La toilette de l’Eristale opiniâtre

Éristale tenace à la toilette / Un jardin dans le Marais poitevin.

L’Éristale opiniâtre aime les bains de soleil. Et la propreté. Alors, il profite souvent des pauses pour prendre soin de lui. Méticuleusement.

Éristale tenace à la toilette / Un jardin dans le Marais poitevin.Si vous aviez trois paires de pattes, lesquelles utiliseriez-vous pour la toilette ? Proche parente des syrphes, l’Éristale opiniâtre (Eristalis pertinax) ne se pose pas de question. Il fait les choses dans l’ordre. Tout simplement.

D’abord l’abdomen puis les ailes avec les pattes arrière. Des ailes parfaitement translucides, solidement Éristale tenace à la toilette / Un jardin dans le Marais poitevin.nervurées, dont une belle ligne ondoyante propre aux Éristales.
Il prend le temps de les lisser, encore et encore, solidement campé au bord de la feuille.

Viennent ensuite le thorax et la tête, avec les pattes médianes. Tout y passe. La face, les mandibules… Mais le plus sensible, sinon le plus Éristale tenace à la toilette / Un jardin dans le Marais poitevin.précieux, est pour les pattes avant que l’Éristale opiniâtre se nettoie longuement au préalable. Comme on se frotte les mains.

Il penche alors franchement la tête, d’un côté, de l’autre, pour se lustrer délicatement les énormes yeux. Ils sont ici disjoints : c’est une femelle.

Enfin, suprême délicatesse, la trompe… Et quelle ! Progressivement déployée et brossée, elle est longue, démesurément longue. Voilà donc notre Éristale lustré comme un sou neuf. Paré pour un nouveau tour de jardin.

En savoir plus sur la famille Eristale avec le site aramel.free.fr

Brossage de la trompe / Un jardin dans le Marais poitevin.

Deux cousins : l’Éristale des fleurs…

… et l’Eristale tenace, en visite ici sur un des pommiers en fleurs du jardin.

 

Nébuleuse ou diabolique ?

Punaise nébuleuse / Une jardin dans le Marais poitevin.

Des petits « carrés » blanchâtre en marge pour la nébuleuse. qui doit notamment son nom aux semi de points sombres de ses membranes alaires. Base des trois derniers articles des antennes marquée de blanc.

Au pied d’une haie, première sortie printanière pour la Punaise nébuleuse. Mais est-ce vraiment bien elle ?

Taille maxi : 17 mm. Visible toute l’année. Des petits « triangles » blancs en marge pour la diabolique.

Haute sur pattes dans la végétation basse, cette punaise semble familière. Quoique. Alors, Punaise nébuleuse (Rhaphigaster nébulisa) ou Punaise Diabolique (Halyamorpha halys) ?

Punaise nébuleuse, épine ventrale / Un jardin dans le Marais poitevin.

Taille maxi : 17 mm. Visible toute l’année. Une longue épine ventrale pour la Nébuleuse.

Grisâtres tachées de blanc crème tirant souvent sur le jaune, les deux se ressemblent à s’y méprendre.
Quelques détails retiennent cependant l’attention.

Trois zones claires et non deux sur les antennes. Des taches blanchâtres plutôt « carrées » et non triangulaires sur la bordure de l’abdomen. Une membrane arrière constellée de petits points noirs. Et surtout une longue épine ventrale dont la diabolique est dépourvue. C’est bien la Punaise nébuleuse !

L’une et l’autre ont mauvaise réputation. Piqueuses-suceuses, elles se nourrissent de la sève des végétaux. Légumes compris. Mais aussi les fruits pour la diabolique. Faut-il sonner le tocsin pour autant ? Comme pour la plupart des punaises, tout est question de mesure. Tant que ce petit monde reste principalement cantonné dans les haies…

Début avril. Nébuleuse sur fleur de pommier.

Mi janvier. La diabolique s’est réfugiée dans la maison où elle vient d’enfoncer son rostre sur le pétiole d’une plante verte !

Des anneaux clairs à la  jonction des deux  derniers segments des antennes pour la diabolique.

En savoir plus : 

  • Hémiptères de France, 2015, Romain Garrouste, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photos des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Punaise nébuleuse avec le site quelestcetanimal.com
  • La Punaise diabolique avec le site quelestcetanimal.com
  • La punaise diabolique avec le site myrmecofourmis.fr

Photos JF Irastorza

 

La Mouche à merde

Mouche stercoraire, mâle, sur prunelier en fleurs.

Un nom populaire lourd à porter ! La Scatophage du fumier, alias la Mouche à merde, sait aussi varier les podiums pour se mettre en valeur.

https://www.insectes-net.fr/scatophaga/scatophaga2.htmElle n’est pas la seule à tourner autour de la chose. Notamment pour y pondre. Mais, allez savoir pourquoi, c’est elle qui a tiré le gros lot avec cette appellation peu ragoutante. Pour être trivial, le nom populaire de la Scatophage du fumier (Scatophaga stercoraria) a d’ailleurs le mérite d’être sans détour. La Mouche à merde ! 

Un sobriquet trompeur toutefois. Car bouses et crottins ne figurent pas vraiment à son menu. Elle est en effet plutôt carnivore. Ce sont donc les insectes qui grouillent dans ladite matière qui l’intéressent. Idem pour ses larves.

Mais la Mouche à merde sait aussi soigner son image ! Elle ne dédaigne pas les fleurs. Pour y croquer d’éventuels petits visiteurs. Et pour butiner. Tant mieux pour le photographe. Avouons que le thorax vert de la femelle, la superbe toison rousse du mâle, les gros yeux brun-rouge, le bandeau frontal rouge en forme de « M » et les ailes roussâtres ont bien meilleure allure sur fond de pâquerette ou de floraison du prunelier !

Moins spectaculaire que la toison rousse du mâle, le pourpoint vert de la femelle ne manque pas d’élégance.

D’autres mouches aux larves scatophages

Rhingie champêtre sur fleur de sauge bleue.

La Rhingie champêtre et son drôle de « nez » : le qualificatif « champêtre » fait allusion aux bouses de vaches où la rhingie installe sa progéniture.

Mouche mésembrine au repos sur feuille morte de peuplier.

La Mouche mésembrine aussi a besoin de pâturage, et plus précisément de bouses, pour pondre.

Mouche automnale sur fleurs de Menthe aquatique.

Commune en zone d’élevage, la Mouche automnale y accompagne le bétail. Et pour cause !

En savoir plus :