La Mouche automnale

Mouche automnale sur fleurs de Menthe aquatique.

Visible tout l’été dans les pâturages, la Mouche automnale tient son nom de ses rassemblements près des habitations à l’approche de l’hiver.

Mouche automnale sur fleurs de Menthe aquatique.

Taille maxi : 7 mm. Visible de mars à octobre.

On a beau aimer les mouches, point trop n’en faut ! Surtout à la maison… C’est pourtant bien l’objectif de la Mouche automnale (Musca automnalis) en prévision des premiers froids. Un peu comme la Mouche des greniers (Pollenia rudis) : se rapprocher des habitations pour passer la mauvaise saison à abri.

De petite taille, elle est assez facile à distinguer. Yeux rouge-bordeaux sur face blanc-argenté. Thorax et scutellum noirs rayés de gris. Abdomen trapu nettement plus court que les ailes hyalines. Assez passe-partout – noir pruiné de gris – chez la femelle, il s’illumine de jaune clair ici chez le mâle.

Très commune à la campagne, particulièrement en zone d’élevage, la Mouche automnale y accompagne habituellement le bétail. C’est elle en effet qui agace en permanence vaches et chevaux en venant lécher leurs sécrétions nasales ou oculaires. Avant d’installer leur progéniture sur les bouses des champs. Ce qui ne l’empêche pas de butiner à l’occasion.

À ne pas confondre avec la Mouche des greniers (Pollenia rudis) qui s’en distingue notamment par ses longues soies noires et, surtout, par la dominante dorée de son thorax.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, 2024, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le Guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Guide la la vie sauvage du jardin, Michael Chiney, 2002, Delachaux & Niestlé.
  • La Mouche automnale avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza 

 

Le Frelon européen

Frelon européen sur feuilles de ronce.

Début novembre. La patrouille du Frelon européen marque le pas. Les pauses se prolongent dans les haies. Prélude à l’hécatombe automnale.

Frelon européen sur Menthe aquatique.

Taille maxi : 35 mm (reine). Visible d’avril à octobre.

C’est bientôt la fin ! Depuis quelques temps, le coeur n’y est plus chez les ouvrières du Frelon européen (Vespa crabro). Les jours qui raccourcissent, la pluie et surtout le froid… Les colonies périclitent. Derniers tours de pistes au jardin. Mais à quoi bon chasser désormais !

Seules les jeunes femelles récemment fécondées échapperont à l’hécatombe automnale. Les futures reines de la saison prochaine ! Avec un impératif pour l’heure : trouver un abri – terrier abandonné ou cavité d’un vieil arbre – pour passer l’hiver. Aux premiers beaux jours, il reviendra à chacune d’entre elles de fonder une nouvelle colonie.

En attendant, les pauses plus fréquentes facilitent l’observation. Le jaune sur fond noir domine, de l’abdomen à la face, avec des nuances orangées sur les mandibules. Quelques touches roussâtres, ici et là, des pattes jusqu’à la naissance des antennes. Le tout dans une superbe indifférence. On est loin de la réputation belliqueuse du frelon. Il est vrai qu’il n’y a plus vraiment aujourd’hui de nid à défendre.

Frelon européen sur feuilles de ronce.

La mauvaise réputation du Frelon européen est plutôt injuste. Nullement agressif (sauf si on s’approche à moins de 5 mètres de son nid), ce n’est pas un « tueur d’abeilles » comme son cousin asiatique. Son régime est davantage diversifié. Ainsi, pour alimenter le couvain, son tableau de chasse est majoritairement constitué de mouches.

Le cousin asiatique

Aucun risque de confusion possible avec l’invasif Frelon asiatique, à la dominante noire plus prononcée et dont les marques jaunes, notamment sur la face, sont nettement plus orangée.

En savir plus :  

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux et Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le « Frelon européen » avec France nature environnement Rhône Alpes.

 Photos JF Irastorza 

 

Prise de tête automnale

Aeschne bleue, accouplement.

Il n’y a pas que le printemps ou l’été pour les acrobaties amoureuses ! Témoin l’Aeschne bleue ici aux abords de la Toussaint…

C’est, avec le Sympétrum rayé notamment, une des libellules les plus tardives du marais. Bien sûr, le gros de la troupe de l’Aeschne bleue (Aeshna cyanea) est estival, mais quelques individus font ainsi de la résistance jusqu’à la mi-novembre…  Et, jusqu’au bout, ils n’ont de cesse que de trouver l’âme soeur. Plutôt deux fois qu’une !

L’accouplement débute en vol. Puis, si le tandem est compatible, les amours se poursuivent, longuement, à l’accroche ici d’une branche de charme. 

Sacrée gymnastique. Le mâle saisit fermement la femelle par la nuque à l’aide de ses solides pinces anales. Consentante, Madame replie alors son abdomen jusqu’à toucher le deuxième segment de Monsieur. Bingo ! Car c’est au prix de cette inconfortable contorsion que les deux acrobates peuvent mettre en contact leurs pièces copulatrices… La femelle ira pondre, seule, dans un fossé envasé où ses larves se développeront pendant un à deux ans.

Aeschne bleue, accouplement.

Par définition, les deux sexes sont ici rassemblés et facilement identifiables : trois couleurs pour la femelle (vert-pomme, marron, noir) et quatre pour le mâle (les mêmes plus le bleu-ciel).

En savoir plus  : 

  • Guide des libellules de France et d’Europe, 2021, Dijkstra, Schröter et Lewington, Delachaux & Niestlé.
  • Libellules du Poitou-Charentes, 2009, collectif, Poitou-Charentes Nature (Ed).
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.

Photos JF Irastorza