La guêpe et l’araignée

Discoelius zonalis et Thomise Napoléon.

Quand la guêpe Discoelius zonalis rencontre le Thomise Napoléon, ce n’est pas forcément Austerlitz pour l’araignée crabe !

Discoelius zonalis et Thomise Napoléon.

Taille maxi : 15 mm. Visite de mai à septembre.

Une guêpe assez rare. Au point que personne n’a songé à lui trouver un nom vernaculaire. Reste donc son appellation scientifique. Le Discoelius zonalis présente la silhouette caractéristique des guêpes euménines, avec un thorax massif et un abdomen en poire dont le pétiole est lui-même renflé. 

Seulement trois bandes jaunes sur une dominante noire : une à l’arrière du pétiole, les deux autres – dont une très fine – sur la partie la plus évasée de l’abdomen. Ailes fumées, tête et thorax granuleux, discrète pilosité grise : le Discoelius zonalis semble imperturbale.

Même le Thomise Napoléon, ici sur un capitule de Cirse des champs, ne parvient pas à l’impressionner. Encore moins à le terrasser. À plusieurs reprises pourtant, l’araignée-crabe revient à la charge. Y compris en menant l’attaque sur le côté pour essayer d’atteindre l’arrière de la tête. Mais quel bon génie protège-t-il donc le solide butineur ? De guerre lasse, Napoléon finit pas s’y résoudre et quitter piteusement le champ de bataille.

Discoelius zonalis et Thomise Napoléon.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux et Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Discoelius zonalis avec la galerie du site insecte.org
  • Le Thomise Napoléon avec le site questcetanimal.com

Photos JF Irastorza 

 

La Pélopée maçonne

Pélopée maçonne sur fleurs de bignone.

Une grande et fine guêpe noire et jaune. Active chasseuse, la Pélopée maçonne participe à la régulation des populations d’araignées.

Pélopée maçonne en chasse sur bignone.

Taille maxi : 25 mm. Visible de juin à septembre.

Exposée plein sud, la Bignone de la maison semble peu ou prou apprécier la canicule. Son feuillage reste bien vert et son abondante floraison fait peu à peu place aux lourdes grappes de ses gousses chargées de graines. Voilà un grouillant terrain de jeu pour de nombreux insectes, particulièrement abeilles sauvages et guêpes en tous genres.

Les premières butinent assidument les ultimes trompettes orangées. Les secondes patrouillent avec frénésie, en quête de proies propres à garnir le garde-manger de leur progéniture. Ainsi l’élégante Pélopée maçonne (Sceliphron caementarium), bien reconnaissable entre toutes.

Son abdomen notamment est caractéristique : un long et fin pétiole pour un bulbe harmonieusement fuselé. La dominante est noire, scandée de discrètes taches jaunes : naissance des antennes, attache des ailes fumées, avant et arrière du thorax, pointe avant du bulbe. Sans oublier les pattes !

La pélopée chasse des araignées, petites et grosses, qu’elle enfourne – vivantes mais anesthésiées – dans les cellules de son nid. Celui-ci est façonné avec de la boue dans un endroit abrité. Les larves s’en repaîtront et passeront l’hiver au nid sous forme de pupes. Pour une émergence en fin de printemps.

Pélopée maçonne en chasse sur bignone.

Piqûre anesthésiante 

Dans une prairie voisine,  la Pélopée maçonne vient de capturer une Araignée-crabe embusquée sur une inflorescence d’Eupatoire à feuilles de chanvre. Telle est prise qui croyait prendre ! Dans un brusque mouvement retourné de l’abdomen, à 180°, la guêpe pique et anesthésie sa proie…

La Pélopée maçonne maintient solidement sa proie entre ses pattes avant pour s’envoler vers son nid. Elle y enfournera l’araignée pour garnir le garde-manger de sa progéniture. Avant de repartir en chasse…

Fragment d’un nid de Pélopée : ses cellules individuelles maçonnées l’une après l’autre et accolées avec de la boue.

En savoir plus : 

Photos JF Irastorza

 

Le Trèfle fraisier

Trèfle fraisier et Cuivré commun.

Ne comptez pas sur le Trèfle fraisier pour le dessert ! Pas de fruit sucré mais de petites boules vésiculeuses blanc rosé pour cocooner ses graines…

Fini le syndrome estival du paillasson dans les allées du jardin ! Le trèfle a pris le dessus et c’est tant mieux. Ou plutôt les trèfles. S’y mêlent ainsi le Trèfle violet (Trifolium pratense), le Trèfle blanc (T. repens), le Petit trèfle jaune (T. dubium), sans oublier la Luzerne lupuline (Medicago lupulina) qui lui ressemble beaucoup. 

En début d’été, un autre compère anime le tapis toujours vert  : le Trèfle fraisier (T. fragiferum) dont le feuillage et les inflorescences rosées peuvent évoquer le Trèfle blanc. Le doute n’est cependant plus permis au fur et à mesure de la fécondation des fleurons. Se forme alors progressivement, en partant du bas, une petite boule duveteuse, blanchâtre, nuancée de rose pâle. La fameuse « fraise » à laquelle l’espèce doit son nom !

Mais il ne s’agit pas d’un fruit. Hérissée des reliquats brunâtres des ex petites corolles flétries, voilà plutôt une sorte d’enveloppe collective, vésiculeuse, pour protéger les mini  gousses du trèfle. Le temps de la maturation de leurs graines minuscules. En attendant, les allées du jardin régalent les butineurs !

Trèfle fraisier et Andrène de Wilke.

Le petit Andrène de Wilke parmi les habitués du Trèfle fraisier.

Même le grand Machaon apprécie les petites têtes sucrées du « fraisier ».

Quand le cousin baisse pavillon…

Trèfle blanc et abeille domestique.

Le Trèfle fraisier se mêle volontiers à son cousin le Trèfle blanc qui s’en distingue notamment par le comportement caractéristique de ses fleurons qui « baissent pavillon » après fécondation, par couronnes successives, en commençant par le bas. En dehors des périodes de floraison et de fructification, les deux espèces sont difficiles à distinguer, présentant des feuillages assez similaires.

Un autre « fraisier » couvre-sol

Si le Trèfle fraisier ne tente pas les gourmands, un autre couvre-sol rampant dans les allées du jardin prête davantage à confusion. Mais gare : les « fruits » du Fraisier des Indes (Duchesnea indica) ont une chair blanchâtre, insipide et toxique.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Avec l’herbier numérique du site flore-en-ligne.fr
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com
  • Le Trèfle fraisier avec le site flore-en-ligne.fr

Photos JF Irastorza