Un décor minimaliste

Discoellius zonalis sur Renouée poivre d'eau.

Des ailes fumées et un corps presqu’entièrement noir : le Discoellius zonalis, une guêpe solitaire ornée de trois bandes jaune vif. Très discrètement.

Discoellius zonalis sur Renouée poivre d'eau.

Taille maxi : 15 mm. Visible de mai à septembre.

Parmi les guêpes maçonnes du jardin, on se souvient du petit Eumène pomiforme et de son cousin au format XXL, l’impressionnant Eumène unguiculé. Dans une taille intermédiaire, voici le sobre Discoellius zonalis, un euménide plutôt rare. Ici sur la Renouée poivre d’eau.

Comme souvent dans la famille, l’abdomen, d’abord filiforme, présente un premier bourrelet, avant de s’épanouir en un élégant fuseau. Loin d’être massive, la silhouette allongée est alors plutôt harmonieuse : tête, thorax et abdomen s’équivalent ainsi dans leur plus grande largeur.

Discrètement velu et ponctué, surtout sur la tête et le thorax, le corps est à dominante noire. Il s’en faut de peu d’ailleurs qu’il le soit entièrement ! Trois bandes jaune vif font chichement exception. La première souligne l’étranglement abdominal. La plus large – légèrement échancrée – marque le renflement du fuseau. Enfin, immédiatement derrière, la troisième est réduite à une simple ligne. À peine visible. Un décor décidément minimaliste.

Source : 

Discoellius zonalis sur Renouée poivre d'eau.

Pas de confusion possible avec le grand Eumène unguiculé qui se distingue aisément par ses taches rouge-orangé et sa pointe abdominale largement marquée de jaune.

En savoir plus : 

  • Heiko Bellmann, 2019, Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Delachaux et Niestlé.
  • Les Guêpes avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza 

 

La Chrysomèle de la menthe

Chrysomèle de la menthe.

La Chrysomèle de la menthe a bel appétit. Ses larves aussi. Un peu au jardin mais surtout sur la menthe sauvage des prairies humides.

Chrysomèle de la menthe.

Taille maxi : 10 mm. Visible de mai à septembre.

On a déjà rencontré au jardin la belle rouge et noire Chrysomèle du peuplier. Voici une de ses cousines. La Chrysomèle de la menthe (Chrysolina menthastri), beaucoup plus menue et d’un superbe vert métallique aux reflets cuivrés.

Comme la plupart des membres de la famille, elle a une silhouette de coccinelle, ovale et bombée, sans autre décor ici que ses vives nuances colorées. On la reconnaît encore à ses solides antennes annelées. Mais aussi à la ponctuation, très marquée et irrégulière, des élytres et comme de la bordure du pronotum.

Phytophages, larves et adultes se nourrissent principalement de feuilles de menthe. En colonie, elles peuvent causer d’importants dommages sur la planche des aromatiques. À vrai dire, on les trouve surtout sur les prairies humides où foisonnent diverses espèces de menthe sauvage en cette saison. Et si elles s’aventurent en trop grand nombre au jardin, leur couleur et leur caractère indolent les rendent faciles à repérer et à collecter.

Chrysomèle de la menthe.

Une petite cousine, la Chrysomèle fastueuse (Chrysolina fastuosa). La bien nommée. Superbes reflets aux couleurs – vert, rouge, orange, bleu – changeantes d’un individu l’autre, jusque sur les pattes et les antennes.

Une autre cousine, verte et rouge, la Chrysomèle polie (Chrysolina polita), elle aussi friande des feuilles de menthe.

En savoir plus : 

  • Coléoptères d’Europe, 2017, Vincent Albouy et Denis Richard, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La famille des chrysomèles avec le site aramel.free.fr
  • La Chrysomèle de la menthe avec les Carnets nature de Jessica

Photos JF Irastorza

 

La Dolomède commune

Dolomède commune sur les cailloux d'un gué.

Si la Dolomède commune marche sur l’eau pour « aller à la pêche », elle chasse aussi les insectes à l’affût sur la terre ferme…

Dolomède commune à l'affût sur une feuille morte flottant sur un fossé.Aussi à l’aise sur l’eau que dans la végétation des berges ! La Dolomède commune (Dolomedes fimbriatus), alias l’Araignée des marais, prend place ici sur les cailloux d’un gué. Là sur une feuille morte. À l’affût, elle peut ainsi « pêcher » larves, mollusques et mêmes alevins, tout en restant relativement l’abri des prédateurs…

En ce début d’automne, on rencontre surtout des individus immatures. Leurs pattes hérissées de soies noires sont encore verdâtres presque translucides. Thorax et abdomen commencent à peine à brunir. Adultes, ils  seront davantage sombres. Les bandes blanches latérales contrasteront alors plus fortement. De même que les deux lignes de points blancs sur l’abdomen.

Les jeunes Dolomèdes s’aventurent volontiers sur les prairies du marais. Jamais très loin d’un fossé ou d’une conche. Elles peuvent rester figées des heures, tapies au creux d’une feuille ou au revers d’une inflorescence. Pour saisir les insectes de passage. Des mouches surtout. Mais aussi des papillons ! Pas besoin de tisser une toile pour piéger une proie. Sur l’eau comme dans les herbes, il suffit de beaucoup de patience. Et d’une bonne détente le moment venu.

La Dolomède commune, juvénile, vient de capturer un Azuré des nerpruns.

Venu butiner la menthe des champs, le petit Azuré des nerpruns s’est laissé surprendre. Il est vrai que le mimétisme de la jeune Dolomède était parfait !

Mouche capturée par une Dolomède commune juvénile.

Fin août. À l’affût sur capitules de pulicaire.

En savoir plus : 

  • Araignées de France et d’Europe, Michael J. Robert, 2020, Delachaux & Niestlé.
  • La Dolomène commune avec les Carnets nature de Jessica

Photos JF Irastorza