En savoir plus :

  • Guide pratique des papillons de jour, 2022, Moussus, Lorin et Cooper, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Carte géographique avec le site quelestcetanimal.com
  • La Carte géographique avec le site insectes.net

Photos JF Irastorza

 

La Piéride de la moutarde

Elle ne s’éloigne jamais très loin et n’est guère farouche. La Piéride de la moutarde laisse assez facilement admirer ses yeux gris bleu !

Piéride de la moutarde sur fleur de Grémil pourpre bleu / Un jardin dans le Marais poitevin.

Envergure maxi : 24 mm. Visible de mai à août.

Un papillon blanc. Une Piéride. Oui mais laquelle ? Ni celle du chou ou du navet. Elle est bien trop petite. Guère plus de deux centimètres d’envergure. Avers des ailes, abdomen, pilosité de la tête : la Piéride de la moutarde (Leptidea sinapis) est blanche jusqu’au bout des pattes ! 

Trois exceptions cependant. D’abord le revers des ailes. De larges lignes grisées y forment un discret réseau, comme estompé, à peine perceptible sous le soleil. Ensuite les antennes. En forme de massue, on croirait leur pointe incandescente, brune puis roux orangé. Enfin les yeux ! Si ceux de la petite Aurore sont verts, ceux-ci n’en sont pas moins attendrissants. D’un étonnant gris bleu. Constellés de petits points plus sombres.

La Piéride de la moutarde affectionne les pieds de haie et les prés refermés du marais. Elle y butine notamment le Grémil pourpre bleu. En attendant la Moutarde noire qui ne devrait plus tarder à fleurir.

Piéride de la moutarde, réseau grisé au revers des ailes, pointe des antennes orangé, pattes blanches et yeux bleu-gris / Un jardin dans le Marais poitevin.

Deux à trois générations se succèdent en mai-juin puis juillet-août. Les chenilles se développent sur diverses légumineuses. La dernière génération passe l’hiver à l’état de chrysalide.

Une silhouette gracile sur un bouton d’oeillet d’Inde. La Piéride de la moutarde visite régulièrement le jardin de son vol lent et bas.

En savoir plus 

  • Guide pratique des papillons de jour, 2022, Moussus, Lorin et Cooper, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Piéride de la moutarde avec les Carnets nature de Jessica
  • Leptidea sinapis avec la galerie du site insecte.org

Photos JF Irastorza 

 

Le Moro sphinx

Moro sphinx en vol stationnaire sur mirabellier en fleurs / Un jardin dans le Marais poitevin.

Le Moro sphinx se nourrit sans poser les pattes. En vol stationnaire, avec une précision millimétrique.

Moro sphinx au repos sur feuilles mortes / Un jardin dans le Marais poitevin.

Envergure maxi : 50 mm. Visible de mars à octobre. Ici mimétisme au repos sur feuilles mortes.

Dans le grand bal du mirabellier tout juste en fleurs, le Moro sphinx (Macroglossum stellatarum), alias le papillon colibri, est assez facile à repérer, parmi abeilles, syrphes et bourdons. Son vol stationnaire ne ressemble à aucun autre, flamboyant sous le soleil.

Las ! L’opération ne dure que quelques secondes. Le temps de déployer la longue trompe coudée, avec une étonnante précision, jusqu’au fond de la corolle. Et le voilà déjà parti. Sans aucun doute le papillon le plus vif du jardin !  Il n’est pas du genre à virevolter. Ses trajectoires sont rapides, avec de brusques et imprévisibles changements de cap. A la manière du Grand bombyle. Toute proportion gardée.

Il est beaucoup plus placide lorsqu’il fait la pause dans la haie voisine. Il est alors presqu’invisible. Ailes repliées, l’ensemble devient gris fauve, marbré de brun, dans un mimétisme parfait avec la végétation. Surtout sur fond de feuilles mortes. Les antennes en forme de massue, le haut des pattes plumeux, la pointe de l’abdomen hérissée de longs poils drus, le Moro sphinx ne tarde pas à reprendre du service. L’appel du nectar.

Le tube nectarifère du chèvrefeuille des haies est profond. Pas de problème pour la très longue trompe du Moro-sphinx !

En savoir plus : 

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Macroglossum stellatarum avec le site insectes-net.fr
  • Macroglossum stellatarum avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza