Mahonia et frelon

Mahonia confusa et frelon asiatique.

Tueur d’abeille, amateur de pommes blettes, le Frelon asiatique apprécie également nectar et pollen. Surtout ceux du Mahonia confusa.

Mahonia confusa et frelon asiatique.C’est parti ! Le Mahonia confusa amorce la floraison de ses longues hampes jaune-citron. Parfumés, les milliers de petits boutons regorgent de nectar. Une aubaine pour les butineurs du jardin malmenés par la sécheresse depuis quelques semaines. Finie la disette…

Las. Du matin au soir, le superbe arbuste est squatté par les Frelons asiatiques du secteur. Pas de problème pour les bourdons. Surtout le Bourdon des champs que rien ne semble pouvoir intimider. Mais les abeilles préfèrent s’abstenir. Il est vrai que le monstre n’a pas son pareil pour les capturer et les croquer.

L’appétence du Frelon asiatique pour le Mahonia confusa s’explique peut-être par leur origine commune. En effet, si quelques espèces de Mahonias proviennent d’Amérique du nord, confusa est un cultivar obtenu par croisements de plusieurs espèces asiatiques. Notamment chinoises. Bien qu’acclimaté depuis belle lurette à l’Europe, au point d’y devenir invasif, le grand frelon orangé et noir est-il sentimental à ce point qu’il ne résiste pas au parfum « du pays » ?

Mahonia confusa et frelon asiatique.

Nullement impressionné par le frelon, le Bourdon des champs fréquente assidûment le Mahonia.

Frelon asiatique subtilisant une abeille prise dans une toile d'Epeire fasciée.

Le Frelon asiatique est avant tout chasseur d’abeilles. Quitte à les chiper, comme ici, sur la toile d’une Épeire fasciée…

En automne, il apprécie aussi les fruits, tombés à terre ou toujours dans l’arbre, pourvu qu’il soit bien mûrs.

En savoir plus : 

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe. Heiko Bellman, Delachaux & Niestlé, 2019.
  • Distinguer Frelon européen et Frelon asiatique avec la LPO
  • Le Frelon asiatique avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza 

 

L’Andrène humble

Andrène humble, femelle, sur origan en fleurs.

Modeste par la taille comme par l’absence de décor ou de couleur ostentatoires : le petit Andrène humble porte bien son nom. Si c’est bien lui !

Andrène humble, femelle, sur origan en fleurs.

Taille maxi: 12 mm. Visible de mars à juillet.

Parmi les abeilles sauvages du jardin, celle-ci n’est pas facile à identifier. Sinon qu’il s’agit d’un andrène de petite taille. Moins d’un centimètre. Faute de signe distinctif évident, on hésite… Peut-être l’Andrène humble (Andrena humilis). Le nom, en tout cas, lui va comme un gant ! 

Andrène humble, femelle, sur origan en fleurs.Un corps entièrement noir. Des ailes légèrement fumées. Une pilosité discrète. Sauf sur les pattes arrière où – chez les femelles comme ici – une brosse brun-fauve collecte le pollen. Enfin, glabre dans sa moitié avant, l’abdomen présente de timides lignes de poils blanchâtres à l’arrière.

Rien d’ostentatoire donc. Pas de pourpoint roux comme chez l’Andrène thoracique. Pas de colliers gris à l’image de l’Andrène cendré. Ni les ailes métalliques de l’Andrène agile, ni les rayures blanches de l’Andrène à pattes jaunes. Alors, Andrena humilis ?  Il faut se faire une raison : si le jardin est une bonne école d’humilité, l’approche de ses petits hôtes l’est tout autant.

Andrène humble, femelle, sur origan en fleurs.

Et s’il s’agissait d’Andrena pilipes, l’Andrène pieds-poilus comme disent nos amis belges ? Va prudemment pour Andrène sp. !

Trois cellules cubitales (ligne rouge) et une nervure basale à peine arquée (flèche bleue) : une des marques de fabrique des andrènes.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Heiko Bellmann 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Boyer 2015, Abeilles sauvages, Ulmer.
  • Vereecken 2018, Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Glénat.
  • Les andrènes avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza 

 

Précieux gymnosome !

Gymnosome sur Bident feuillé.

Une jolie et discrète petite mouche auxiliaire : les larves du Gymnosome  parasitent notamment la Punaise verte.

Gymnosome sur Bident feuillé.Chez les Gymnosomes, alias les « Mouches coccinelles », l’abdomen est rebondi, luisant, jaune ou rouge orangé, orné d’un ligne médiane de figures géométriques noires. Des petites taches circulaires le plus souvent. D’où l’allusion aux coccinelles. Parfois comme ici des triangles.

Difficile d’en préciser l’espèce. Quoiqu’il en soit, cet individu ne déroge pas aux caractères dominants du genre. Petite taille (6-8 mm), naissance des ailes jaune, yeux rouge bordeaux, stabilisateurs blanchâtres bien visibles, pattes noires, longues et solides antennes… Par contre, membre de la grande famille des mouches tachinaires, il s’en distingue par l’absence de fortes soies noires tant sur l’abdomen que le thorax.

Reste le plus important : comme les autres tachinaires, les gymnosomes sont de précieux auxiliaires du jardin. Les femelles pondent en effet leurs oeufs un à un en ciblant les punaises. Notamment les Punaises vertes. Les larves y pénètrent et s’y développent aux dépends de leurs fluides internes. Elles y passent l’hiver pour en émerger au printemps et s’enterrer aussitôt en vue de leur pupaison.

Gymnosome sur Bident feuillé.

Pas d’alignement de triangles mais des petites taches circulaires pour ce Gymnosome qui évoque d’autant mieux la coccinelle. Ici sur les petites fleurs blanches de la Lycope d’Europe.

En savoir plus : 

Photos JF Irastorza