Les Coprins en grande hâte

Coprins domestiques / Un jardin dans le Marais poitevin.

Les Coprins ont la réputation d’être éphémères. Ceux-là l’ont été un peu malgré eux. Fauchés par une première nuit de grand froid.

Coprins domestiques / Un jardin dans le Marais poitevin.

Pas de chance. En petites troupes serrées, les Coprins domestiques pointent leur nez autour d’un vieux poirier la veille de la première sévère gelée de l’automne !

Beiges, fauves, le mamelon brun, plutôt hauts perchés sur des pieds laiteux, ils se distinguent à peine de leur lit de feuilles mortes.

Comme trop pressés de s’épanouir, ils  craquent leur fragile chapeau strié. Les déchirures suivent le fil des lamelles et leur donnent bientôt un air échevelé. Pas de quoi décourager les petits petits boutons qui, un peu partout alentour, sortent de terre en grande hâte.

Le lendemain matin, tout ce petit monde a disparu, noirci, recroquevillé sous le givre parmi les feuilles mortes. Presqu’aussi éphémères que les Coprins plissés. Malgré eux sans doute. Ont-ils eu le temps de disséminer leurs spores ? Après tout, ils ne demandaient pas autre chose.

Photos Fernand ©

 

La Morelle parée pour les bec fins

Morelle douce-amère / Un jardin dans le Marais poitevin.

Toxiques avant complète maturité, les baies de la Morelle douce-amère vont enfin pouvoir régaler les oiseaux. Merci la première gelée.

Morelle douce-amère / Un jardin dans le Marais poitevin.Quand elle ne rencontre pas d’arbre à escalader, la Morelle douce-amère rampe et tapisse les bords de fossés. Appréciant les sols riches et humides, elle est évidemment très à l’aise dans le Marais poitevin. Ici à deux pas du jardin, les premières gelées ont eu raison de ses dernières petites fleurs violettes et jaunes. Elles ont aussi hâté la gourmandise des oiseaux.

Car, si les superbes baies de la Morelle douce-amère sont tentantes, les passereaux et les poules d’eau du marais ont appris la patience. Pas question d’y toucher avant le début de l’hiver. Elles doivent être devenues bien rouges, très mûres, pour ne pas dire blettes, afin de ne plus être toxiques. Du moins pour les oiseaux. Le coup de gel a accéléré le mouvement. Le festin va pouvoir commencer. Et du même coup la dissémination des graines.

Morelle douce-amère / Un jardin dans le Marais poitevin.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Orchidées de Poitou-Charentes et Vendée, Jean-Claude Guérin, Jean-Michel Mathé, André Merlet, Maryvonne Lorgeré, 1995, Éd. Méloé.
  • Avec l’herbier numérique du site flore-en-ligne.fr
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com

Photos JF Irastorza 

 

Vraie et fausse guimauve

La petite Amégille à joue blanche apprécie nectar et pollen de la Guimauve officinale.  Guimauve (Althaea officinalis). Les humains préfèrent les Chamallows : grillée ou non au feu de bois, la confiserie est confectionnée à partir de la racine de la sauvageonne.

Mauve, guimauve … On les confond parfois. Leurs fleurs sont pourtant bien différentes. Quoiqu’il en soit, pour être sauvages, elles ont toute leur place au jardin !

Mauve sylvestre / Un jardin dans le Marais poitevin.Les deux cousines sont bien présentes dans le Marais poitevin. L’une sur les prairies humides. L’autre plutôt au bord des chemins. Avec un même port vigoureux, elles se distinguent d’abord par leur feuillage. Egalement velouté mais vert tendre pour la Guimauve officinale, plus soutenu voire foncé pour la Mauve sylvestre.

La Guimauve officinale, parmi les plantes-hôtes de l’Arlequinette jaune.

C’est évidemment leur fleur qui fait la différence au premier regard. Mauve bien-sûr. Mais tout en délicatesse ici. Comme en écho aux vertus apaisantes de la friandise tirée jadis de ses racines. Plus franchement là, avec des nervures violacées très marquées.

On les confond souvent dans le langage courant du marais.  Il est vrai qu’elles étaient jadis de tous les jardins !

Mauve sylvestre / Un jardin dans le Marais poitevin.

Dans de bonnes conditions, la Mauve sylvestre forme des touffe de près d’un mètre, abondamment fleuries de juin à septembre. Parfois au-delà.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Orchidées de Poitou-Charentes et Vendée, Jean-Claude Guérin, Jean-Michel Mathé, André Merlet, Maryvonne Lorgeré, 1995, Éd. Méloé.
  • Avec l’herbier numérique du site flore-en-ligne.fr
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com

Photos JF Irastorza