La Bardane vous souhaite bon appétit !

Une poêlée de Bardane, cela vous dit ? Rien de plus facile. On en trouve partout. Une jolie fleur pourpre doublée d’un savoureux légume.

Bardane : on récoltera surtout les jeunes feuilles et les jeunes hampes florales / Un jardin dans le Marais poitevin.Dans la série des plantes potagères oubliées, la Bardane tient une place à part. Sans doute parce qu’elle n’a pas vraiment disparu. Il est vrai que ses nombreuses graines, facilement disséminées, en font un hôte familier des bords de chemins. Notamment du halage de la Sèvre.

Et puis tout se mange ou presque dans la Bardane. Hormis bien-sûr les fameux « Velcros » de ses fruits ! Pour le reste, sauf à se promener avec une fourche-bêche pour en extraire les racines, le plus simple est de récolter les jeunes feuilles et des jeunes hampes florales.

Les feuilles auront toute leur place, aux côtés de l’épinard et de l’oseille, dans un savoureux farci. Mais l’heureuse surprise viendra surtout des tiges. Pelées avec un économe, coupées en tronçons, bien fermes et juteuses, elles feront une délicate poêlée. En compagnie par exemple de quelques champignons de saison. Une belle texture. Et un léger goût d’artichaut.  

Source :

La Bardane est aussi une excellente mellifère. Chaque capitule rassemble plusieurs dizaines de fleurs en un petit bouquet serré. Chacune d’entre elles se résume à une étroite corolle tubulaire, violacée et finement dentée. En émergent les étamines d’un pourpre très foncé. Soudées, elles forment elles-mêmes un tube enserrant un style long blanc unique, bifide lorsque l’ensemble est pleinement épanoui.

 

Iris gigot : une explosion rouge-orangé

Iris gigot / Un jardin dans le Marais poitevin.

La bonne surprise vient avec l’automne. L’Iris gigot libère ses graines éclatantes. Et tant pis pour l’étrange odeur de son feuillage…

Il est solidement implanté ici et là en lisière du jardin, au pied des haies mais aussi des pommiers. Là où la tondeuse a épargné leurs touffes vertes persistantes. L’Iris gigot est surtout très présent dans les taillis plus ou moins ensauvagés des bords du halage.

Iris gigot / Un jardin dans le Marais poitevin.Sa floraison printanière est aussi discrète qu’éphémère. Pas de quoi rivaliser avec le parterre des grands iris bleus. Quoi que…

C’est maintenant, au milieu de l’automne que l’Iris gigot donne le meilleur. Ses petites fleurs trop vite fanées ont eu tout l’été pour faire place à de grosses capsules vertes aujourd’hui desséchées. En ce début novembre, elles explosent sous la pression des graines parvenues à maturité.

D’un joli rouge orangé, leur éclat est du plus bel effet. Même si vent et pluie de l’automne ont tendance à plaquer le feuillage au sol et à coucher quelques hampes trop lourdement chargées.

Reste que l’Iris gigot a mauvaise réputation. Parce que ses baies sont toxiques mais aussi en raison de l’odeur de son feuillage. Les uns le prétendent fétide. Les autres y perçoivent un relent de grillade. D’où son sobriquet. On ne peut pas plaire à tout le monde.

Iris gigot / Un jardin dans le Marais poitevin.

Iris gigot / Un jardin dans le Marais poitevin.

Des épis aussi spectaculaires que les fleurs étaient modestes au printemps dernier.

Photos : Fernand ©

 

La Berce : bouquet final !

Ombelle desséchée de la Berce / Un jardin dans le Marais poitevin.

La multitude de graines de la Berce est maintenant dispersée / Un jardin dans le Marais poitevin.Fin de cycle pour la Berce des bords du halage. Pourtant si robuste tout l’été, la grande et belle ombellifère a perdu de sa superbe. Pluie et vent malmènent aujourd’hui son fragile squelette desséché.

Seules quelques graines s’accrochent encore ici et là. Au printemps prochain, le sol riche et humide du marais assurera la succession. Tant mieux pour les adeptes de la gastronomie sauvage qui en apprécient les parfums d’agrume.

Ultime coquetterie automnale sous le soleil du matin. Les rayons de ses ombelles, démultipliés par ceux des boutons floraux, prennent des allures de feu d’artifice. Fière et belle malgré tout.

Ombelle desséchée de la Berce / Un jardin dans le Marais poitevin.

Photos Fernand ©