Le Tircis

Tircis, mi février pour un bain de soleil.

Nectar,  jus de fruit et bain de soleil : tout est bon pour le Tircis !  Un des papillons à la fois les plus précoces et tardifs du jardin.

Tircis sur fleur de prunelier (mars 2019)

Envergure maxi : 44 mm. Visible de mars à octobre.

Une marqueterie de taches jaune orangée, plus ou moins rectangulaires, sur fond brun velouté. Le Tircis (Pararge aegeria) ne ressemble à aucun autre papillon au jardin. Il y est quasi omniprésent. Dès la fin de l’hiver et jusque tard en automne. Pourvu qu’il y est un peu de soleil !

Au revers comme sur la face dorsale, la pointe des ailes antérieures présente un petit ocelle noir pupillé de blanc. La configuration des postérieures est différente. Les taches jaune orangé y forment une large bordure arrière, rehaussée de trois ocelles pupillés, dont un nettement plus petit. Brune, la base des ailes est particulièrement velue. Enfin, marbré de brun, avec quelques taches claires, le revers des postérieures participe au mimétisme du Tiircis lorsqu’il veut passer inaperçu parmi les feuilles mortes.

De la Ficaire printanière au lierre de l’automne, son régime éclectique passe aussi par le jus sucré des fruits tombés au sol en fin d’été. Il y côtoie volontiers le Petit mars changeant dont c’est la spécialité. Belle aubaine également quand fraicheur et humidité font éclater les tomates !

Tircis sur fleur de zinnia (octobre 2019)

Le Tircis présente deux formes presque semblables. L’une à la robe foncée…

… l’autre à la livrée plus lumineuse.

Au fil des saisons 

Tircis sur pomme tombée au sol (octobre 2019)

Dégustation du jus sucré d’une pomme blette tombée au sol en automne.

Et celui d’une tomate cerise éclatée en fin d’été.

Mi septembre. Au bord d’un fossé, sur un capitule de Bident feuillé.

Fin février. Pourquoi attendre encore un mois l’arrivée du printemps ? Pour ce couple de Tircis, le temps des amours vient avec la grande douceur d’un après-midi ensoleillé…

Fin juin. Premières marguerites…

Fin juillet. Parmi les commensaux de la planche de Moutarde blanche.

Mi octobre. Bain de soleil sur une feuille de pommier.

Début novembre. Dans la chaleur d’un été qui n’en finit pas…

En savoir plus :

  • Guide pratique des papillons de jour, 2022, Moussus, Lorin et Cooper, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Tircis avec le site aramel.free.fr
  • Le Tircis avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza

 

La Cardamine des prés

Cardamine des prés.

En salade ou en sauce froide, la Cardamine des prés rappelle le cresson. Inutile de trop en cueillir. Juste pour le plaisir de sa saveur épicée.

Cardamine des prés.C’est une très proche cousine de la Cardamine hérissée, alias la Cressonnette. Tout aussi goûteuse, la Cardamine des prés est peut-être un peu plus poivrée. Mieux vaut donc la consommer en mélange, pour relever une salade trop douce. Et pourquoi pas mixée, dans une sauce, pour lui donner un peu de tonus ? Mais attention, pas de cuisson, sous peine de perdre sa saveur épicée !

Cette fois, on ne cueille que les rosettes basales, voire les premières feuilles de la hampe. Avant la floraison, sinon, bonjour l’amertume ! Il sera donc bientôt trop tard. Cela dit, les premières Cardamine des prés.fleurs sont un bon moyen de repérer les discrètes colonies dans l’herbe des prairies. Car la belle ne s’aventure guère dans les jardins.

Si les fleurs blanches de la Cressonnette sont vraiment minuscules, celles-ci sont plus avenantes, regroupées en épis un peu lâches. A peine veinés de lignes plus sombres, les pétales hésitent entre le mauve et le rose pâle. Six petits sacs de pollen jaune-vert, un seul stigmate : les fruits seront autant de petits catapultes qui dissémineront les graines alentour cet été.

Cardamine des prés.

Dans le cortège de la Cardamine des prés…

Aurore mâle sur Cardamine des prés.

La petite Aurore, parmi des butineurs les plus assidus de la Cardamine. D’où son appellation latine, Anthocharis cardamines.

Cétoine grise sur Cardamine des prés.

La Cétoine grise, alias le Drap mortuaire.

Le Cidnope poilu, une espèce de Taupin familière des zones humides.

L’Araignée-loup.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Orchidées de Poitou-Charentes et Vendée, Jean-Claude Guérin, Jean-Michel Mathé, André Merlet, Maryvonne Lorgeré, 1995, Éd. Méloé.
  • Avec l’herbier numérique du site flore-en-ligne.fr
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com

Photos JF Irastorza 

 

L’Azuré des Nerpruns

Azuré des Nerpruns, mars 2019 / Un jardin dans le Marais poitevin.

Il attendait peut-être la floraison des prunelliers. L’Azuré des Nerpruns est de retour. Le « vrai » printemps aussi ?

Azuré des Nerpruns, mars 2019 / Un jardin dans le Marais poitevin.

Envergure maxi : 34 mm. Visible de février-mars à début octobre.

Le petit Azuré des Nerpruns ne cache pas trop son jeu. L’abdomen annonce franchement la couleur. Le revers des ailes également, même si, piquetées de points sombres, les nuances bleutées y sont un peu lavées.

Hélas, il n’ouvre que parcimonieusement les ailes lorsqu’il butine ou se repose sur une feuille. Il suffit toutefois d’un peu de patience pour le surprendre dans un fugitif moment de détente… Le bleu de l’avers est nettement plus soutenu. La marge noire est ici très étroite. Il s’agit d’un mâle.

Premiers papillons, premiers arbrisseaux en fleurs. Cette fois, à force de l’annoncer depuis des semaines, le printemps semble bien là ! Prunelliers et autres prunus comptent parmi les terrain jeu favoris de l’Azuré des Nerpruns qui donne là de la trompe dans les haies du jardin. Il passe d’une corolle à l’autre sans même un coup d’aile. Acrobate tout en légèreté. Haut perché sur ses longues pattes noires et blanches. Avec quelques reflets bleus naturellement.

Azuré des Nerpruns, mars 2019 / Un jardin dans le Marais poitevin.

Parmi les hauts épis rose vif de la salicaire.

En savoir plus :

  • Guide pratique des papillons de jour, 2022, Jean-Pierre Moussus, Thibault Lorin et Alan Cooper, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions / Métive.
  • L’Azuré des nerpruns avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza