La Sésie du groseillier

Sésie du groseillier sur Moutarde blanche.

Des anneaux abdominaux jaunes sur une dominante noire. La Sésie du groseillier se distingue aussi à ses étroites ailes hyalines et noires.

Sésie du groseillier sur Moutarde blanche.

Envergure maxi : 10 mm. Visible de juin à août.

Même allure générale, même taille que la petite Sésie de l’oseille rencontrée au printemps sur les ronces en fleurs des haies. Sa cousine, la Sésie du groseillier (Synanthedon tipuliformis) s’est invitée sur la planche de Moutarde blanche : l’engrais vert se double en effet d’un sacré bar à nectar pour les insectes de tous poils !

Voilà donc une discrète sésie à dominante noire. Simplement rehaussée, non pas de rouge orangée comme sa parente de l’oseille, mais de jaune : trois anneaux abdominaux pour la femelle ici, quatre pour le mâle. Le jaune plus ou moins soutenu s’invite également, par petites touches, sur les pattes, autour du « cou », sur les côtés du thorax et sur les ailles par ailleurs essentiellement hyalines et noires.

Comme son nom le suggère, les chenilles de ce petit papillon se développent notamment sur les groseilliers. Ou plutôt « dedans ». Elles pénètrent ainsi dans les tiges pour en grignoter la moelle. Sans jamais en sortir. Sauf au printemps suivant sous forme d’une nouvelle génération de papillon. Des ravageuses invisibles. Seul indice de leur présence : le dessèchement rameaux infestés. Trop tard. Mieux vaut les couper et les brûler.

Sésie du groseillier sur Moutarde blanche.

Trois étroites bandes abdominales jaunes : il s’agit ici d’une femelle. Outre les ailes largement transparentes, à noter également les solides antennes aux extrémités coudées en forme de massues. Et le petit toupet de poils ébouriffés à la pointe de l’abdomen. Autant de spécialités familiales.

Sésie de l'oseille sur fleur de ronce commune.

Deux cousines : la Sésie de l’oseille avec ailes et toupet abdominal tachés de rouge-orangé…

… et la Sésie du peuplier, beaucoup plus grosse (du moins pour la femelle), ici en accouplement dans la végétation basse d’une peupleraie proche du jardin.

En savoir plus : 

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La famille des sésies avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza

 

L’Eumène couronné

Eumène couronné sur bractée de rudbeckia.

Petite guêpe solitaire, l’Eumène couronné se partage entre butinage et chasse aux chenilles dont il approvisionne sa progéniture.

Soigneux nettoyage des antennes sur une feuille de marguerite.

Dans la série des guêpes potières du jardin, on a déjà rencontré ici le petit Eumène pomiformis et, plus spectaculaire, l’Eumène unguiculé, aussi impressionnante que tranquille. Voici une cousine, sans doute l’Eumène couronné (Eumenes coronatus), à la toilette sur une bractée de rudbeckia.

De ses pattes jaunes et noires, il se lisse consciencieusement la langue. Après avoir essuyé ses solides antennes. Langue et antennes : deux outils précieux. La première pour puiser le nectar. Les secondes pour localiser ses proies. Des petites chenilles anesthésiées et transportées jusqu’au nid où elles constitueront le garde-manger des futures larves.

Pourquoi couronné ? En référence peut-être à la large tache jaune d’or qui, à l’avant du thorax, semble ceindre sa tête. Ce même jaune qui intervient par petites touches, sur la face, à la naissance des antennes et des ailes, sur les côtés du thorax et plus largement, par taches puis bandeaux successifs, sur les différents segments de l’abdomen. À noter celui qui souligne le second étranglement abdominal. Le dessin n’évoque-t-il pas celui d’un diadème ?

Le bandeau marquant le second étranglement abdominal présente une découpe ajourée qui évoque (un peu) celle d’un diadème.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux et Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Les guêpes maçonnes avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza 

 

Madame Orthétrum brun

Madame Orthétrum brun à l'affût sur un piquet du jardin.

De l’utilité des petits piquets de bambou au potager ! Madame Orthétrum brun en fait bon usage dans ses parties de chasse à l’affût.

Longueur maxi :: 49 mm. Visible d’avril à septembre.

Tuteurage, marquage des rangs de semis mais pas que…On a toujours besoin de petits piquets de bambou au jardin !  Et voilà, par la même occasion, autant de points de halte ou d’affût pour les libellules de passage. En particulier pour Madame Orthétrum brun (Orthetrum brunneum).

Brun vraiment ? On se souvient de Monsieur, rencontré l’été dernier au bord d’un fossé. Plus bleu que lui tu meurs ! Des yeux jusqu’à la pointe de l’abdomen. Quant à Madame, avec une dominante brun pâle mâtinée de jaune, la confusion est possible avec d’autres femelles Orthétrum.  

On la différentie notamment à sa fine ligne médiodorsale noire et au petit point qui l’accompagne, de part et d’autre, sur chacun des segments abdominaux. Autres détails distinctifs : des plaques thoraciques alternant brun et blanc-crème, des yeux bleu-vert et, surtout, une face entièrement blanche. Quoiqu’il en soit, c’est une excellente chasseuse. Postée au sommet d’un piquet, elle fond sur les petits insectes volant à sa portée. Et revient le déguster sur le même perchoir.

On distingue bien ici les petits points noirs qui marquent chaque segment. Et la suite de petites nervures blanches, propres à la famille des orthétrums, à l’avant de chaque aile.

La ponte de Mme Orthétrum brun, en vol, la pointe de l’abdomen plongée dans les eaux peu profondes d’un fossé du marais. À noter les yeux bleu-vert et la face entièrement blanche.

En savoir plus  : 

Photos JF Irastorza