La Stellaire holostée

Stellaire hostolée / Un jardin dans le Marais poitevin.

Comme une banale et grande herbe dans les fourrés. Jusqu’à la dense et longue floraison. C’est l’heureuse surprise de la Stellaire holostée.

Stellaire hostolée / Un jardin dans le Marais poitevin.Les cortèges se bousculent au pied des haies ! Dans le sillage du coucou, de la ficaire et du Gléchome, notamment, voici la Stellaire holostée (Stellaria hollostea). Cette ancienne médicinale étaient jadis réputée réduire les fractures mais aussi les furoncles et les troubles intestinaux. Bref, la simple par excellence.

Ses souches traçantes la font courir dans la broussaille. En cette saison, de hautes tiges aux allures de graminée en émergent, ponctuées d’étroites et longues feuilles qui lui valent parfois le surnom de « Langue d’oiseau ». 

La floraison de la Stellaire holostée est d’autant plus généreuse qu’elle prend tout son temps ! Les inflorescences se ramifient et s’épanouissent en effet par étapes successives. Une douzaine de grosses fleurs échelonnées, pour faire durer le plaisir…

Le charme ici n’a rien de sophistiqué. Cinq pétales blancs profondément échancrés. Dix étamines porteurs d’un petit sac de pollen orangé. Trois fins stigmates blancs enfin, dressés sur le pistil vert-jaune. Doublement simple !

Pollen et nectar directement accessibles. Ici avec le Syrphe du groseillier.

Stellaire hostolée / Un jardin dans le Marais poitevin.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com
  • La Stellaire hollostée avec le site flore-en-ligne.fr

Photos JF Irastorza 

 

Il est urgent d’attendre

Forsythia / Un jardin dans le Marais poitevin.

Pas vraiment un autochtone. Le Forsythia a eu son heure de gloire japonisante voilà quelques décennies. Jusqu’en bord de Sèvre.

Forsythia / Un jardin dans le Marais poitevin.Incontournable. Trop peut-être. Jadis exotique, aujourd’hui presque banal. N’empêche ! Le Forsythia a parfaitement trouvé sa place au jardin. Alors qu’importe finalement son incongruité au pied des peupliers !

Le rabattage et le nettoyage de l’an passé semblent avoir stimulé la vieille et robuste souche. L’arbuste est reparti de plus belle et donne actuellement le meilleur de lui-même.

Son éblouissante floraison jaune d’or est réputée marquer la fin de l’hiver. Encore que, cette année,  elle donnerait presque l’impression d’être en retard.

Taratata ! Pas de folie : pour semis et plantations de pleine terre, il est encore urgent d’attendre ! A deux pas, les bourgeons du lilas viennent à peine d’éclater. Davantage que le forsythia, c’est lui le véritable ambassadeur du printemps. La sagesse populaire ne veut-elle pas qu’il faille un bouquet de lilas pour saluer la plantation des premières pommes de terre ?

Sources : 

Forsythia / Un jardin dans le Marais poitevin.

Jasmin d'hiver / Un jardin dans le Marais poitevin.

Il n’a pas attendu le Forsythia pour fleurir ! Pas une feuille en cette saison pour le Jasmin d’hiver mais un fouillis de longs sarments verts au bord de la mare. Et une multitude de bourgeons violacés puis de petites trompettes jaunes…

 

Le Syrphe des corolles

Syrphe des corolles / Un jardin dans le Marais poitevin.

Le Syrphe des corolles est censé émerger avec le printemps. En fait, il ne s’arrête jamais vraiment. Même en hiver, il lui suffit d’un peu de soleil et de nectar.

Syrphe des corolles / Un jardin dans le Marais poitevin.

Taille maxi : 15 mm. Visible de mars novembre.

Sans attendre le printemps, les jeunes pousses de rosier vont bon train. Le moment est donc venu pour Madame Syrphe des corolles (Eupeodes corollae). Méthodiquement, elle inspecte tiges et feuilles. Par instinct, elle sait pouvoir trouver là de quoi nourrir ses futures larves, « siphonneuses » de pucerons.Installation d'une colonie de pucerons sur jeune pousse de rosier / Un jardin dans le Marais poitevin.

Bingo ! Une petite colonie verte commence à prendre ses marques à quelques feuilles de là. C’est encore loin d’être une invasion. Mais tout va tellement vite avec les pucerons… Ainsi, le temps pour la petite mouche d’installer ses propres rejetons, le festin sera à point.

C’est bien-sûr le démarrage de la végétation et, avec elle, l’arrivée des pucerons qui commandent la ponte du Syrphe des corolles. Pour le reste, l’hiver est loin d’être totalement léthargique ! Pourvu qu’il y ait un peu de soleil et quelques fleurs sauvages à butiner.

Syrphe des corolles / Un jardin dans le Marais poitevin.

Deux petites antennes noires percent sur une face jaune pâle. Les yeux ne se touchent pas. Il s’agit bien d’une femelle. Six à sept générations peuvent se succéder chaque année, des premiers beaux jours jusqu’en novembre.

Fin février. Cuirasse de bronze au thorax et trois paires de « virgules » jaunes sur l’abdomen. Un pied de haie ensoleillé et le nectar de la Ficaire fausse-renoncule : il n’en faut guère plus pour donner la bougeotte au Syrphe des corolles.

Fin janvier. Au coeur de l’hiver, on peut toujours compter sur la Véronique de Perse pour récompenser la témérité des butineurs les moins frileux.

2 janvier 2023 ! Si, si, au lendemain du Jour de l’an… En fait, le Syrphe des coroles ne s’arrête jamais vraiment. Il lui suffit d’un peu de soleil et de nectar !

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, 2024, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Syrphe des corolles avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza