Premier syrphe de l’année

Premier syrphe de l'année

Censé hiverner six à sept semaines encore, voilà le premier syrphe de l’année au jardin. Au lendemain du Jour de l’an !

Premier syrphe de l'annéeLe jardin frise les 17° ce 2 janvier après-midi ! Ciel bleu, douceur quasi printanière, jours qui commencent (un peu) à rallonger… De quoi tromper l’horloge interne des premiers butineurs. Témoin ce premier syrphe de l’année. Un Syrphe des corolles.

Des corolles ? Facile à dire en cette saison ! Heureusement, les premières pâquerettes pointent timidement le bout de leur nez. Un ou deux pissenlits aussi. Un peu court cependant pour ces quelques intrépides… Ils comprendront vite qu’avant l’heure, ce n’est pas l’heure ! En l’occurence, il s’en faut de deux mois. 

La pluie et le rafraîchissement annoncés pour les prochains jours devraient remettre les pendules à l’heure. Encore quelques semaines d’hivernage. Les abris ne manquent pas au jardin : litière de feuilles mortes ici et là, tas de bois, haies, anfractuosités de l’écorce des peupliers alentour … Allez, patience. Et rendez-vous fin février, début mars.

Premier Syrphe des corolles

Yeux bordeaux, abdomen noir animé de lunules jaunes : le Syrphe des corolles émerge habituellement début mars. Plusieurs générations se succèdent alors pour une présence au jardin jusqu’en novembre. Avec, à chaque génération, une nouvelle vague de larves dévoreuses de pucerons !

En savoir plus :

Photos JF Irastorza

 

Madame Halicte joue les prolongations

Madame Halicte sur fleur de cosmos.

Comme ses congénères, jeunes femelles fécondées, Madame Halicte de la scabieuse va bientôt hiverner. En attendant, elle profite de l’été de la saint Martin.

Madame Halicte sur fleur de cosmos. C’est une des dernières abeilles sauvages du jardin. Cela dit, passée la saint Martin, elle est ordinairement déjà calfeutrée dans quelque terrier pour quatre mois d’hivernage. Mais à quoi bon s’enterrer quand les après-midi sont encore si doux !

Il s’agit ici d’une femelle. Une lapalissade en vérité puisque tous les mâles sont morts depuis belle lurette. Peu de temps après leur accouplement. En fin d’été. Ainsi, seules les femelles fécondées passeront l’hiver.

Avec leur long abdomen plat, rythmé de doubles bandes ocre et beiges, ces dames émergeront assez tôt en mars. Quelques congénères se regrouperont alors pour creuser un « puit » commun à partir duquel chacune aménagera et approvisionnera ses propres loges larvaires.

Las ! L’esprit communautaire tournera court. Une des femelles finira pas s’imposer et chasser ses ex compagnonnes. Non sans les avoir prises à son service pour terminer l’aménagement de la future nurserie. Elle s’arrogera alors le privilège de déposer ses oeufs dans chacune des loges. Une sorte de coup d’État.

Madame Halicte sur fleur de cosmos.

Le moment venu, au printemps prochain, Madame Halicte de la scabieuse ne devra pas manquer d’énergie. Dominante ou dominée : de quel côté du putsch sera-t-elle ?

En savoir plus :

  • Bellmann 2019, Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Delachaux & Niestlé.
  • Boyer 2015, Abeilles sauvages, Ulmer.
  • Vereecken 2018, Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Glénat.
  • Les halictes avec le site aramel.free.fr
  • Halictus scabiosae avec la galerie du Monde des insectes

Photos JF Irastorza

 

La Guêpe des tordeuses

Guêpe des tordeuses (Ancistrocerus nigricornis)

Butineuse et chasseresse solitaire, la Guêpe des tordeuses traquent les chenilles ravageuses du verger.

Guêpe des tordeuses (Ancistrocerus nigricornis)

Taille maxi : 13 mm. Visible de mars à octobre.

On ne dira jamais assez combien les guêpes jouent un rôle décisif dans l’équilibre du jardin ! Pour garnir le garde-manger de leurs larves, elles sont en effet en chasse permanente. Les populations de nombreux ravageurs peuvent ainsi être relativement maîtrisées. Après les traqueuses de vers blancs ou de chenilles de noctuelles, voici donc la Guêpe des tordeuses (Ancistrocerus nigricornis) !

Les tordeuses ? Les petites chenilles de certains papillons de nuit qui se développent dans les haies mais aussi au verger, sur les pommiers et les poiriers notamment. Elles y tordent et enroulent les feuilles pour s’aménager un abri. C’est le point de départ de leurs razzias, aux dépens du feuillage et des jeunes fruits.

Mais les feuilles enroulées constituent un refuge tout relatif. Notre chasseresse y voient évidemment un excellent indice de la présence de ses cibles. Anesthésiées, les proies sont alors transportées vers le nid : une tige creuse compartimentée en loges successives avec de la boue. Plusieurs dizaines de chenilles par nid ! Qui dit mieux ?

Actuellement, on rencontre essentiellement les femelles fécondées de la Guêpe des tordeuses (Ancistrocerus nigricornis). Ce sont elles qui passeront l’hiver dans une cavité (tige creuse, bois mort, vieux mur) pour aménager leurs nids et pondre à partir de mars-avril. Le rôle des mâles se limite à la fécondation estivale. Ils meurent en début d’automne.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux et Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Ancistrocerus nigricornis avec le site quelestcetanimal.com
  • Ancistrocerus nigricornis avec la galerie du site insecte.org

Photos JF Irastorza